Félix Lapointe-Pilote était tout sourire à l’arrivée, après avoir fait arréter le chrono sous la barre des 30 minutes au 10 000 mètres.
Félix Lapointe-Pilote était tout sourire à l’arrivée, après avoir fait arréter le chrono sous la barre des 30 minutes au 10 000 mètres.

Félix Lapointe-Pilote épate au 10 000 m

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Le Jonquiérois Félix Lapointe-Pilote a réalisé tout un exploit en remportant le 10 000 m de La Soirée Rouge et Or #3 au Peps de l’Université Laval vendredi soir. Le spécialiste du cross-country a complété la course en 29:36,86, le neuvième meilleur temps de l’histoire de l’athlétisme québécois, et le deuxième meilleur des 24 dernières années.

L’exploit est encore plus grand quand on considère que Lapointe-Pilote en était à sa toute première course sur cette distance, lui qui se concentre habituellement sur les courses de 3000 et 5000 m lors des compétitions d’athlétisme. Le record appartient à Alain Bordeleau avec un temps de 28:42,4, un temps réalisé en 1984.

« Je suis très satisfait. Je ne m’attendais pas vraiment à ça. C’est une distance que je ne suis pas habitué de faire. Je m’étais dit : il faut que je respecte la distance, que je parte conservateur et ensuite que j’accélère. Finalement, ç’a vraiment bien été, même que sur le deuxième 5000 m, j’ai été plus rapide que sur le premier », a raconté le jeune coureur de 22 ans.

Même si ne s’était pas entraîné spécifiquement pour cette course, il juge que son entraînement était adéquat. « En raison de la COVID-19, la préparation était spéciale. On n’a pas eu de saison extérieure et on en a profité pour travailler la base. J’ai donc fait plus de volume, plus d’endurance, moins d’intensité. J’étais donc définitivement en bonne forme pour des épreuves plus longues, sans avoir l’entraînement spécifique pour ça », a expliqué le membre des équipes de cross-country et d’athlétisme de l’Université Laval, qui, pour l’occasion, courrait sous les couleurs du club de course saguenéen Jakours.

Avec ce résultat, Félix Lapointe-Pilote compte bien poursuivre sur cette distance qu’il a vite apprivoisée. « C’est 30 minutes d’effort et je ne suis pas habitué à ça, mais j’ai adoré ça. Je me suis bien senti pendant la course et on va un peu là où les résultats sont les meilleurs, donc c’est logiquement vers ça que je devrais aller. On verra pour la suite, mais ce n’est pas mon dernier. »

Spécialiste du cross-country, Félix Lapointe-Pilote a coiffé tous ses adversaires, vendredi soir, au 10 000 mètres.

Une saison différente

Malgré son résultat impressionnant, il reste que sa discipline de prédilection est le cross-country. Il était d’ailleurs censé représenter le Canada aux Championnats du monde universitaires de cross-country en mars au Maroc, mais la pandémie a forcé son annulation. « J’étais censé partir pour le Maroc une semaine avant l’annulation de tout. Pour l’instant, c’est reporté, mais selon moi, ça n’a pas beaucoup de sens de prendre des athlètes qui se sont qualifiés l’année précédente. C’est plate parce que c’était ma première équipe canadienne, mais je ne m’apitoie par sur mon sort. Je dois continuer de travailler fort et si je l’ai fait une fois, je peux le faire deux fois. »

À l’automne, il continuera de s’entraîner avec le Rouge et Or de l’Université Laval, sans savoir s’il participera à des courses. « Je continue mes études universitaires. Du côté sportif, on ne sait pas encore s’il va y avoir une saison, mais on va avoir une équipe quand même. Le RSEQ a décidé de nous faire des compétitions différentes, avec des départs par petits groupes, mais ça risque d’être plus local étant donné qu’on ne sait pas ce qui va se passer avec les États-Unis. »

Objectifs modestes, grands rêves

Félix Lapointe-Pilote est terre à terre quand vient le temps de parler de son avenir. Il se fixe de bons objectifs, mais préfère ne pas regarder trop loin. Il garde cependant une petite place pour ses rêves. « Mon objectif était de faire une équipe canadienne et je l’ai réussi. Avec le résultat que je viens de faire, je viens de me prouver que j’ai le potentiel pour une autre. J’attends les occasions pour ça et ça reste mon objectif. Je veux gagner des courses, améliorer mes temps et éventuellement faire partie de l’équipe canadienne. »

Le Comité international olympique étudie actuellement la proposition de la Fédération internationale d’athlétisme de ramener le cross-country aux Jeux olympiques de Paris en 2024. La dernière fois que cette discipline a été disputée aux Olympiques, c’était à Paris en 1924. Si Félix Lapointe-Pilote ne se fixe pas les Olympiques comme objectif, il ne dirait pas non à une participation.

Spécialiste du cross-country, Félix Lapointe-Pilote a coiffé tous ses adversaires, vendredi soir, au 10 000 mètres.

« Mon but n’est pas de devenir pro, mais je me garde le droit de rêver, c’est stimulant de voir le cross-country revenir aux Olympiques et ça me motive. Je ne me fais pas trop d’attentes. Il y a beaucoup d’athlètes qui mettent tous leurs œufs dans le même panier, mais mon but premier reste de réussir mes études et de travailler dans mon domaine. Encore une fois, je me garde le droit de rêver. J’aime ce que je fais, c’est un mode de vie et je continue de me fixer des objectifs. C’est comme ça qu’on avance », a conclu l’étudiant en relation industrielle à l’Université Laval.