Le directeur technique du club Judokas Jonquière, Roger Tremblay, a joint un club sélect, alors qu'il a obtenu son 7e dan. Au Québec, ils sont moins d'une dizaine de judokas à détenir le grade du shichidan.

Fait rare au Québec: Roger Tremblay obtient son 7e dan

L'âme du Club Judokas Jonquière, Roger Tremblay, vient de joindre un club très sélect. Le 6 janvier dernier, le directeur technique du Club a obtenu son 7e dan. Au Québec, ils sont moins d'une dizaine de judokas masculins et féminins à avoir atteint ce haut niveau.
Malgré le prestige de ce grade, ne comptez pas sur Roger Tremblay pour crier la bonne nouvelle sur tous les toits. L'humilité fait partie des qualités prônées par le judo et le Jonquiérois est un maître en la matière. «Je n'ai jamais visé cet objectif. Ce n'était même pas un rêve. Je n'ai pas vraiment de mérite comparé à tout mon entourage. Sur le chemin du retour, je pensais à ma femme Maude (Dallaire) qui a élevé nos trois enfants pendant tout le temps que j'ai été sur l'équipe du Québec, que j'allais compétitionner en Europe, etc.» D'ailleurs, il a tenu à rendre hommage à son entourage, et surtout à sa douce moitié qui lui a permis de pouvoir se dédier à son sport avec autant de passion au cours des cinq dernières décennies et encore de nos jours.
Car pour ce jeune retraité de l'enseignement (mars 2013), le judo fait partie de son quotidien depuis son adolescence. À l'époque, les cours de judo n'étaient pas offerts aux tout-petits. Dès qu'il a eu l'âge (13 ans), il s'est inscrit au cours de judo hebdomadaire de l'école Guillaume-Tremblay (actuelle Polyvalente Arvida). Il s'est même inscrit aux cours offerts à Jonquière et à Chicoutimi pour assouvir sa passion pour cet art martial. Et la flamme est toujours aussi vive! Encore aujourd'hui, à 65 ans, il continue de se pointer à son dojo tous les jours.
Passion bien vivante
Malgré les hautes exigences requises pour obtenir le 7e dan, Roger Tremblay estime donc qu'il n'a pas eu à trimer dur pour y accéder. Le judo a été un coup de coeur, au même titre que la passion qui l'anime toujours autant pour la moto. «Ça prend un petit peu des malades de judo, des passionnés qui ont voué leur temps à leur sport (pour atteindre ce niveau), soutient-il. Car quand il y a de la passion, ce n'est pas un niveau difficile à atteindre. Je n'ai jamais forcé pour avoir ce dan, ni même pensé l'avoir. J'ai toujours été passionné de mon sport. D'abord comme compétiteur, puis j'ai découvert l'enseignement.» Roger Tremblay a oeuvré 30 ans comme professeur tout en continuant d'agir comme entraîneur.
En plus d'adorer la compétition, le Jonquiérois a toujours été stimulé par le désir d'amener ses élèves au plus haut niveau. Et il a de quoi être fier puisqu'en plus de voir plusieurs de ses protégés se hisser parmi les meilleurs au Canada, deux de ses anciens athlètes ont participé aux Jeux olympiques.
Processus
Cela dit, n'obtient pas le titre de shichidan qui le veut. Les critères sont très élevés et plus un judoka avance dans la maîtrise de son art, plus les écarts de temps sont importants avant d'acquérir un nouveau dan. Roger Tremblay a obtenu son 6e dan en 1996 et il est impossible de passer au grade suivant en moins de 10 ans. Parmi les exigences requises, le candidat doit avoir fait de la compétition internationale et beaucoup s'investir dans le judo. Dans le cas du Jonquiérois, il a toujours continué la compétition, même après avoir obtenu son 6e. «J'ai été trois fois champion du monde chez les maîtres, j'ai formé de bons athlètes, j'ai siégé et je suis encore à la commission de développement de Judo Québec», mentionne celui qui a organisé des compétitions d'envergure nationale et internationale dans la région.
Pour obtenir un grade, le candidat doit soumettre sa demande au président de la Commission provinciale des grades qui la soumet ensuite au niveau national. Les candidats peuvent présenter une thèse sur des mouvements de judo ou effectuer des katas. Dans son cas, il a opté pour un kata «que personne n'apprend» et qu'il a pu effectuer avec l'aide de son partenaire, Gilles Carré, du club de Chicoutimi. «Nous l'avons appris avec les maîtres japonais lorsque ces derniers étaient venus au Québec il y a six ou sept ans», explique Roger Tremblay. Il a effectué sa démonstration à huis clos, le 6 janvier, à 14h45, devant la commission nationale des grades. Le nouveau shichidan recevra officiellement son certificat la fin de semaine prochaine, à Montréal, dans le cadre du gala de Judo Canada.
Parmi les autres étapes de sa carrière dont il est fier, il cite l'obtention de sa ceinture noire, en 1972, à l'âge de 21 ans. «Parce que j'étais jeune et que je faisais de la compétition. La ceinture noire nous plaçait dans une classe à part et nous permettait de faire des compétitions à un plus haut niveau», explique-t-il. L'obtention de son 6e a aussi une saveur particulière parce qu'il lui a été remis officiellement lors des championnats du monde universitaires qui ont été tenus à Jonquière. «De plus, à la 6e dan, tu changes de ceinture.» Jusqu'au 5e dan, le judoka porte une ceinture noire, puis pour les 6e et 7e dan, il arbore une ceinture à bandes rouges et blanches en alternance.
Mentionnons enfin que dans la région, la seule autre personne à avoir atteint un tel niveau est Gisèle Gravel, directrice technique de l'école de judo Ju-Shin-Kan de Laterrière. D'ailleurs, Mme Gravel et son ancienne élève et partenaire, Monette Leblanc, sont les deux seules femmes au Canada à avoir obtenu leur 7e dan.