Expédition unique

Le Double Défi des deux Mario est de retour pour une 11e année avec son expédition sur les glaces du lac Saint-Jean, prévue au début du mois de février. Une campagne de financement unique qui permet d’amasser des fonds pour les expéditions thérapeutiques de la fondation Sur la pointe des pieds.

Cofondateur de l’aventure sur le lac Saint-Jean et de la fondation, Mario Bilodeau a tracé les grandes lignes de l’événement, mercredi matin. Une nouveauté permettra de mousser le financement avec la participation de Rio Tinto au cours d’une traversée réservée aux employés de la multinationale. Ils seront 40, du 1er au 3 février, à traverser le Piékouagami, entre Pointe-Taillon et Roberval, en ski hors route ou en raquettes.

Cette nouveauté s’ajoute au partenariat entre Rio Tinto et le Double Défi des deux Mario, qui s’engage à fournir 15 000 $ chaque année. L’édition 2019 sera la deuxième des trois années du partenariat.

Pour les autres traversées, le concept demeure le même. Un premier groupe de 40 participants va traverser le lac Saint-Jean entre Roberval et Pointe-Taillon du 5 au 7 février, puis un autre va prendre le relais du 8 au 10 février, cette fois en direction inverse.

« Il y a déjà pas mal d’inscriptions, donc on invite les gens à s’inscrire le plus rapidement possible, a annoncé le cofondateur de la fondation Sur la pointe des pieds, Mario Bilodeau. L’argent amassé permet d’offrir des expéditions thérapeutiques pour des jeunes en traitement pour le cancer. Ce sont des aventures qui changent la vie des jeunes et de celle de leurs proches. »

Les inscriptions se font sur le site de la fondation Sur la pointe des pieds au pointedespieds.com. Il est possible de s’inscrire seul ou en équipe, et chaque participant doit amasser au moins 1500 $. Mario Bilodeau sera présent lors des trois traversées en compagnie de son fidèle acolyte, Mario Cantin.

Au cours des trois jours de la traversée, les participants vont vivre le même genre d’expérience que les jeunes adultes vivent pendant les expéditions thérapeutiques. De façon plus courte, mais tout aussi intense.

« On compense le temps par les conditions, c’est-à-dire que même si c’est seulement sur trois jours, au lieu de 10 jours, lors de nos expéditions avec les jeunes, il se passe beaucoup de choses sur le lac Saint-Jean, en plein coeur de l’hiver, a fait remarquer Mario Bilodeau. Ça demeure un défi difficile. »

Au fil des ans, les deux Mario ont vécu des expériences gratifiantes en compagnie des participants. « Au départ, c’était surtout une campagne de financement, mais c’est devenu un événement transformateur », a noté M. Bilodeau.

Le directeur des opérations à l’usine Rio Tinto d’Alma, André Martel, et le cofondateur de la fondation Sur la pointes des pieds et du Double Défi des deux Mario, Mario Bilodeau, entourent Aurélie Otis, qui est en rémission d’un cancer.

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« FINALEMENT, LE CANCER NE M'A PAS TUÉE»

Aurélie Otis fait partie de celles pour qui la vie a pris un virage inattendu, il y a un an. Alors qu’elle se trouvait en voyage en Nouvelle-Zélande, elle a appris qu’elle souffrait d’un cancer des ovaires, à seulement 20 ans. Une opération et des traitements de chimiothérapie ont suivi, reléguant ses projets au second plan.

Aurélie est aujourd’hui en rémission, les yeux pétillants et plus vivante que jamais. Sa participation à une expédition thérapeutique de la fondation Sur la pointe des pieds dans les Rocheuses canadiennes cet été lui a permis de voir la maladie d’un autre angle.

« Rencontrer des jeunes qui ont reçu, comme moi, une claque dans la face à 20 ans, ça fait du bien, a partagé Aurélie Otis. Ce fut réconfortant de côtoyer des gens qui ont traversé les mêmes épreuves que moi et qui sont encore vivants. C’était une belle occasion de discuter de ce genre de truc, sans mâcher ses mots. Le fait que ce soit en nature contribue aussi à ce que ce soit aussi puissant et beau. C’était un ressourcement total. Tu reviens et tu te dis : ‘‘ Finalement, le cancer ne m’a pas tué .’’ »

La jeune femme de La Baie aurait aimé participer au Double Défi des deux Mario, mais elle sera en voyage au même moment. Comme quoi sa vie a repris son cours normal.

« Lors de l’expédition dans les Rocheuses, au sommet d’une montagne, une participante a dit qu’elle laissait son cancer au sommet, s’est rappelée Aurélie Otis. Ça nous démontre que même après avoir été mort – parce qu’on va se le dire : pendant les traitements de chimiothérapie, tu n’es pas super vivant –, tu peux quand même grimper des montagnes et tu peux accomplir ce que tu veux. Ce n’est pas parce que tu as le cancer que c’est fini et que tout s’arrête. »

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L'ORIGINE DU NOM

Le nom Sur la pointe des pieds vient du Dr Sylvain Baruchel, impliqué dans la création de la fondation. Il avait assisté à une conférence de l’aventurier Bernard Voyer, à l’occasion de laquelle il avait répondu à la question d’un enfant. Le jeune lui a demandé ce qu’il fallait faire pour devenir explorateur, et M. Voyer a répondu qu’il devait se lever sur la pointe des pieds pour aller voir plus loin. 

«Pour moi, c’est d’aller voir plus loin que la maladie, mais aussi d’y aller avec délicatesse avec les autres, avec la nature, tout en restant humble dans notre démarche. Il faut aller voir au-dessus des nuages; le soleil brille toujours un peu plus loin. Les seules traces qu’on laisse, ce sont celles sur le coeur et l’âme des participants. Ce sont des traces positives», a raconté Mario Bilodeau