Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Sébastien Lapierre et Olivier Hubert-Benoit
Sébastien Lapierre et Olivier Hubert-Benoit

Expédition de 290 km jusqu’au Lac-Saint-Jean: les skieurs doivent rebrousser chemin

Marc-Antoine Côté
Marc-Antoine Côté
Le Quotidien
Article réservé aux abonnés
Sébastien Lapierre et Olivier Hubert-Benoit ont vu leur expédition de 290 kilomètres entre Québec et le Lac-Saint-Jean être mise à mal par dame Nature. Celle-ci avait repris certains de ses droits sur le maître sentier des Innus-Montagnais et refusait d’y faire descendre le mercure, forçant finalement les deux aventuriers à rebrousser chemin.

Des lacs en « slush » et des ruisseaux « à l’eau claire », voilà à quoi ils se sont butés durant près de quatre jours d’expédition, eux dont 80 % du parcours devait se faire à même ces cours d’eau.

Chaque fois, Sébastien Lapierre et son acolyte devaient dévier de leur trajectoire et repousser un peu plus leur arrivée estimée à Desbiens. Chaque fois, ils devaient traîner quelques livres en plus, vu le poids que gagnait l’équipement une fois détrempé.

La route avait également bien changé depuis le dernier passage de Louis Lefebvre, auteur du livre Le sentier des Jésuites 1676–1703, duquel les deux hommes s’étaient inspirés pour leur voyage, rendant leur parcours sur la terre ferme tout aussi ardu.

« Ç’a vraiment été laissé à dame Nature, donc la végétation a beaucoup poussé. En 40 ans, on s’entend qu’un arbre, ça pousse beaucoup. Si bien que ces sentiers de portage, comme on les appelle, étaient vraiment envahis par la végétation. Il y a des endroits où le traîneau ne passait même pas entre deux arbres, il fallait le lever debout et le tourner de côté pour pouvoir passer, donc même ces sentiers de portage là devenaient extrêmement difficiles à faire. »

Au bout d’un énième détour et de 80 kilomètres parcourus, le troisième soir, Sébastien Lapierre et Olivier Hubert-Benoit ont « une bonne discussion ». Le chemin skié jusque-là constituait la montée du tracé, et puisque même l’altitude ne pouvait leur procurer les conditions météo espérées, ils décident, le lendemain matin, de revenir sur leurs pas.

À ce moment, il s’agissait aussi d’une question de sécurité, alors que le point le plus éloigné en forêt restait encore à atteindre et que les ressources continuaient de baisser.

« Le point le plus isolé, c’était à peu près à mi-chemin. Donc à mesure qu’on progressait, c’est de la nourriture qu’on consommait, qu’on avait de moins dans le traîneau advenant le cas qu’il faille faire demi-tour. Il y a un moment donné où tu fais le calcul mathématique. »

Bien qu’une certaine déception habite Sébastien Lapierre à la suite de ce retour au bercail devancé, il n’y voit pas un échec. Il se réjouit plutôt d’avoir vu ce qu’il a vu, le volet exploratoire de la chose donnant « encore plus de valeur à chaque pas ». Et ce ne pourrait être que « partie remise ».

« Le but de l’expédition, ce qu’on voulait faire, c’était de retracer dans sa version intégrale le maître sentier des Innus-Montagnais. […] Maintenant, avec la végétation qui a repris son cours, il y a quand même des sentiers de motoneige, de camps, qui se sont faits aux environs, d’autres cours d’eau qui sont peut-être plus praticables que ceux qu’on avait pour le sentier intégral. Il y aurait peut-être moyen de le modifier un peu en gardant l’allure du sentier des Jésuites, mais en y allant de façon plus simple au niveau de la progression. »

Quant à la campagne de fonds pour la fondation Sur la pointe des pieds, réalisée en marge de leur expédition, les deux aventuriers peuvent dire mission accomplie. Selon Sébastien Lapierre, les 4000 dollars amassés sont « un gros baume » sur la petite déception de ne pas avoir pu compléter le parcours.