La boxe est devenue une passion familiale chez les Tremblay. Le paternel, Jasmin (au centre), a commencé dans le but de perdre du poids et de reprendre de la forme au Club de boxe de Chicoutimi. Ses fils, Félix (en rouge) et Gabriel, ont eux aussi pris goût à cette discipline. Même la maman, Marie-Claude Simard, s’entraîne en cardioboxe.

Exit les préjugés et les kilos en trop

Jasmin Tremblay a toujours été un sportif. Le grand gaillard de 6’3’’ a d’ailleurs fait profiter le volleyball de sa haute stature durant ses années au secondaire et puis au sein de l’équipe collégiale AA. La boxe l’avait toujours attiré, mais comme bien des gens, il entretenait des préjugés envers ce sport de combat. Ce sera finalement le désir de perdre du poids qui l’incitera à se lancer et à développer une véritable passion pour le noble art.

«J’ai toujours fait beaucoup de sport, mais au début de la vingtaine, avec le travail et l’arrivée des enfants, comme bien des gens je suis tombé dans l’oisiveté. Je jouais à la balle lente, mais on ne perd pas beaucoup de poids à ce sport, rigole-t-il en entrevue. Vers l’âge de 30 ans, je pesais entre 290 et 295 livres. Je me cherchais un sport qui me permettrait de perdre du poids, mais je ne voulais pas recommencer dans un sport d’équipe. J’ai toujours voulu essayer la boxe. C’est un sport qui m’attirait, mais c’était plus une question de préjugés», raconte celui qui, à l’époque, avait en tête des scènes de Rocky.

«Quand j’ai rencontré Michel (Desgagné), il m’a dit de venir l’essayer et de m’amuser. Et c’est comme ça que j’ai commencé. J’ai perdu 65 livres en six mois!»

De fil en aiguille, le Saguenéen s’est entraîné, mais il a eu envie de passer à une autre étape. «J’ai commencé à mettre les gants. Michel et Denis Gravel ont commencé à faire un petit ‘‘sparing’’ et j’ai aimé ça. Environ un an et demi après, j’ai commencé la compétition. En 2013, j’ai fait ma première compétition provinciale avec les Gants de bronze. Puis j’ai gagné les championnats provinciaux des Gants d’argent en 2014 chez les seniors 200 livres.»

Outre la bonne forme physique, Jasmin Tremblay aime la sérénité que lui procure la boxe. «Un sport comme la boxe, ça se gagne entre les deux oreilles à 90 %. Il faut une grande force de caractère. Moi, ça m’amène un calme que je n’avais pas. Ça vide vraiment l’esprit et l’énergie. Avec tout le stress d’aujourd’hui, ça prend cela», assure-t-il.

Le bonheur d’entraîner

S’il est encore actif comme boxeur, les occasions de mettre les gants en compétition sont plus rares à son âge. L’an passé, il avait perdu 30 livres en vue d’un combat aux Gants dorés, mais il a gagné par défaut, faute d’adversaire.

C’est pourquoi il se dirige de plus en plus vers le «coaching», sa nouvelle passion. «J’aime m’impliquer, enseigner et entraîner. C’est dans ma nature; je l’ai toujours fait. En plus, j’ai la chance d’avoir Michel Desgagné avec moi. On ne peut pas avoir meilleur mentor que ça au Québec et il le fait toujours avec autant de passion. C’est un super mentor et on est chanceux de l’avoir ici», soutient celui qui ne tarit pas d’éloges pour le grand manitou du Club de boxe de Chicoutimi.

Entraîner lui permet de partager ses connaissances avec des gens de tous âges. «Il n’y a pas d’âge pour boxer, insiste-t-il. La personne qui arrive ici, que ce soit le garçon ou la fille de 15 ans ou le monsieur de 40 ans qui veut se remettre en forme, je vais l’accompagner.» Au club de Chicoutimi, il cite des modèles inspirants comme Alain Champagne qui a gagné les Gants dorés à 56 ans et André Couture qui, à plus de 60 ans, a gagné les Gants de bronze chez les maîtres l’an dernier. «Je fais partie de l’équipe d’entraîneurs pour les débutants les mardis et jeudis et l’an prochain, je veux aller prendre en charge l’équipe de compétition avec Michel (Desgagné). C’est donc loin d’être fini!»

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UNE NOUVELLE PASSION QUI A CONTAMINÉ LA FAMILLE

Quand il s’est inscrit à la boxe il y a neuf ans, Jasmin Tremblay n’aurait jamais pensé qu’il «contaminerait» toute sa famille. Ses deux fils, Gabriel et Anthony, font de la boxe de compétition tandis que sa conjointe, Marie-Claude Simard, fait du cardioboxe et travaille au Club de boxe de Chicoutimi.

«Dans une vie de famille, s’il y a un enfant qui joue au hockey, toute la famille tourne autour. Les enfants jouaient au soccer, moi j’étais à la boxe et ma blonde au karaté. On était tous éparpillés. Ça ne marchait pas. Finalement, tout le monde a aimé la boxe», résume Jasmin Tremblay.

Son aîné, Gabriel, se cherchait un autre sport, lui qui avait joué au soccer depuis l’âge de cinq ans. «À 12 ans, je l’ai amené au club. Puis, Félix a commencé à huit ans parce qu’il voulait suivre son grand frère. Les deux ont progressé. Félix est en sport-études boxe et il a participé aux Gants de bronze pour sa première compétition provinciale chez les cadets. À 6’1’’, 188 livres, je pense qu’on va avoir de la misère à lui trouver un adversaire!» Quant à Gabriel, il a participé aux Jeux du Canada et il se trouvait à Victoria, en Colombie-Britannique, où il s’est incliné par décision aux Championnats canadiens. 

Pour sa part, sa conjointe, Marie-Claude Simard, a quitté les tatamis. «Elle a obtenu sa ceinture noire il y a quatre ans et elle a délaissé le karaté pour venir nous rejoindre à la boxe. Elle fait du récréoboxe avec Denis Gravel et elle travaille maintenant comme adjointe administrative pour le club. (La boxe), c’est une grosse histoire de famille pour les Tremblay!», lance en riant Jasmin Tremblay. 

Le paternel avoue avoir bien sûr le «stress de papa» quand il voit ses fils dans l’arène, mais il est en mesure de faire la part des choses. «Je les comprends et je sais ce qu’ils vivent au niveau de l’entraînement, du stress de combat. Je connais le sport et je suis capable d’analyser le combat, mais ça ne me stresse pas. J’ai toujours le stress du papa, mais comme j’en fais, je suis capable de relativiser.» 

De belles rencontres 

Jasmin Tremblay ne regrette pas de s’être lancé dans la boxe. «Je trouve que c’est un beau trip de famille. On rencontre tellement du bon monde dans ce sport. On s’est tellement fait d’amis. Je veux que ça continue et pour mes enfants, j’espère qu’ils vont continuer là dedans», fait valoir ce colosse au grand coeur.

Ce dernier déplore que le préjugé de sport de «bums» colle encore à la boxe. «Il y en a comme dans tous les sports, mais la plupart des jeunes qu’on a ici et qui se consacrent à ce sport sont disciplinés. Tu ne peux pas boxer si tu n’a pas une discipline et un équilibre de vie. Ça prend des parents présents, une famille qui soutient et des jeunes qui se donnent pour leur sport. C’est faux de dire que c’est un sport de bums. Un athlète qui veut se développer et aller aux Olympiques ne peut se permettre d’être un petit bum. Ça ne fonctionnerait pas. C’est un sport exigeant sur le plan physique et psychologique. C’est très dur de se préparer mentalement pour un combat. Les gens n’ont pas idée de ce que ça représente de monter dans un ring et d’affronter une personne face à face. Il s’en passe des choses dans notre tête.»