Alexandre Dufresne, un des fondateurs de la ligue à Saint-Prime, croit que le dekhockey a encore un fort potentiel de croissance.

Essor monstre du dekhockey au Lac-Saint-Jean

Presque inexistant il y a quelques années, on retrouve désormais près de 1000 joueurs de dekhockey au Lac-Saint-Jean, grâce aux cinq surfaces de jeu qui ont été bâties à Saint-Nazaire, à Saint-Prime et à Hébertville. En plus de faciliter la pratique sportive, ces infrastructures développent le sentiment d’appartenance à la communauté et elles deviennent un point de rencontre estival pour les amateurs de hockey.

Au printemps 2017, deux surfaces de dekhockey ont été installées à Saint-Prime pour offrir une nouvelle façon de pratiquer du hockey balle. Au lieu de simplement jouer dans la rue, il était désormais possible de jouer une vraie partie, trois joueurs contre trois, sur une surface entourée de bandes, deux fois plus petite qu’une patinoire standard, avec un arbitre, un tableau indicateur et même un bar pour prendre une bière après le match. Dès le lancement, les promoteurs du projet ont su recruter près de 300 joueurs pour la première année d’activité. Et tout le monde y trouve son compte, car on y retrouve des ligues pour les jeunes à compter de cinq ans, pour les joueurs aguerris, pour les femmes et pour les plus de 35 ans.

« Le dekhockey explose partout dans la province et on voulait rendre le sport accessible dans la région », lance d’emblée Alexandre Dufresne, un des quatre fondateurs de la ligue de Saint-Prime, qui a constaté l’essor du sport dans la province avec son emploi de responsable des ventes de Joker, un fabricant de chandails sublimés qui a vu se ventes exploser au cours des dernières années, notamment pour les équipes de dekhockey (voir encadré).

Depuis 10 ans, ce sont plus d’une centaine de surfaces de dekhockey qui ont été construites à la grandeur de la province, et on compte maintenant plus de 75 000 joueurs. À Trois-Rivières, une ligue, qui compte 3000 joueurs, opère huit surfaces de jeux, alors que 6000 personnes jouent au dekhockey à Drummondville .

Comment expliquer l’engouement pour le sport ? « Le sport est peu coûteux et il y a des catégories pour tous les calibres et tous les âges », dit Bonnie Dorais, administratrice de l’Association de dekhockey du Québec.

Et même pas besoin de savoir patiner pour jouer, note Simon Tremblay, le coordonnateur de la ligue de Saint-Prime, qui compte 36 équipes et plus de 350 joueurs cet été. « Contrairement au hockey sur glace, tout le monde touche à la balle au dek, dit-il. C’est vraiment un sport qui s’adresse à tout le monde. »

D’ici cinq ans, Alexandre Dufresne aimerait faire monter le nombre d’équipe jusqu’à 80 et compter près de 800 joueurs. « Les gens qui viennent l’essayer une fois reviennent presque tous pour jouer dans une équipe », dit-il.

C’est le cas de Jonathan Doucet, un résidant de Saint-Félicien, qui est venu tester le dekhockey en juin dernier. « Je ne suis pas très bon sur patin, alors qu’au dekhockey, si tu peux courir tout le monde par du même pied, souligne l’homme qui apprécie l’effort cardio intense lorsqu’il est sur le jeu et l’ambiance. Tu n’as pas le choix de courir, car tu ne peux pas te laisser glisser comme au hockey dans les temps morts. » Sans compter que les matchs en soirée s’insèrent bien dans la dynamique familiale, ajoute ce dernier.

À Saint-Nazaire, le sport a aussi connu une explosion passant de sept à 80 équipes depuis 2013. L’engouement est si fort qu’après avoir convaincu Saint-Nazaire de bâtir deux surfaces, d’une valeur de plus de 60 000 dollars, les organisateurs ont persuadé la municipalité d’Hébertville d’ajouter une autre surface pour répondre aux besoins grandissants de la ligue. « On fait bouger le monde et ça donne une valeur ajoutée au village, constate Éric Simard, un des responsables de la ligue. Ça permet même d’attirer les jeunes familles et de développer un sentiment d’appartenance. »

Les deux ligues comptent aussi sur les tournois pour générer des retombées économiques dans la région. « On revient d’un tournoi à Sherbrooke où il y avait 150 équipes, remarque Alexandre Dufresne qui profite des différents tournois pour recruter des équipes au tournoi de Saint-Prime. On a accueilli une vingtaine d’équipes cette année et on veut en accueillir 70 l’an prochain. »

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DES CHANDAILS PRESQUE TROP POPULAIRES!

Depuis trois ans, la demande pour les chandails sublimés de Joker, une entreprise basée à Saint-Prime, a été multipliée par 10. Victime de sa popularité, le fabricant peine désormais à suffire à la demande, faute de main-d’œuvre qualifiée.

« Il y a trois ans, on vendait 100 chandails par semaine, alors qu’on en écoule maintenant près de 1000 par semaine », soutient Alexandre Dufresne responsable des ventes de Joker, le fabricant de chandail sublimé qui compte une vingtaine d’employés.

C’est notamment les chandails réversibles fabriqués par la compagnie qui expliquent une partie de la croissance de l’entreprise, ajoute ce dernier. Le hockey sur glace demeure le principal marché de l’entreprise, mais le dekhockey représente tout de même près de 30% des ventes, qui se font presque exclusivement au Québec, pour l’instant. La qualité des produits a tout de même retenu l’attention d’une trentaine d’équipes européennes qui ont acheté des chandails Joker au cours de la dernière année.

Aujourd’hui, la croissance est toutefois limitée par le manque de personnel, notamment les graphistes et les couturières. « On pense peut-être ouvrir une usine en Beauce pour combler la demande et trouver de la main-d’œuvre », soutient Alexandre Dufresne.