En 2002, dans le cadre du 25e anniversaire du Club de boxe olympique de Jonquière, le docteur Erno Kiss et le président Jean-Marc Tremblay ont été honorés pour leur implication.

Erno Kiss, un «fantastique ambassadeur pour la boxe», est décédé

L’un des pionniers du Club de boxe olympique de Jonquière (CBOJ), le docteur Erno Kiss, est décédé sans tambour ni trompette le 18 août dernier.

« Ce n’est pas quelqu’un qui aimait être sous les réflecteurs », convient l’ancien président du CBOJ, Jean-Marc Tremblay, notant tout le travail bénévole d’Erno Kiss.

Un peu à l’image de l’homme au parcours impressionnant, la nouvelle est restée dans l’ombre pendant quelque temps avant que l’ancien membre de l’équipe canadienne Christian Gagnon partage l’information sur sa page Facebook. « Il a été un fantastique ambassadeur pour la boxe. Il a œuvré pendant des décennies à Jonquière, au Québec, au Canada et dans le monde entier pour accompagner les boxeurs et assurer une pratique dans la plus grande sécurité possible. Je voue un respect et une admiration sans bornes à ce monsieur originaire de Hongrie, qui a participé aux Jeux olympiques en patinage de vitesse longue piste. Qui a réussi à s’échapper du communisme pour venir s’établir au Canada. Et c’est à Jonquière que nous avons eu la chance de l’accueillir pour recevoir ses soins de médecin spécialiste », a-t-il écrit, ce qui a été suivi de nombreux témoignages.

Ancien membre du Club de boxe Jonquière et maintenant entraîneur réputé, Stéphan Larouche a côtoyé pendant de nombreuses années Erno Kiss, notamment dans plusieurs tournois internationaux, des Championnats du monde ou lors des débuts d’Interbox avec Éric Lucas.

« C’était un homme discret et humble, mais qui aurait mérité un hommage grandiose. C’est un homme qui a accompli de grandes choses dans l’histoire de la boxe et dans le monde sportif en général ainsi que dans son métier. C’était un homme extraordinaire d’une gentillesse et d’une générosité hors du commun. On n’a pas vu ça souvent dans le monde de la boxe. Ceux de mon âge, un peu plus et pas beaucoup moins, tout le monde était en admiration devant Erno Kiss. C’était la grande classe, le respect, la dignité. Il a amené le monde médical de la boxe à un autre niveau. C’est incroyable ce qu’il a accompli », de souligner Stéphan Larouche, bien déçu de ne pas avoir pu lui rendre un dernier hommage en personne.

Répondant médical au départ pour le CBOJ, Erno Kiss s’est rapidement fait une réputation enviable dans le monde de la boxe, ce qui l’a conduit à la Fédération québécoise de boxe amateur, puis à l’Association canadienne de boxe amateur dont il a été le directeur médical pendant une dizaine d’années avant de se joindre à l’Association internationale de boxe amateur (AIBA).

« Ce qu’il a réalisé, c’est grand. Il était ‘‘LE’’ docteur de l’équipe nationale canadienne. Il était adoré des athlètes. Quand on demandait qui venait à l’équipe, aussitôt que les gens savaient qu’Erno Kiss était du voyage, tout le monde était content. Il amenait de la vie et de la joie. C’était un homme extraordinaire », d’insister Stéphan Larouche.

« Il nous a toujours soutenus, accompagnés pour prendre soin de nos boxeurs », annonce pour sa part son partenaire de longue date au Club de boxe olympique de Jonquière, Jean-Marc-Tremblay. Les deux hommes, qui ont beaucoup voyagé ensemble, avaient été honorés en 2002 dans le cadre du 25e anniversaire du club.

« Il était très apprécié. Il se débrouillait dans plusieurs langues », d’indiquer Jean-Marc Tremblay, précisant qu’il parlait très bien le français, l’anglais, l’italien et le hongrois en plus d’un peu d’allemand.

« Quand les athlètes arrivaient pour le médical avant et après chaque combat, il avait toujours une file plus longue. Il était très populaire », raconte l’ancien président du CBOJ.

« C’était vraiment quelqu’un de très précieux dans l’organisation », annonce-t-il.