Encourager les gens à aller jouer dehors

En déposant son plan d’action régional en matière de plein air, le Regroupement loisirs et sports — Saguenay-Lac-Saint-Jean (RLS), assume désormais un objectif clair : promouvoir le développement et la pratique d’activités de plein air pour augmenter le nombre de pratiquants dans la région.

Depuis 2016, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement (MÉES) a ajouté un volet plein air à la mission des organismes régionaux comme le RLS, avec à la clé, une enveloppe pour l’embauche d’une ressource à plein temps, Sven Kaminski, pour soutenir les organismes de plein air et pour réaliser un plan d’action régional.

Avant de réaliser ce plan d’action, le RLS a sondé 472 répondants régionaux, en plus de tenir une journée de consultation en mai 2017, dans le but de dresser la liste des obstacles à la pratique du plein air.

Même si la région compte plus de 800 km de sentiers dédiés à la randonnée pédestre, un circuit cyclable de plus de 700 km, plus de 200 km de sentiers de vélo de montagne, plus de 350 km de sentiers de ski de fond, plus de 2300 km de parcours canotables, plus de 40 parois d’escalade de roche, 63 % de la population estime que l’offre est mal publicisée.

De plus, les personnes consultées ont noté qu’il manque un organisme régional de concertation, de promotion de l’offre, notamment dans les écoles, ainsi qu’un manque de financement pour l’entretien des sites et des sentiers, souligne Sven Kaminski, agent de développement du plein air pour le RLS.

Fort de ces constats, le RLS a formé un comité d’experts régionaux en plein air, pour rédiger un plan d’action régional pour les cinq prochaines années. Ce plan d’action, dévoilé au cours des derniers jours, présente 39 actions ciblées pour promouvoir et développer la pratique d’activités de plein air de manière sécuritaire et accessible.

« Il y a enfin un organisme qui a le mandat de prendre le leadership régional pour le développement du plein air », se réjouit Lorie Ouellet, professeure au baccalauréat en intervention plein air de l’UQAC, qui a participé à la rédaction du plan d’action.

D’emblée, le plan souligne l’importance de réaliser un portrait du plein air et d’inventorier les sites, sentiers et ressources disponibles dans la région, pour en faire la promotion. « La région est bien positionnée, mais on doit créer des outils pour aider les gens à trouver les informations pour s’initier et pratiquer les sports de plein air ”, note Sven Kaminski.

De plus, le RLS devra faciliter la création de synergies régionales pour faciliter une meilleure accessibilité, en créant des liens entre les écoles, les municipalités et les clubs de plein air. « En créant des synergies régionales, on pourra mieux profiter de l’énorme potentiel du plein air dans la région », ajoute Lorie Ouellet. Par exemple, l’UQAC, avec son programme en intervention plein air, a beaucoup d’expertise à partager avec le milieu, notamment sur la gestion des risques, note-t-elle.

Par ailleurs, le RLS s’est fixé comme objectif de mettre sur pied un fonds pour l’entretien des sites et des sentiers existants, car peu de subventions existent pour ce type de travaux. « On veut aussi créer un fonds pour développer les compétences des enseignants et des instructeurs grâce aux sommes fournies par le MÉES », remarque Sven Kaminski.

Le RLS souhaite également que les sites et les sentiers de plein air soient considérés dans les démarches d’aménagement et de planification du territoire. « On perd de plus en plus de sites de pratiques accessibles en milieux urbains au profit du développement industriel et immobilier », déplore Lorie Ouellet, en faisant référence à l’effritement des sites de la Rivière-du-Moulin et du boisé panoramique. « Pourtant, les études démontrent que les sites de proximité sont importants pour favoriser la pratique régulière de sports de plein air », ajoute-t-elle.

En plus des nouveaux fonds à créer, le RLS gère également un programme de subvention annuelle qui permet de redistribuer des dizaines de milliers de dollars à différents organismes de plein air chaque année. Au cours des deux dernières années, 45 projets ont ainsi reçu une subvention qui couvre 50 % des frais, jusqu’à un maximum de 3500 dollars.