S'il lui arrive de s'ennuyer de son bateau, Mylène Paquette n'a pas le temps de chômer depuis son retour sur la terre ferme. Après avoir passé des mois sur l'eau, elle a retrouvé un rythme de vie plus régulier. Mais il n'a rien de routinier.

Encore bien loin de la routine

S'il lui arrive de s'ennuyer de son bateau, Mylène Paquette n'a pas le temps de chômer depuis son retour sur la terre ferme. Après avoir passé des mois sur l'eau, elle a retrouvé un rythme de vie plus régulier. Mais il n'a rien de routinier.
Celle qui a réussi la traversée en solo de l'océan Atlantique, en 2013, était de passage au Saguenay-Lac-Saint-Jean, hier. Elle s'est arrêtée au Cercle de presse du Saguenay en avant-midi, quelques heures avant de prononcer une conférence dans le cadre de la campagne de financement de la Maison familiale rurale du Fjord.
Située à L'Anse-Saint-Jean, la MFR du Fjord propose une approche d'alternance entre les études secondaires régulières et la formation professionnelle. Elle souhaite répondre aux besoins plus spécifiques des jeunes en leur donnant l'occasion d'évoluer dans trois environnements complémentaires, l'école, le pensionnat et le milieu du travail. Sous la présidence de Marie-Claude Ruel, directrice de la Caisse populaire Desjardins du Bas-Saguenay, la campagne de financement a pour objectif d'amasser 500 000$ au cours des trois prochaines années. Prononcer des conférences fait maintenant partie du quotidien Mylène Paquette. Elles occupent la majeure partie de son temps et la Montréalaise varie leur contenu selon son auditoire.
«Oui, je m'ennuie de mon bateau, a raconté Mylène Paquette pendant son passage au Cercle de presse. Il m'arrive d'essayer de me replonger sur la couchette, dans ma cabine. J'essaye de m'imaginer comment je serais présentement. Les choses changent très rapidement. On part d'un milieu où on pense à nos besoins primaires, où nous sommes vraiment dans l'instant présent et on tombe dans un milieu où il y a beaucoup de choix à faire, beaucoup de questions à répondre, beaucoup de personnes à rencontrer. Quitter mon bateau a été une séparation difficile.
«J'ai vécu une transition très douce parce que je n'étais pas connue du public avant cet exploit, mais j'en avais fait d'autres dans le passé et j'avais apprivoisé un peu tout ce qui touche les médias. En plus, je donnais des conférences depuis 2009. J'ai donc pu me développer un peu au cours des dernières années, avant d'être capable de quitter Sainte-Justine parce que j'avais d'autres aventures à vivre et que l'hôpital ne pouvait plus se permettre de me laisser partir pour une longue période.
«Ma vie a changé, mais c'est surtout le côté reconnaissance qui a pris une plus grande importance. Avant ma traversée, on me traitait souvent de folle. Maintenant, on me félicite plus souvent qu'on me traite de folle.»
Mylène Paquette assure que les répercussions les plus agréables de son aventure demeurent les conférences qu'elle donne, les rencontres qu'elle a l'occasion de faire.
Elle a particulièrement apprécié l'occasion qui lui a été offerte de s'associer à la campagne de financement de la MFR du Fjord. Elle s'est rapidement reconnue dans la cause défendue par l'organisme. Elle comprend parfaitement que des jeunes puissent ne pas se sentir à leur aise dans le régime académique habituel puisqu'elle a vécu une situation similaire quand elle était plus jeune.
«Les répercussions les plus importantes sont des choses comme celles qui se passent aujourd'hui, des associations à des causes importantes qui véhiculent les mêmes valeurs que moi, a-t-elle précisé. Au-delà d'écrire un livre, d'avoir la chance de donner une conférence à la NASA, comme j'ai pu le faire récemment, de répondre à une invitation d'entreprises, ce que j'adore, être associée à des causes qui me sont chères est la chose qui me tient le plus à coeur.
«Toutes les expériences sont intéressantes. J'ai participé à un documentaire sur Océania et à un autre qu'on verra dimanche à Découverte. C'est émouvant de voir mon aventure au grand écran et de voir comment les gens la mettent en lumière. J'apprécie aussi la possibilité de pouvoir parler d'environnement. C'est possible de changer les choses.»