Phil Desgagné

Encore beaucoup de questions en attente de réponses

CHRONIQUE / La semaine dernière, j’écoutais le discours du premier ministre Legault, ce que je fais régulièrement chaque jour d’ailleurs. Je me suis senti très interpellé lorsqu’il a dit que, bientôt, on pourra revenir à une vie plus normale, mais toujours en respectant le fameux deux mètres de distanciation sociale.

J’écoute et je respecte bien les consignes, mais je me suis demandé si M. Legault a déjà joué au baseball, au soccer ou au hockey. En effet, comment pourra-t-on respecter une distance de deux mètres entre le receveur et le frappeur, le joueur de premier but et les coureurs ? Et au soccer, comment, dans le feu de l’action, respecter ce deux mètres ?

Oui, au golf, on pourra régulièrement respecter le deux mètres. Même chose à l’entraînement et dans certaines autres activités sportives. Mais c’est tout un changement que devront adopter les gens.

Organisations et compensations

Depuis le début de cette pandémie, les gouvernements ont donné la priorité monétaire aux familles et à la population en général afin qu’ils puissent payer le loyer, l’épicerie, la voiture et les besoins de base. Mais depuis vendredi dernier, avec l’annulation de toutes les activités sportives et culturelles jusqu’au 31 août, je me suis demandé ce qu’il pourrait arriver à toutes ces associations sportives et culturelles. J’ai immédiatement pensé aux Voyageurs de Saguenay. Joueront-ils leur saison comme à l’habitude ? Ou joueront-ils devant des estrades complètement vides ou respecteront-ils les 250 spectateurs et moins, en plus d’appliquer le fameux deux mètres? Ce sont des questions que l’on doit se poser, mais j’ai l’impression que le gouvernement devra s’ajuster.

Je veux revenir aussi à l’aspect monétaire qui va toucher toutes les organisations sportives. Restera-t-il de l’argent pour celles-ci, car plusieurs ont déjà engagé des dépenses importantes pour la saison estivale ? On pense ici à l’embauche de certains permanents, à l’achat d’équipement, etc. Pourront-elles attendre des réponses de subventions de la part des autorités en place ?

L’été, c’est pour demain et les fonctionnaires sont déjà débordés par toutes sortes de demandes. De plus, bien des parents sont déjà en arrêt de travail depuis plusieurs semaines et ont perdu beaucoup d’argent. Pourront-ils payer à leur(s) jeune(s) les frais pour qu’ils puissent participer à leur activité sportive régulière ? Je pense aussi ici aux écoles de hockey qui sont extrêmement populaires durant la saison estivale. Survivront-elles au fameux virus ? Toutes les réponses à ces questions sont en suspens. Et je ne crois pas qu’on obtiendra les réponses demain matin. Mais je le répète et je l’ai redit la semaine dernière : après le passage du coronavirus, il sera difficile de revenir à notre « ancienne vie », car tout va changer.

De l’action dans la LHJMQ

Le monde du sport vit au ralenti, depuis quelques jours, mais il y a quand même toujours de l’action dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). La semaine dernière, les Olympiques de Gatineau ont volé la vedette. Depuis quelques années, les Olympiques connaissent énormément de difficultés et ils ont décidé de faire maison nette. Ils ont de nouveaux administrateurs et, en plus, ils ont décidé de changer tout leur personnel hockey. Ils ont confié ce mandat à Louis Robitaille, l’ancien entraîneur-chef des Tigres de Victoriaville.

C’est tout un mandat que Louis Robitaille a reçu. Pour moi, c’est une réelle surprise ! Je ne doute pas de ses compétences, mais à ce moment-là, j’ai téléphoné à Richard Létourneau, président du conseil d’administration des Saguenéens de Chicoutimi, afin de savoir si les Olympiques avaient contacté l’organisation pour avoir la permission de discuter avec Yanick Jean. Car je sais très bien que certains membres de l’organisation de Gatineau ont une haute estime de Yanick Jean. Comme ce dernier est toujours sous contrat avec les Saguenéens, ça prend bien entendu la permission des Saguenéens. Mais les Olympiques de Gatineau n’ont pas sollicité cette permission et ils n’ont donc pas parlé à Yanick Jean.

Jean, un oublié de taille

Parlant de Yanick Jean, je suis surpris qu’il n’ait pas été en nomination au titre d’entraîneur de l’année dans la LHJMQ. Les Saguenéens ont terminé troisièmes au classement général, et ce, même s’ils n’ont pas été en mesure de jouer une partie avec un alignement complet après la période des Fêtes. Ils jouaient régulièrement avec quatre ou cinq joueurs absents. Je pense que Yanick aurait dû être au moins parmi les trois instructeurs en nomination.

Par contre, il est en nomination pour le titre de directeur général de l’année. J’ai toujours considéré Yanick Jean comme l’un des meilleurs directeurs gérants de toute la ligue. Il est un maître durant la période de transactions. Le titre de DG de l’année devrait se jouer entre lui et le DG des Wildcats de Moncton.

Je suis également impatient de connaître quand la LHJMQ va annoncer la date de son fameux repêchage, lequel devra avoir lieu dans les prochaines semaines. Et aussi s’il y aura des compensations aux clubs qui ont donné énormément pour obtenir des joueurs durant la période de transactions. Rien n’a été reçu parce que la saison s’est terminée avant même les séries.

D’autre part, un scénario quasi surréaliste se prépare peut-être à l’horizon. La prochaine saison de la LHJMQ pourrait, et je dis bien pourrait, débuter seulement en janvier 2021 !

Le golf en attente

Pour le golf, pas de nouvelles en vue de la prochaine saison. L’Association des clubs de golf du Québec discute avec le gouvernement. Entre-temps, les clubs ont la permission de préparer le terrain tout en respectant la consigne du deux mètres. Cela dit, c’est une date d’ouverture que les clubs veulent obtenir pour leurs membres. À Montréal et ses environs, certains clubs seraient déjà prêts à accueillir leurs membres. Et je crois que les clubs seraient prêts à accepter certaines normes comme pas de cantine, pas de vestiaire, pas de préposé(e) aux bâtons, une seule personne par voiturette, etc.

L’autre prochain défi qui se posera pour les clubs, ce sont les membres âgés de 70 ans et plus. Dans la majorité des clubs, ils sont en très grand nombre. Ces derniers auront-ils la permission de pratiquer leur sport favori dans les prochaines semaines ?

Si je me fie aux propos du premier ministre qui dit, chaque jour, aux 70 ans et plus d’aller marcher et de prendre de l’air en respectant le deux mètres, le sport du golf se prête bien au respect de ces conditions. Mais s’il fallait que les joueurs de 70 ans et plus ne puissent pas accéder à leur terrain de golf, j’ai l’impression que ce sera énormément difficile pour la majorité des clubs de tout le Québec.