Colleen Jones n’a rien perdu de son amour pour le curling après toutes ces années.

Duo mère-fils: le curling dans le sang

La présence de Colleen Jones au Foyer des loisirs d’Arvida pour le Championnat canadien de curling mixte ne passe pas inaperçue. Double championne du monde, sextuple championne canadienne au Tournoi des Cœurs Scotties et une fois championne mondiale senior, entre autres titres, la curleuse de la Nouvelle-Écosse conserve la même passion envers un sport qui lui a fait vivre de grandes émotions.

À l’aube de la soixantaine, Mme Jones passe la semaine à Arvida dans le but clair d’ajouter un deuxième titre national en curling mixte. Elle forme une équipe avec son fis Luke Saunders, en plus de Peter et Lindsay Burgees, un duo oncle et nièce.

« On veut gagner », a lancé en riant Colleen Jones, lundi, lorsque rencontrée quelques minutes après une victoire, la première dans le tournoi, acquise difficilement contre les Territoires du Nord-Ouest au compte de 7-5 après neuf bouts. Les Néo-Écossais montrent maintenant une fiche d’une victoire en deux rencontres.

« Ça serait incroyable de l’emporter et de se qualifier pour les mondiaux, a-t-elle ajouté. Je sais qu’il y a plusieurs équipes qui veulent gagner, mais je n’ai pas peur de dire qu’on veut le titre. Avoir de grandes attentes et ne pas les combler peut apporter une grande déception, mais ça fait partie du sport. On n’est pas venus ici pour ne pas perdre ! »

C’est donc cette soif de victoire qui galvanise la multiple championne, d’autant plus qu’elle ne se voit pas du tout à la retraite, elle qui cumule plus de 30 ans d’expérience à l’antenne de CBC à titre de reporter, notamment aux Jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang, en 2018.

Colleen Jones est en action sur les glaces du Foyer des loisirs toute la semaine.

Jones était d’ailleurs à Chicoutimi, en 1988, pour couvrir le Brier, championnat national de curling présenté au Centre Georges-Vézina.

« Je suis très heureuse d’être ici, d’abord parce que je vais bientôt avoir 60 ans (le 16 décembre) et j’ai une nouvelle chance de me battre pour un titre national, a-t-elle partagé. Je suis ici avec mon fils Luke et notre équipe a une belle dynamique familiale. Je chéris le moment, tout simplement. »

Colleen Jones n’a pu s’empêcher de rire lorsque le journaliste du Quotidien lui a demandé pourquoi elle continuait de jouer, malgré un CV bien garni.

« C’est dans mes os et c’est au plus profond de mon âme », a-t-elle répondu. C’est difficile de s’arrêter, parce que je sens que je peux encore jouer. Surtout, j’aime absolument me retrouver sur les glaces. Toutefois, après un match serré comme celui qu’on vient de jouer, je me dis parfois que c’est assez ! Ça me permet de demeurer active et ça m’offre toute la motivation nécessaire. Je pense que lorsque Dieu te donne un certain talent, tu l’utilises le plus longtemps possible. Le fait de jouer avec mon fils me donne également de gros frissons et je ne me vois surtout pas regarder Netflix 24 heures par jour, sept jours par semaine. Me préparer pour un match et jouer me procure encore d’incroyables papillons, autant que lorsque j’avais 25 ans. »

Concernant l’histoire de famille qui lie la Nouvelle-Écosse, Colleen Jones croit qu’elle peut, en compagnie de Peter Burgess, offrir un brin de sagesse aux plus jeunes joueurs que sont Luke Saunders, son fils, et Lindsey Burgess, la nièce de M. Burgess.

« Je pense qu’on peut les aider à progresser dans leur jeu et leur offrir une perspective différente, a fait valoir Mme Jones. Peter et moi avons probablement vécu tous les scénarios et circonstances qu’il est possible de voir, donc on peut agir à titre de mentors durant une compétition importante comme un championnat canadien. »

Pour les intéressés, Colleen Jones et la Nouvelle-Écosse jouent leur prochain match sur la glace du Foyer des loisirs, mardi matin, à 9 h 30, contre Terre-Neuve/Labrador.