Deux Saguenéens dans le même club en soccer collégial D1

Johanne Saint-Pierre
Johanne Saint-Pierre
Le Quotidien
Pas un, mais bien deux joueurs de soccer de Saguenay évolueront ensemble cette saison dans la très relevée division 1 de la Ligue de soccer collégial. Un fait plutôt rarissime, voire une première. Amis de longue date, Djua Mwenze et Jordan Bolduc s’aligneront en effet avec les puissants Élans du Cégep Garneau de Québec cet automne.

Âgé de 17 ans, Jordan amorcera sa première saison avec Garneau tandis que son ami Djua, 19 ans, y disputera sa troisième et dernière saison. « Ce qui est spécial, c’est que nous sommes deux joueurs de Chicoutimi qui vont jouer pour Garneau, l’une des meilleures équipes collégiales en D1 », souligne Jordan en entrevue téléphonique.

« Les Élans sont toujours dans le top-3 (de la Ligue). Qu’il y ait deux gars de Chicoutimi qui jouent pour une très bonne équipe comme ça, je crois que ce n’est jamais arrivé ! », estime-t-il

Les deux athlètes ont suivi un parcours similaire, en ce sens qu’ils ont joué dans une ligue civile AAA avant d’être recrutés par Garneau.

Il faut dire aussi que les deux Saguenéens se sont investis dans leur passion. Djua a déménagé ses pénates à Québec pour continuer son sport et ses études collégiales, tandis que Jordan a fait la navette régulièrement entre Chicoutimi et Québec pour aller aux entraînements ainsi qu’aux matchs avant d’être sélectionné par Garneau.

Du soccer presque à l’année

Les deux amis s’entendent pour dire que la construction d’un soccerdôme à Saguenay sera essentielle pour améliorer la progression des joueurs. « C’est incomparable ! », affirme Djua.

« Le développement des joueurs se fait plus rapidement [qu’à Chicoutimi] parce qu’on a accès au terrain synthétique pendant toute l’année et, il faut l’avouer, le calibre est plus relevé. Ma progression s’est vraiment accrue beaucoup plus rapidement », a indiqué le vétéran, qui joue à la position de milieu centre.

« Si j’étais resté à Chicoutimi jusqu’à 17 ans, je n’aurais jamais pu jouer avec Garneau parce que je n’aurais jamais réussi à me développer à un tel point. Ce qui fait qu’on est rendus là, c’est parce qu’on est allés jouer à Québec », estime Jordan, qui évolue comme ailier gauche.

« Ce n’est pas compliqué: j’arrête un mois et demi par année. [À Québec], ils ont des stades intérieurs. Mes pratiques commencent en janvier à 100 % tandis que les joueurs d’ici commencent en mai. »

Faire sa place

Les deux Saguenéens se distinguent aussi par le fait qu’ils ont rapidement obtenu leur place avec les Élans de Garneau. À Québec, les dirigeants des équipes des cégeps de Garneau et de Sainte-Foy tiennent des camps communs. Toutes deux évoluent en division 1. « Pas mal tous les joueurs du [soccer civil] AAA sont inscrits au collégial D1. Tous les joueurs font les deux camps et chaque année, les meilleurs vont à Garneau et ceux qui ne sont pas prêts vont à Sainte-Foy », explique Jordan, qui a été confirmé avec Garneau dès le deuxième entraînement.

Djua avait lui aussi été rapidement fixé sur sa place avec les Élans.

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L'OR POUR SA DERNIÈRE SAISON

À sa troisième et dernière saison avec les Élans du Cégep Garneau, Djua Mwenze aimerait bien finir son stage collégial de soccer en division 1 en beauté. en aidant son équipe à remporter la médaille d’or.

« Avec Garneau, j’ai gagné la médaille de bronze et la médaille d’argent et la seule qui me manque, c’est la médaille d’or », confirme celui qui aimerait ainsi boucler la boucle de belle façon.

L’étudiant en sciences humaines, profil administration, a débuté le soccer à l’âge de 5 ans, au club de Chicoutimi. À 12 ans, il a évolué pour le Chinook AA et il a fait partie de la cuvée qui a disputé une saison dans le AAA. Seulement deux équipes ont marqué l’histoire du club de soccer de Chicoutimi – et celle du soccer régional –
en étant les premières à évoluer dans le circuit provincial élite AAA du Québec, soit le Chinook féminin U16 en 2013, puis le Chinook masculin U17 en 2018, chaque fois pour une unique saison.

D’ailleurs, lorsque le Chinook masculin AA s’est qualifié pour amorcer sa saison dans le AAA l’année suivante, l’entraîneur Sébastien Sylvestre avait été contacté par l’entraîneur du Cégep Garneau. Ce dernier lui a demandé d’envoyer certains de ses protégés aux essais. 

C’est là que le fils de Francis Mwenze et Marie-Diane Perron s’est fait remarquer. 

Puis, il a rapidement été fixé sur son sort. « Les sélections se font rapidement, sauf qu’il arrive que certains joueurs doivent attendre jusqu’à l’été avant de savoir s’ils font vraiment l’équipe. Comme je n’habitais pas dans la même région, je l’ai su rapidement, parce que ça impliquait un déménagement, et une nouvelle vie, finalement. »

Une nouvelle vie où il s’est visiblement bien adapté sur le plan académique puisqu’à sa première année, il a fait partie des 37 lauréats de son cégep à avoir mérité un Prix d’excellence scolaire de l’Association canadienne du sport collégial. Cet honneur est décerné aux étudiants-athlètes qui ont réussi avec distinction ou mention d’excellence le dernier semestre scolaire complet à leur institution.

Saison à savourer

Outre le soccer collégial, l’athlète de 19 ans joue aussi dans le circuit civil AAA avec le Phénix des Rivières. 

Après le U21 l’an dernier, il s’aligne cet
été avec la formation senior où le calibre est encore plus relevé. 

Comme bien des joueurs, Djua savoure particulièrement la présente saison, car il croyait bien devoir en faire son deuil lorsque la pandémie a tout mis sur pause en mars. « Quand il y a eu la COVID-19, on pensait que la saison de soccer serait annulée cet été . Et à cause de cela, ça n’augurait pas très bien non plus pour la saison collégiale, mais finalement, la progression [du virus] a été bien stoppée, ce qui a fait en sorte qu’on a pu recommencer le soccer quand même tôt. Depuis la reprise, ça allait de soi qu’on allait jouer au collégial. »

Les équipes respectent évidemment les consignes sanitaires et il n’y a pas eu de cas à déplorer jusqu’à maintenant. « On joue depuis quelques semaines déjà et nous n’avons pas eu de problème. Si on continue comme ça, ça devrait bien aller », conclut avec optimisme Djua, dont les camps et matchs préparatoires de la prochaine saison collégiale vont débuter dans deux semaines.

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DES SACRIFICES PAYANTS

Confirmé avec les Élans du Cégep Garneau en division 1, Jordan Bolduc savoure la récompense des efforts déployés depuis deux ans. Un succès qu’il partage avec sa famille, qui l’a toujours soutenu.

« Il faut être prêt à mettre beaucoup de temps et persévérer. C’est beaucoup de sacrifices à faire, mais une fois que tu arrives [à ton but], tu es content et tu as le sentiment d’avoir réussi », souligne le jeune homme, qui a réussi à bien concilier études et travail, tout en se rendant trois fois semaine à Québec pour les entraînements. 

« C’est vraiment beaucoup de sacrifices et mon père m’a vraiment beaucoup soutenu. Pendant deux ans de temps, il m’a monté chaque jour à Québec. Il finissait de travailler à 17 h et on montait à Québec pour revenir à minuit le soir. C’était vraiment fou », avoue Jordan, très reconnaissant envers ses parents, Stéphane Bolduc et Annie Gilbert.

Jordan s’est initié au soccer à l’âge de 7 ans et a grandi a sein du club de Chicoutimi, où il a joué avec le Chinook AA jusqu’en secondaire 4. C’est alors qu’il a eu à choisir entre poursuivre sa carrière au Saguenay ou tenter sa chance à Québec.

Sport et études

Après avoir été invité par un entraîneur de la formation AAA de Beauport, le Chicoutimien a été sélectionné et joue pour ce club civil depuis deux ans. « Djua a toujours été mon meilleur ami et lorsqu’il a été accepté à Garneau, j’ai voulu aller le rejoindre et c’est maintenant chose faite. On est vraiment avec l’élite. Il y a trois ans, ils ont fini premiers; l’année suivante, troisièmes; et l’an dernier, deuxièmes. Ils sont vraiment bons », souligne-t-il avec enthousiasme.

Malgré sa passion pour le soccer, Jordan accorde aussi beaucoup d’importance à ses études. Il amorcera ses études collégiales en sciences de la nature. Dans un monde idéal, il pourrait continuer de combiner ses études et son sport pendant encore quelques années. « Je souhaite continuer à progresser pour réussir à jouer universitaire. Je suis quelqu’un qui a de la facilité à l’école et je souhaite obtenir une bonne cote R », conclut celui qui aspire à des études en pharmacie lorsqu’il atteindra le niveau universitaire.