Francine Privé et Gaétan St-Gelais ont eu beaucoup de plaisir à lire la biographie de leur fille Marianne et « sa vie pas toujours olympique », maintenant disponible en librairie. Un portrait à l’image de leur fille qui les rend fiers et émus.
Francine Privé et Gaétan St-Gelais ont eu beaucoup de plaisir à lire la biographie de leur fille Marianne et « sa vie pas toujours olympique », maintenant disponible en librairie. Un portrait à l’image de leur fille qui les rend fiers et émus.

Des parents fiers et émus à la lecture de la biographie de Marianne St-Gelais

Johanne Saint-Pierre
Johanne Saint-Pierre
Le Quotidien
Marianne St-Gelais peut se rassurer. Les personnes dont elle avait sans doute le plus hâte de connaître leur avis sur sa biographie La vie pas toujours olympique de Marianne St-Gelais, ses parents Francine Privé et Gaétan St-Gelais, ont été émus et ont bien reconnu leur fille à la lecture du bouquin.

Bien sûr, maman Francine avait quelques appréhensions puisque sa fille avait déclaré qu’elle aurait de petites surprises en lisant le livre. Elle était aussi consciente que les enfants ne racontent pas tout à leurs parents. Mais elle assure avoir eu beaucoup de plaisir à découvrir le récit de sa fille, habilement relaté par l’auteure Rose-Aimée Automne T. Morin.

« C’est tellement raconté avec humour et intelligence ! Comme si elle me parlait. C’est du Marianne à l’état pur ! J’ai été émue du début à la fin ! J’ai particulièrement aimé les chapitres sur la famille, où elle fait parler son frère et ses soeurs, son père. Ça m’a beaucoup touchée ! Je reconnais la petite fille qu’elle était, une boule d’émotions qui veut faire sa forte ! Et qui finalement est forte et équilibrée ! », a commenté sa mère, alors qu’elle venait tout juste de terminer la lecture, lors d’une entrevue téléphonique avec Le Progrès.

Elle en avait encore les yeux dans l’eau d’ailleurs. « Je lui ai juste envoyé un message pour dire ce que je pensais. Je suis certaine que c’était les critiques qu’elle attendait le plus. Honnêtement, j’ai été tellement agréablement surprise. C’est tellement bien raconté. J’ai aimé la façon dont ç’a été raconté, dont c’était perçu. Je félicite l’écrivaine parce qu’elle a une belle plume. C’est beau et ça reflète très bien Marianne. »

Le paternel abonde dans le même sens. « Je reconnais Marianne. On dirait qu’on lit le déroulement d’un film dont on fait partie. Des fois, le scénario varie un peu, selon la façon que chacun l’a vécu. Comme le déménagement, je ne l’ai pas tout à fait vécu comme ça, mais c’est correct », mentionne-t-il en riant.

Ce dernier trouve que sa fille a bien cheminé. « Elle a une sagesse dans ses propos. On voit que c’est Marianne. Elle l’explique bien : “J’étais une adolescente et là, je suis rendu une adulte”. Je trouve que c’est bien imagé. »

À son avis, malgré sa progression, sa fille a encore du chemin à faire. « Il y a des choses avec lesquelles elle est tranquille ; d’autres moins, un peu ! Elle a encore du chemin à faire. Par exemple, l’école la fatigue un peu. Elle aimerait y retourner. Je vois que ce n’est pas fini. »

D’ailleurs, sa mère ne pensait pas que l’école la chicotait autant. « Elle en parlait en disant qu’elle était la seule de la famille à ne pas avoir de bac. Je lui disais : “Pauvre Marianne, tu as trois bacs en sport ! Tu peux pas mener de front deux carrières”. Mais je pense que ça lui faisait quelque chose parce qu’elle se comparait avec ses soeurs et son frère, qui sont allés à l’université, alors qu’elle, elle a fini son secondaire et est allée un peu au cégep. Mais on lui avait toujours dit qu’elle était à Montréal pour le sport, et non pour les études », rappelle Mme Privé.

Communicatrice
Les parents de Marianne avouent qu’ils sont étonnés qu’en plus de devenir entraîneuse, elle y ait pris vraiment goût. « Elle avait dit qu’elle ne se voyait pas entraîneuse. Elle ne se voyait pas là, comme elle ne se voyait pas aux Olympiques d’ailleurs. Tant mieux si elle aime ça ! »

Ils ne sont pas surpris que les jeunes l’apprécient, en raison de son talent de communicatrice. « Marianne l’a tellement avec le monde. C’est celle qui va raconter une histoire banale et que ç’a l’air extraordinaire à l’entendre ! Elle nous a toujours fait rire avec ça », expliquent-ils.

« Elle a une façon de raconter les choses ! Je la voyais dans un métier futur en relation avec les autres, comme la communication. Je pense qu’elle n’est pas encore rendue là et qu’elle chemine vers ça. Il faut prendre le temps aussi. Les communications, c’est vaste, et je pense qu’elle choisit ce qu’elle aime vraiment », estime son père.

Ce dernier ayant toujours prôné l’importance d’avoir un équilibre en tout auprès de ses enfants, il avoue avoir trouvé difficile de lire que sa fille devait se déséquilibrer pour être championne, bien qu’il comprenne que c’est impossible d’avoir un équilibre dans un sport de haute performance. « C’est dur d’avoir un équilibre dans un sport de haute performance. Il a fallu qu’elle travaille beaucoup sur elle pour retrouver un certain équilibre. On l’a vu surtout dans les dernières années. Si elle avait été bien équilibrée, Marianne aurait continué l’école, mais son sport ne lui permettait pas de le faire. Il fallait qu’elle se lance à 100 %. Elle s’en rend compte aujourd’hui », analyse-t-il.

D’ailleurs, les parents de Marianne croient que les « 30 leçons » qu’elle partage dans sa biographie pourront aider des athlètes et des parents. « Je pense que les gens vont s’apercevoir que ce sont des gens ben ordinaires. Une famille, un frère, des soeurs. Une petite fille qui n’était pas si extraordinaire que ça et qui a eu une enfance normale. Qui a fait un sport et qui a cheminé. Elle l’a dit : elle n’avait pas le profil d’une olympienne. Et honnêtement, je ne le pensais pas non plus, admet sa mère. J’ai toujours pensé qu’un olympien, c’était quelqu’un de sérieux qui s’entraîne et que tout ce qu’il a comme objectif, c’est son sport. »

«Dans son cas, elle a été obligée d’apprendre à gagner, et non pas d’apprendre à perdre, nuance M. St-Gelais. Je pense qu’elle vivait très bien avec le fait de ne pas performer. Elle a eu de la misère à apprendre à gagner.»