Des moments pénibles pour Therrien

«Je n'étais pas avec l'équipe à Thunder Bay. Je ne veux pas être perçu négativement parce que je fais partie des Gee-Gees.»
L'ancien capitaine des Saguenéens de Chicoutimi, Nicolas Therrien, vit des moments difficiles. L'annonce de la suspension des Gee-Gees de l'Université d'Ottawa, en raison d'un possible viol collectif, a eu l'effet d'une bombe. Depuis lundi, tous les joueurs sont pointés du doigt, qu'ils soient impliqués ou non. C'est le cas du défenseur, qui n'était même pas du voyage à Thunder Bay, là où se serait produite la présumée agression sexuelle il y a plus d'un mois.
«L'école a ses propres avocats et une image à défendre. Présentement, tous les joueurs passent pour des salauds, des méchants, et personne ne nous défend. Nous sommes complètement seuls», a expliqué Therrien, hier, lors d'une entrevue accordée au Quotidien.
Depuis la suspension de l'équipe de hockey universitaire, les joueurs ne sont pas autorisés à communiquer avec l'entraîneur-chef Réal Paiement, qui a occupé les mêmes fonctions avec les Saguenéens. Selon Nicolas Therrien, qui en est à sa première année avec les Gee-Gees, tout le monde est divisé. Les joueurs ont été rencontrés en même temps que le communiqué a été envoyé aux médias.
«Habituellement, Réal Paiement s'occupe de nous; il se fait un peu notre porte-parole. Mais là, on ne peut pas lui parler. On s'arrange entre nous», a expliqué l'étudiant en finances, ajoutant du même souffle que son entraîneur fait un excellent travail et qu'il a le programme à coeur.
«Ce n'est pas facile. C'est tout un cercle médiatique, même si ça se calme un peu.»
Impacts négatifs
Pour l'instant, tous les joueurs sont présumés coupables. Impossible de savoir quoi que ce soit tant que l'enquête ne sera pas terminée. Une situation qui dérange Nicolas Therrien.
«Il y a un impact négatif sur tous les joueurs. Il y en a qui n'étaient pas là, d'autres qui dormaient, mais ça touche quand même tout le monde. Selon moi, il ne faut pas mettre tous les joueurs dans le même bateau. Les gens regardent la liste de joueurs sans savoir qui est impliqué. Personnellement, je ne sais même pas combien de joueurs sont touchés, je ne pose pas de question. Comme ça, je n'ai pas besoin de mentir.»
À preuve, Therrien n'est même pas en mesure de dire si les deux autres anciens Sags, Gabriel Vermette et Rock Régimbald, étaient du voyage ou non.
Comme l'explique Nicolas Therrien, la situation est très délicate. Plusieurs joueurs terminent l'université et se dirigent vers le marché du travail. Selon lui, ça ne paraîtra pas très bien dans un curriculum vitae d'écrire avoir joué pour les Gee-Gees en 2013-2014.
«Personne ne se met la tête dans le sable. La police fait son enquête, l'école aussi. Ce que je veux, c'est que les gens soient neutres. Par la suite, les personnes impliquées feront alors face à la justice.»
Au cours des derniers jours, Nicolas Therrien n'a pas vu de différence dans le comportement des autres étudiants de l'université.
«Je ne me cache pas, mais je ne me promène pas non plus avec mon manteau de l'équipe. Je ne connais pas l'opinion des autres, dans les corridors, c'est correct. Il y a quand même près de 30 000 étudiants à l'université.»
Nicolas Therrien, qui a encore des liens avec plusieurs personnes de Chicoutimi, a tenu à préciser qu'il ne parle qu'en son nom personnel.