Comme toujours, les proches de Samuel Girard étaient à ses côtés pour les moments importants de sa carrière, dont l’annonce de sa retraite du patinage de vitesse. Sur la photo, il est entouré de son parrain, Jacques Tremblay, de sa mère, Martine Bouchard, de sa marraine, Jacynthe Bouchard, et de son père, Grégoire Girard.

Des coéquipiers surpris, mais compréhensifs

Samuel Girard et Kasandra Bradette ont créé une onde de choc au sein des équipes nationales de patinage de vitesse en annonçant qu’ils tiraient leur révérence de la compétition. Surpris, leurs coéquipiers ont toutefois compris et respecté leur choix.

Pour sa part, Samuel estime que ses coéquipiers s’attendaient davantage à ce qu’il leur annonce une pause pendant quelque temps plutôt qu’une retraite. «Mes coéquipiers s’en doutaient un peu parce que je n’avais pas participé au camp d’entraînement en Arizona et ils voyaient que je ne revenais pas. Charles (Hamelin) est venu prendre un café chez moi. Il me connaît et il m’a dit comprendre pourquoi je prenais cette décision, qu’il la respectait. Certains s’attendaient à ce que je prenne une pause pour ensuite revenir. Je n’ai pas l’intention de revenir, même si on ne sait jamais ce qui peut arriver dans le futur. On tourne la page», a-t-il lancé avec conviction.

Luc Dufour, qui a été son premier entraîneur au club F18 de La Baie, a eu la primeur jeudi soir, mais il se doutait bien que Samuel souhaitait tirer sa révérence. «Dans son langage corporel, je le voyais. Je sentais qu’il avait accompli ce qu’il voulait, - il était champion olympique-, et que la flamme n’était plus aussi forte. Il est très attaché à sa région et sa famille lui manquait. Ce sont des sacrifices d’une vie, de gros sacrifices de partir jeune de chez soi», a-t-il commenté.

Les Olympiens olympien Samuel Girard et Kasandra Bradette ont annoncé retraite en présence de leurs proches. Ci-haut, Samuel (à gauche), avec la famille de Kasandra, ses parents, Dany Bradette et Nancy Bélanger, sa soeur, Krystle, et son conjoint, Vincent Pinard.

Grandie et blindée

Pour sa part, Kasandra se trouvait à Saint-Félicien et elle a donc écrit à ses coéquipières pour les informer de la nouvelle. «Elles m’ont dit: tu as tellement travaillé fort, on comprend ta décision. Mais on perd deux grands noms, deux grands patineurs et deux grands leaders du patinage de vitesse, raconte la Félicinoise.

«J’ai eu de beaux mots de mes coéquipières. L’an passé, c’était une équipe jeune, mais elles étaient tellement gentilles. C’était de petits coeurs! Jamais je ne me suis sentie autant à ma place, et ce, même si j’étais la plus vieille à 28-29 ans. Avant, le patinage de vitesse courte était plus individuel, mais maintenant, c’est l’équipe. Ç’a été vraiment rafraîchissant comme saison (de l’avoir passée) avec elles.»

Kasandra quitte la tête haute, avec la satisfaction du devoir accompli, heureuse d’avoir passé «de belles années avec de bons athlètes et surtout de bonnes personnes qui nous ont permis de nous surpasser.»

«Au début, je me suis dit que j’aurais aimé avoir ma médaille aux Jeux, mais en regardant mon livre de finissante au secondaire, il était écrit que mon plus grand rêve était d’aller aux Jeux olympiques, pas nécessairement de gagner une médaille. Or, de me rendre aux Jeux en ayant vécu tout ce par quoi je suis passé, c’était un accomplissement en soi. J’en sors grandie et blindée. Ça va me servir dans la vie de tous les jours», conclut l’Olympienne de 29 ans.

Réaction des Parents

Les parents de Kasandra, Nancy Bélanger et Dany Bradette, savaient que leur fille mijotait l’idée d’accrocher définitivement ses patins. «Ça faisait un petit bout qu’ils en parlaient ouvertement avec la famille. Ils voulaient passer à autre chose, mais il n’y avait rien d’officiel à aller jusqu’à la semaine passée», confirme le paternel. Que retient-il de la carrière de sa fille? «Sa détermination et sa passion. Ç’a toujours été une passion pour elle. Si tu n’es pas passionné, ce n’est pas possible. Et elle a toujours eu une passion et une confiance. On ne l’a jamais forcée, mais on l’a toujours soutenue.»

Les parents de Samuel, Martine Bouchard et Grégoire Girard, étaient soulagés de pouvoir partager la nouvelle. «Il nous en a parlé en février et en mars, juste avant de partir pour les Championnats du monde. Puis, quand nous sommes allés à Calgary, je l’ai vu patiner. Il patinait bien, mais il a fait des erreurs qu’il n’aurait pas faites normalement. Luc (Dufour) a toujours dit qu’un athlète, c’est 20 % de talent et 80 % dans sa tête. T’as beau avoir tout le talent, si dans ta tête, ça ne va pas, ça ne marchera pas», raconte celle qui avoue avoir tout de même eu un petit pincement au coeur quand son fils a confirmé qu’il prenait sa retraite du patin.