Dean Bergeron, en 2008

Dean Bergeron honoré par sa «petite famille proche»

Dean Bergeron a reçu un honneur bien particulier, mercredi soir. Le Baieriverain a été intronisé au Temple de la renommée de Parasports Québec, lors d’une soirée-bénéfice à Montréal.

L’an dernier, il avait reçu le même honneur au Panthéon des sports du Québec. « Ce qui est le plus agréable dans ce qui arrive, c’est que c’est la reconnaissance par les pairs. C’est la petite famille proche. Il y a eu la grande famille l’an dernier avec le Panthéon des sports, mais là, c’est mon association qui me fait cet honneur », a-t-il commenté quelques minutes avant le début de la cérémonie au cours de laquelle l’entraîneur de basketball en fauteuil roulant Donald Royer était également intronisé. 

« C’est le grand jour, a-t-il lancé. Je suis dans l’entrée depuis un certain moment, les gens commencent à arriver et je vois de vieux visages. Ces gens ont grisonné un peu, mais ce sont des passionnés par le sport en fauteuil roulant. Ils m’ont aidé tout au long de ma carrière de plein de façons et à bâtir ma carrière. Ç’a un côté spécial parce que ce sont des gens avec qui j’ai travaillé, j’ai eu du plaisir et j’ai performé. Ça amène un petit côté touchant. »

L’histoire de Dean Bergeron n’est pas banale et est bien connue. Le principal intéressé s’est d’ailleurs raconté en 2010 dans un documentaire intitulé Fauché en pleine gloire et diffusé sur Historia, ce qui lui a permis de boucler la boucle. Le 28 août 1987, le Baieriverain alors âgé de 17 ans a effectué une mauvaise chute dans une échauffourée et n’a jamais marché depuis. Il n’a toutefois pas baissé les bras et sa carrière paralympique en athlétisme en fauteuil roulant qui a suivi est éloquente. Il a participé à quatre Jeux paralympiques, à Atlanta en 1996, Sidney en 2000, Athènes en 2004 et Pékin en 2008, amassant l’impressionnant total de 11 médailles, dont trois d’or. Il était revenu d’Atlanta avec cinq médailles en plus de réussir un doublé aux 100 et 200 mètres à Pékin. 

Son intronisation au Temple de la renommée de Parasports Québec, qui a remplacé en 2012 l’Association québécoise des sports en fauteuil roulant, lui a permis de faire un retour sur tous les événements qui ont marqué sa vie et il ne regrette absolument rien, préférant voir le beau côté des choses.

« C’est sûr que quand j’ai commencé à jouer au hockey au Saguenay, j’avais cinq ans et je voulais devenir un joueur de hockey. J’avais des écussons des Saguenéens et dès que j’avais la chance d’aller les voir jouer, je ne manquais pas l’occasion. Guy Carbonneau, Stéphane Richer, ce sont des idoles. J’ai travaillé pour ce rêve. Malheureusement, quand j’ai eu ma malchance avec les Cataractes et que je suis tombé sur la tête, c’est comme si mon rêve avait éclaté en 1000 morceaux. Grâce au parasport, des personnes comme Pierre ont permis de faire revivre ce rêve, mais d’une manière complètement différente que je pensais. J’ai réalisé quand même mon rêve de devenir un athlète. Oui, c’était en fauteuil roulant, mais j’étais un athlète avant tout. Quand en 2008, j’ai décidé de prendre ma retraite, en sortant du stade, j’étais heureux comme un petit gars qui avait réussi son rêve », exprime-t-il. 

Depuis sa retraite, Dean Bergeron se fait plus discret afin de se concentrer sur ses aspirations professionnelles et sa famille, lui qui occupe le poste de vice-président à l’administration chez La Capitale sécurité financière après des études en actuariat.

« Quand j’ai eu mon accident de hockey, j’avais à tourner la page et je l’ai fait. Dans ma carrière sportive, quand je suis sorti du stade à Pékin en 2008, je savais que je passais à une autre étape de ma vie, raconte-t-il. Je me suis un peu éloigné du paralympisme et ce sont un peu des retrouvailles qu’on fait. »

Dean Bergeron, photographié lors des Jeux paralympiques de Pékin, en 2008.

Pierre Pomerleau, une figure marquante

Pour Dean Bergeron, l’occasion était belle de rendre hommage à celui qui a été son mentor, son ancien entraîneur Pierre Pomerleau.

Le duo a fait le voyage entre Québec et Montréal en compagnie de la conjointe de Dean Bergeron, Sofia Akande, et les discussions ont été nombreuses dans la voiture, de relater la vedette de la soirée. « Pierre a travaillé avec moi pendant 20 ans. C’est ma relation la plus longue. On a passé à travers toute la gamme des émotions, tant les belles victoires comme les échecs crève-cœur et on s’est relevés là-dedans. Ç’a vraiment été une figure marquante. Ç’a été mon coach en majuscules. Il a été à la base des succès que j’ai pu avoir », de faire valoir Dean Bergeron.

Message

« Le message que je voudrais laisser aux autres, c’est que lorsqu’on travaille fort et qu’on poursuit ses rêves, on peut y arriver, mais il faut travailler fort. Ç’a été beaucoup de travail comme joueur de hockey et énormément de travail comme athlète en fauteuil roulant. À travers cette reconnaissance, c’est ce que je dois redonner. À partir du moment où tu travailles fort, c’est possible », de confier Dean Bergeron qui prononce encore quelques conférences à l’occasion où il revient sur son parcours et cette résilience. 

« C’est aussi le message de la conférence. Dans la vie, il ne faut jamais, mais jamais lâcher. Chaque fois je l’ai fait dans une course, ce qui restait à la fin, c’est que j’avais abandonné. Quand je poussais jusqu’au bout, il y avait une leçon au bout de ça et la vie, c’est une suite de leçons et on l’apprend au fur et à mesure », d’insister le Baieriverain 11 fois médaillé aux Jeux paralympiques.