Depuis près d’un mois, les clubs de natation de la région ont pu reprendre l’entraînement, mais dans les piscines publiques extérieures.
Depuis près d’un mois, les clubs de natation de la région ont pu reprendre l’entraînement, mais dans les piscines publiques extérieures.

De retour dans les piscines extérieures... pour le plaisir

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Même si le retour aux compétitions de natation est loin d’être coulé dans le béton, les jeunes des différents clubs de natation du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont repris l’entraînement, dans les piscines publiques extérieures. Au menu : retrouver la forme, mais surtout, nager pour le plaisir.

C’est depuis le début du mois de juillet que les jeunes ont retrouvé la piscine, mais pas celle à laquelle ils sont habitués. L’eau est plus froide, il n’y a pas de corridors, les entraînements dépendent de la météo, mais surtout la saison estivale a une fin, mais peu importe, la motivation reste la même et ils le font pour le plaisir de pratiquer leur sport.

« On a recommencé le 1er juillet en piscine, mais on n’a jamais arrêté l’entraînement en dehors de l’eau. Le retour à l’eau, c’est génial. C’est très bien pour reprendre l’entraînement et avoir du plaisir. Les jeunes aiment ça. Le plus important, c’est d’être tous ensemble et de pouvoir nager. Ce n’est pas l’idéal pour les performances, mais pour le plaisir, c’est génial », souligne l’entraîneur du Club de natation de Chicoutimi intégré (CNCI), Gaëtan Dussart.

Avec seulement deux entraînements en piscine par semaine, le Club de natation de Jonquière a décidé d’amener ses jeunes s’entraîner en eau libre.

D’ailleurs, le comité exécutif de Saguenay a accordé, le 16 juillet, des plages horaires fixes pour les clubs de natation des trois arrondissements, en plus du Club de nage synchronisée Saguenay Synchro. Chaque club dispose entre 1 h 30 et 2 h 15 de piscine, et ce, de deux à quatre fois par semaine, selon le club.

Menu varié

Pour l’entraîneur du Club de natation de Jonquière (CNJO), Charles-Olivier Huapaya-Proulx, la situation actuelle a apporté son lot d’inconvénients, mais il préfère voir la piscine à moitié pleine. « C’est drôle à dire, mais ç’a beaucoup de positif. C’est une belle occasion pour les jeunes de découvrir autre chose et de se développer d’une autre façon, de devenir des athlètes plus complets. Plusieurs se sont découvert d’autres centres d’intérêt, comme le vélo, la course à pied, le conditionnement physique et même le yoga. Chaque semaine de confinement, je discutais avec eux et leur proposait des séances d’entraînement et des activités. Ça ne fonctionnait pas pour tout le monde, mais on modifiait pour que tout le monde soit heureux. »

En plus de faire découvrir d’autre discipline, le kinésiologue de formation a permis aux jeunes de découvrir la région, tout en pratiquant leur sport. « On fait deux entraînements en piscine par semaine, mais trois autres en eau libre et on essaie de changer d’endroit chaque fois. On a fait quelques lacs de la région, la rivière aux Sables, et éventuellement, on aimerait les amener nager à la Place de la Traversée, à Roberval. Ce serait une belle expérience pour eux de nager à cet endroit », raconte M. Huapaya-Proulx.

Les entraînements en eau libre ont permis aux jeunes de découvrir plusieurs plans d’eau de la région.

Même son de cloche à Chicoutimi. « Pour les plus jeunes, c’est excellent. C’est différent et ça leur plaît bien. Ça change leurs repères et ça les force à s’adapter. On fait un peu de course, un peu de jeu collectif. Ça permet vraiment de travailler plusieurs choses qui les aident par la suite pour la natation », mentionne M. Dussart.

Le désir de vaincre

Une chose est claire pour les deux entraîneurs : l’envie des jeunes de compétitionner et d’être plus rapides que les autres est forte. « On le sent qu’ils ont envie, qu’ils veulent courser. On me demande toujours : ‘‘Est-ce qu’on peut faire des relais, des 50 m chronométrés ? ’’ Je dois les freiner là-dessus pour qu’ils reprennent la forme, mais parfois, on le fait. Ils sont très contents et en redemandent », raconte M. Dussart.

De son côté, M. Huapaya-Proulx croit que le confinement et l’absence de compétition pourraient amener les jeunes à se dépasser encore plus. « Ils ont hâte de remonter sur les blocs. J’ai lu un article provenant des États-Unis la semaine dernière. Ils ont organisé une compétition non sanctionnée, juste pour assouvir l’envie de courser des jeunes, et 58 % des nageurs ont réalisé leur meilleur chrono. On peut en conclure que leur désir de gagner était fort et on pourrait voir la même chose ici. »

L’entraîneur du Club de natation de Jonquière, Charles-Olivier Huapaya-Proulx.

À quand le retour à l’intérieur ?

Rien n’est joué quant au retour des nageurs dans leurs piscines habituelles. Bien que tout le monde souhaite avoir le feu vert le plus rapidement possible, personne ne se fait d’illusion. « Comme on dépend de la santé publique, tant qu’on n’a pas l’autorisation, on ne peut pas retourner à l’intérieur. On a hâte d’y retourner, mais on ne sait pas quand on va pouvoir. Je m’attends peut-être à reprendre les compétitions en décembre, mais ce n’est qu’une impression. Ça pourrait être plus tôt, comme ça pourrait être plus tard », explique le président de l’Association régionale de natation du Saguenay–Lac-Saint-Jean/Chibougamau-Chapais, Alain Tremblay.

« On est prêts pour le mois de septembre, comme on est prêts pour le mois de décembre. On va attendre de voir ce qui va se passer, mais dès qu’on aura le go, on sera dans l’eau », conclut Charles-Oliver Huapaya-Proulx.