De Nantes au Saguenay pour l’amour du hockey

Près de 20 jeunes Français des Corsaires pee-wee de Nantes savourent enfin le plaisir de s’imprégner de la culture québécoise et de la façon dont se pratique notre sport national dans nos contrées enneigées.

Arrivé lundi soir à Saguenay, le groupe a amorcé sa journée de belle façon avec une visite à L’Entrepôt du hockey, pour ensuite assister à un entraînement des Saguenéens junior majeur de Chicoutimi et pour couronner le tout, d’un entraînement sur la patinoire extérieure de Saint-Honoré.

L’arrêt à L’Entrepôt du hockey, c’était un peu comme entrer dans un magasin de bonbons. « Je pense qu’ils avaient des papillons. C’était un peu foudroyant et s’ils avaient pu, je pense qu’ils auraient acheté tout le magasin », rigole Philippe Le Lem, un des organisateurs du séjour de l’équipe au Canada. « Les parents faisaient un peu la tronche, mais si certains connaissaient un peu (ces magasins de hockey), pour d’autres, c’était vraiment la surprise. En France, on a beaucoup de magasins comme ceux-ci, mais c’est pour le foot (soccer). »

Philippe Le Lem et Séverine Dogémont étaient ravis du début de leur séjour en sol québécois et saguenéen. Et bien sûr, M. Le Lem était heureux de retrouver son ami Dany Fortin, qui a joué pour le club professionnel des Corsaires de Nantes pendant plusieurs années. « On a proposé ce projet qui me tient vraiment à cœur par rapport aux jeunes. On reste 12 jours et le but est de montrer à nos joueurs le hockey au Canada, qui est un peu différent et qui compte plus de licenciés (joueurs) qu’en France. On vient apprendre tout ce qu’il y a à apprendre. » Durant leur séjour, les Corsaires vont affronter des clubs de différents calibres, dont une équipe féminine.

Les Corsaires pee-wee de Nantes s’imprègnent de la culture et du hockey à la québécoise, durant leur séjour au Saguenay et dans la métropole. Plus d’une trentaine de jeunes, entraîneurs et accompagnateurs, dont les deux principaux instigateurs, Philipe Le Lem et Séverine Dogémont, préparent ce séjour depuis un an avec l’aide de Dany Fortin, un ancien joueur professionnel des Corsaires à Nantes.

Pour sa part, Dany Fortin explique qu’il avait vécu une première expérience, l’an dernier, avec la visite d’une équipe de Toulouse. « Quand j’en avais discuté avec Philippe, Séverine, Hubert et quelques autres, ils avaient trouvé l’idée formidable et ils se sont dits : pourquoi pas nous ? Ils sont donc arrivés hier (lundi) et ils vivent le rêve canadien de joueurs de hockey. »

Les jeunes Français ont des étoiles plein les yeux. Est-il surpris de voir leur réaction ? « Je suis surpris parce qu’on pense toujours que ce sont des choses acquises pour nous. De vivre ça aujourd’hui, ça débute tellement bien un voyage culturel et sportif. Pour eux, c’est vraiment merveilleux. Quand ils voient la neige pour la première fois. Ou qu’ils vont sur la glace sans règlements, juste pour s’amuser sur une patinoire extérieure comme nous quand on était plus petits. Eux, ils n’ont pas la chance de vivre ça. C’est sur des terrains de soccer qu’ils vivent ce genre de choses. »

Un peu frisquet

Mardi, les jeunes semblaient fort bien s’accommoder du temps plus frisquet. « Pour moi, ça va, on n’est pas dans les températures les plus froides, on reste à moins 17, moins 20. Mais c’est un peu froid quand même. Les jeunes n’ont pas l’habitude, mais pour l’instant, ça va. On n’en a pas encore perdu, donc, c’est bon ! », lance M. Le Lem avec un grand sourire.

Mercredi, le groupe devait se rendre à la Ferme 5 étoiles pour découvrir les joies de l’hiver en faisant du traîneau à chiens, de la motoneige, de la luge, déguster des produits de l’érable, etc. La tempête risque de chambouler les plans, mais le programme ne sera que reporté d’une journée au besoin.

« On va faire une gymnastique d’horaire et on va réussir à cadrer toutes les activités qu’on avait prévu. On va essayer de leur faire vivre le maximum d’expériences. Ils vont goûter à tout ce qu’on peut faire ici en région, et à Montréal, ils vont même assister à un match du Canadien, ce qui va conclure leur périple de belle façon », a indiqué Dany Fortin. Le groupe assistera également à un match des Saguenéens de Chicoutimi, samedi. Dimanche, à compter de 17 h, ils affronteront les Monarques de Saint-Ambroise sur la patinoire extérieure de Saint-Honoré.

Thomas Dogémont et Raphaëlle Augustin, des Corsaires pee-wee de Nantes, ont l’occasion de découvrir les nuances sportives et culturelles du hockey québécois durant leur séjour au Saguenay.

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DES VISITEURS AUX PARCOURS VARIÉS

Les 18 jeunes joueurs des Corsaires de Nantes ont des parcours variés. Nous avons donc rencontré la seule fille du groupe, Raphaëlle Augustin, 13 ans, qui s’est initiée au hockey il y a deux ans à peine, ainsi que son coéquipier Thomas Dogémont, qui vient d’une famille férue de hockey et qui joue lui-même depuis l’âge de trois ans.

Raphaëlle savoure pleinement ce séjour au Québec, où le hockey est quasiment une religion. Elle sera certainement heureuse de disputer un match contre l’équipe des RebElles et en profitera pour discuter hockey au féminin. À Nantes, il n’y a pas d’équipes féminines. Les filles jouent avec les garçons en équipe mixte jusqu’en U20. Le hockey contact est permis, mais les garçons font attention. Il existe une équipe féminine Élite en classe U17, mais elle réunit les meilleures joueuses de France.

Pour Raphaëlle, ce séjour est « hyper cool ». Comme elle s’est initiée au hockey il y a seulement deux ans, elle dispute ses premiers matchs cette année.

« Mon frère a commencé à jouer un an avant moi et du coup, en le voyant, ça m’a donné le goût à moi aussi de jouer au hockey, raconte Raphaëlle qui arborait son chandail du Canadien acheté quelques heures plus tôt. Normalement, je devrais être en U15, mais je suis en U13 parce que c’est seulement ma deuxième année. » Le patinage a été l’aspect du jeu qui lui a demandé le plus d’efforts. « Ça a mis du temps pour aller plus vite, mentionne-t-elle. Mais heureusement, ça va de mieux en mieux. »

Que de neige !

Pour sa part, Thomas Dogémont, 12 ans, était plus impressionné pour l’instant par l’omniprésence de la neige. « Je n’imaginais pas un paysage comme ça. Je ne pensais pas que c’était blanc partout », explique celui qui sera sans doute impressionné par les fortes précipitations prévues mercredi.

Sur la glace extérieure, le jeune attaquant avait enfilé l’un des chandails d’Antoine Roussel des Championnats du monde de hockey qu’il avait gagné dans un tirage.

Roussel, qui a fait son hockey mineur à Nantes, est bien connu dans la région, lui qui a porté les couleurs des Saguenéens de Chicoutimi (2006-10). De plus, le porte-couleurs des Canucks de Vancouver partage sa vie avec une Saguenéenne et il revient régulièrement dans la région pour donner un coup de main à ses beaux-parents qui exploite une érablière à Laterrière.

Quant à Thomas, il n’est pas vraiment surpris de voir l’importance qu’occupe le hockey au Québec. Par contre, il a beaucoup apprécié jouer au hockey sur la glace extérieure. Et le jeune joueur a surtout hâte de découvrir les autres cultures en s’adonnant aux activités proposées, mais aussi lorsque le groupe sera jumelé, le temps de quelques heures, à une classe du Séminaire de Chicoutimi.