En basketball féminin, les Couguars du Cégep de Chicoutimi ont recruté deux joueuses françaises au printemps dernier pour la nouvelle formation fusionnée issue des programme des cégeps de Chicoutimi et Jonquière. Grâce à cette première, Maryam Cissé et Fatou Bagate s’amèneront en renfort à compter de janvier avec les Couguars qui évoluent en division 2.

De la relève française pour les Couguars

Bien que le recrutement de joueurs français de football et de basketball soit de plus en plus courant dans les collèges de la région, le Cégep de Chicoutimi a réalisé une première régionale en attirant deux joueuses de basketball françaises au sein de la formation féminine des Couguars.

Entraîneur de la formation féminine en compagnie de Jean-Michel Bergeron, Philippe Hurtubise explique que le basketball collégial traverse un creux de vague régional en ce qui concerne la relève féminine. L’objectif à long terme du programme de basketball féminin fusionné des cégeps de Chicoutimi et Jonquière est de former deux équipes.

L’intérêt manifesté par ces deux joueuses lors du recrutement en France est donc tombé à point. « Nous avons fait un constat régional et il y a un énorme trou à combler pour cette année et l’an prochain. L’an passé, il n’y avait qu’Ariane Simard, parmi les finissantes de Dominique-Racine, qui était intéressée à poursuivre au collégial », cite-t-il en exemple. Et la même situation semble se profiler pour l’an prochain également. C’est d’ailleurs la relève insuffisante pour former deux équipes compétitives qui a incité les collèges à fusionner leurs programmes féminin et masculin (ce dernier est pris en charge par Jonquière).

« C’est aussi ce qui nous a incités à aller faire du recrutement extérieur. Nous allons donc combler trois places disponibles, deux avec nos deux joueuses françaises (à compter de janvier) et l’une avec une joueuse du Nouveau-Brunswick, Ariane McGraw (voir autre texte) qui est déjà avec nous », explique Philippe Hurtubise.

En basketball féminin, les Couguars du Cégep de Chicoutimi ont recruté deux joueuses françaises au printemps dernier pour la nouvelle formation fusionnée issue des programmes des cégeps de Chicoutimi et Jonquière. Grâce à cette première, Maryam Cissé et Fatou Bagate s’amèneront en renfort à compter de janvier avec les Couguars qui évoluent en division 2.

Ces joueuses ont été attirées par la nouvelle orientation du programme de basketball au Cégep de Chicoutimi axée davantage sur la performance et à l’idée de pouvoir contribuer à sa réalisation. « Pour les joueuses françaises, la formule québécoise est plus avantageuse. En France, les clubs sportifs et les écoles ne se parlent pas, explique Philippe Hurtubise. Dans le cas de Maryam, par exemple, entre son école et son centre d’entraînement, il y avait deux heures de route à faire chaque jour. Ça devient un obstacle à la diplomation. C’est sûr que pour elle, de venir dans un endroit comme le Québec, où elle a sa chambre dans la résidence du cégep qui est à côté de son gymnase et de son école, c’est un gros plus. Et le diplôme d’études collégiales est reconnu (en France). C’est donc gagnant-gagnant pour les études et pour le sport. »

En entrevue, Maryam Cissé, 17 ans, voit sa venue au Québec comme une manière d’augmenter ses chances de faire son chemin vers son rêve de jouer un jour dans la WNBA (Women National Basketball Association) ou sinon devenir entraîneuse. « C’est un monsieur qui m’a parlé du Québec et je lui ai dit que plus tard, je voulais jouer dans la WNBA. En venant au Canada, j’ai plus de chances de me faire voir », raconte celle qui est arrivée en août et qui conjuguera des études en sciences humaines avec le sport-études à compter de janvier. « On m’a (aussi) dit qu’on essayait de monter un projet et ça m’intéresse d’y participer. »

En attendant, Maryam s’adapte à son nouvel environnement et ça se passe bien. « Mais moi, j’aime bien découvrir », assure celle qui a bien sûr hâte de disputer des matchs. Pour l’instant, elle trouve que l’hiver québécois n’est pas trop froid.

Projet à long terme

Dans le projet à long terme des Couguars de former deux équipes, Philippe Hurtubise assure que les joueuses de la région seront bien sûr priorisées. « Notre objectif d’ici trois ans serait d’avoir 30 filles qui font du basketball au Cégep de Chicoutimi. Nous en aurions 20 de la région et dix de l’extérieur. Mais si on a plus de joueuses de la région qui sont du bon niveau, elles auront priorité. Notre objectif est de faire en sorte que chaque joueuse soit dans la bonne chaise. »

En attendant que la relève soit suffisante pour permettre de concrétiser le projet, les Couguars ont tendu des perches à l’extérieur du Québec. « Nous nous sommes aussi tournés vers le recrutement français parce qu’éventuellement, nous voulons former deux équipes, une de plus haut niveau et une équipe en division 3. L’objectif en allant chercher des filles de plus fort calibre à l’extérieur est de placer les filles de la région dans le bon niveau. Celles qui voudront faire du niveau plus élevé pourront le faire tandis que les filles qui veulent faire du basketball plus participatif vont aussi pouvoir le faire plutôt que de se retrouver sur le banc. »

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DU NOUVEAU-BRUNSWICK À CHICOUTIMI

Désireuse de poursuivre sa progression au basketball dans un milieu francophone, Ariane McGraw, qui vient de Dieppe au Nouveau-Brunswick, n’a pas hésité à effectuer des démarches auprès des cégeps du Québec pour réaliser son souhait. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée au Cégep de Chicoutimi où elle a fait sa place avec les Couguars.

Au Nouveau-Brunswick, les jeunes passent du secondaire à l’université. Or, comme il n’y a pas d’équipes de basketball à l’Université de Moncton et qu’elle ne voulait pas évoluer dans une université anglophone, elle s’est tournée vers le Québec. «Au secondaire, je voulais monter au collégial ou universitaire. J’ai fait des recherches et j’ai appelé plusieurs cégeps. J’avais communiqué avec le Cégep de Jonquière où on m’a dit qu’il n’y avait plus d’équipe féminine et de communiquer avec le Cégep de Chicoutimi (qui offrait le volet féminin). C’est le seul cégep qui m’a laissé une chance, alors je suis venue», résume l’étudiante en diététique qui aura 18 ans au cours des prochains jours.

Le calibre de jeu en division 2 lui plaît, tout comme le fait qu’elle a accès à des installations qui lui permettent de continuer à se développer. Une fois son collégial terminé, la jeune Néo-Brunswickoise rêverait d’aller jouer pour le Rouge et Or de l’Université Laval, «mais c’est dur de rentrer là», admet-elle. 

Évoluant à la position d’arrière (shooting guard), Ariane aimerait évoluer chez les professionnelles un jour. «Ce sera ‘‘tough’’ à atteindre, mais j’y travaille», assure celle qui sera certainement une bonne ambassadrice pour les Couguars auprès de ses anciennes coéquipières.