Mathis Lachance est le seul garçon de son équipe de cheerleading du Séminaire Marie-Reine-du-Clergé de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix.

De la gymnastique au cheerleading

Depuis qu’il arrive à se tenir debout, Mathis Lachance est passionné par les pirouettes, sauts et autres figures du genre. Celui qui a pratiqué la gymnastique pendant cinq ans consacre maintenant ses temps libres, depuis trois ans, au cheerleading.

Après un primaire plutôt houleux, le jeune homme de 12 ans a pris la décision de se tourner vers le Séminaire Marie-Reine-du-Clergé de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix. L’étudiant en secondaire I n’a pas hésité à poursuivre sa voie dans le sport qu’il pratique depuis la 5e année.

« Quand j’ai vu l’équipe, je me suis dit que ce serait cool », explique-t-il. Le jeune homme fut rapidement accueilli par sa nouvelle équipe qui, selon lui, « savait ce qu’il pouvait faire ».

« Il m’a texté pour me parler de l’activité parascolaire. Je lui ai demandé s’il était à l’aise, s’il était le seul garçon ? Alors, je lui ai dit de foncer », explique sa mère, Mélanie Gagné.

Mathis Lachance est habitué d’être le seul garçon parmi une équipe de filles. Lorsqu’il a débuté les cours de gymnastique, il n’y avait pas encore d’équipe masculine à Alma. En 5e année à l’école Saint-Joseph d’Alma, quatre garçons pratiquaient le cheerleading alors que seulement deux ont poursuivi en 6e année.

Pour la petite histoire, lors de ces premières compétitions, Mathis Lachance fut nommé athlète de son équipe. La récompense offerte était un t-shirt rose pour fille. Heureusement, les organisateurs ont rapidement trouvé une équivalence pour l’étudiant sportif. L’événement cocasse fait encore aujourd’hui sourire le jeune homme et sa mère.

L’adolescent de 12 ans a pratiqué la gymnastique pendant plusieurs années avant de se tourner vers le cheerleading.

Malgré la faible représentation masculine observable dans le cheerleading, Mathis Lachance ne s’est jamais découragé. Sa mère assure n’avoir jamais poussé son garçon. Elle le laissait vivre sa passion, sachant qu’il avait le talent pour le faire.

Si l’adolescent de 12 ans témoigne de sa passion pour le cheerleading, c’est pour offrir bien humblement un modèle. « J’en parle pour inciter d’autres gars qui seraient gênés d’en faire », explique-t-il.

Celui qui consacre plusieurs heures par semaine à sa passion a toujours pu compter sur le soutien familial. « Quand tu prends la décision de pratiquer un sport qui n’est pas la norme, il faut que tu l’assumes », soutient sa mère.

Mélanie Gagné explique que, dès son plus jeune âge, le benjamin de la fratrie était porté vers les acrobaties et la gymnastique. Elle se doutait bien que son fils ne se tournerait pas vers le traditionnel hockey. Celui-ci a d’ailleurs, pendant un bon moment, réclamé que son père lui construise une poutre de gymnastique à l’arrière de la maison.

Ensuite, ses demandes furent pour obtenir un trampoline. « On sait que c’est dangereux et que plusieurs personnes se blessent. Mais il passait tellement d’heures sur le trampoline installé au chalet. C’était l’unique raison, pour lui, d’aller au chalet pendant les congés », raconte Mme Gagné.

Celle-ci raconte que son fils fut la cible de plusieurs moqueries pendant son parcours primaire. Elle explique que tout s’est calmé après une démonstration de cheerleading à l’école. « Les jeunes ne savaient pas ce qu’il était en mesure de faire. »

Malgré cela, Mathis, que sa mère qualifie aimablement d’entêté, n’a jamais été tenté d’abandonner sa passion.