De bonnes nouvelles pour le monde du sport, mais quelques associations fragiles

Le milieu sportif régional s’est réjoui de l’annonce, mercredi, de la plus récente et plus imposante phase de déconfinement. Malgré les bonnes nouvelles, la crise pourrait laisser des traces, particulièrement chez les plus petites associations, reconnaît la directrice générale du Regroupement loisir et sports Saguenay-Lac-Saint-Jean (RLS), Annie Bigras.

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« C’est sûr que cette annonce-là était attendue depuis plusieurs semaines, on va dire ça comme ça », a-t-elle laissé tomber quelques heures après la conférence de presse de la ministre du Sport amateur Isabelle Charest et du directeur national de la Santé publique, Dr Horacio Arruda, qui en a surpris plus d’un par son ampleur, permettant notamment la réouverture des arénas et gymnases ainsi que les piscines en plus de permettre les matchs pour les sports extérieurs comme le soccer et le baseball à compter du 22 juin.

Sans avoir pris connaissance de tous les détails de l’annonce, mais pouvant tout de même s’exprimer sur les grandes lignes, Annie Bigras évoque que ce retour à une certaine normalité du sport va faire du bien à la santé mentale et physique, tant chez les jeunes que les moins jeunes.

Organisme à but non lucratif, le Regroupement loisir et sports assure notamment la concertation des sports et des loisirs, étant présente dans toutes les régions du Québec. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le RLS représente près d’une quarantaine d’associations sportives. Annie Bigras admet qu’au cours des dernières semaines, la question qui revenait le plus souvent dans les discussions concernait la fameuse date du retour des sports, soulignant beaucoup d’incompréhension dans les différentes directives et permissions.

Fragilisé

Mercredi, dans un communiqué publié en réaction à l’annonce gouvernementale, le directeur général de SPORTQUÉBEC, qui regroupe 63 fédérations sportives, a rappelé que le soutien financier sera crucial dans la reprise sportive, la crise ayant provoqué une diminution importante des sources de revenus, ce qui a fragilisé plusieurs organisations.

« C’est une crainte », admet Annie Bigras sur la situation actuelle, elle qui a fait partie de comités provinciaux sur la relance du sport où elle a fait ses représentations.

« Sans faire de mauvais jeu de mots, les plus faibles là-dedans sont ceux qui vont avoir le plus de misère à survivre à cette crise », souligne la directrice générale.

« Dans la région, j’ai même la crainte que certains sports disparaissent. Ce sont des sports qui n’avaient pas beaucoup d’athlètes et qui étaient déjà fragiles », met en contexte Annie Bigras. Sans nommer de sports en particulier, elle prend exemple de certaines associations régionales qui ont une vingtaine de membres et encore moins. En perdre quelques-uns en raison des effets de la COVID-19 aurait donc des conséquences importantes. Annie Bigras pointe également le besoin de bénévoles supplémentaires pour gérer l’aspect sanitaire, particulièrement pour ceux qui se déroulent à l’intérieur.

« Ce ne sont pas tous les sports qui sont en mesure de fournir des bénévoles supplémentaires et qui sont déjà à bout de souffle », note la directrice générale qui s’attend à plus d’affluence dans les prochaines semaines avec l’accompagnement pour la relance.

Jeux du Québec

Les Jeux du Québec, qui se déroulent tous les deux ans en alternance entre l’été et l’hiver, ont également un impact important. La Finale provinciale de Laval, qui était prévue cet été, a été reportée d’un an peu après le début de la pandémie et la même chose pourrait maintenant se produire avec la version hivernale de mars 2021 qui pourrait être déplacée à 2022. Les membres du conseil d’administration ont récemment fait une demande en ce sens, plaidant l’incertitude qui pourrait se faire sentir dans le processus de qualifications ainsi que le désir d’offrir des jeux avec des estrades pleines afin de ne pas diminuer l’expérience des jeunes sportifs. Ce report pourrait poser un casse-tête important avec les Jeux d’été 2022 qui sont également prévus au Bas-Saint-Laurent, cette fois à Rimouski.