Isaac Girard a offert une démonstration de son savoir-faire à la boxe en compagnie de son entraîneuse Carolane Séguin.

Dans le ring en fauteuil roulant

Isaac Girard est un véritable passionné de boxe. Même dans une chaise roulante, rien n’allait l’empêcher de monter dans le ring.

Le sympathique jeune homme a volé la vedette, samedi soir, lors d’un gala interrégional présenté par le Club de boxe olympique de Jonquière (CBOJ) dans ses locaux du Centre commémoratif Price. Dernier combat avant la pause, Girard a montré tout son savoir-faire lors d’une démonstration en compagnie de son entraîneuse et partenaire d’entraînement Carolane Séguin, qui l’a pris sous son aile.

Isaac Girard est atteint d’une maladie dégénérative, la polyneuropathie sensitivo-motrice, l’une des cinq maladies orphelines du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Depuis quelques années, il se déplace en fauteuil roulant, ce qui ne l’empêche pas de repousser les limites.

À sa demande, il a débuté la boxe, d’abord au Club de boxe de Chicoutimi, sous la gouverne de Jonathan Gauthier qui a dû quitter la région. Après une pause de quelques mois de recherches, il a repris l’entraînement l’an dernier.

« Avec ses limitations physiques, le sport est l’un des seuls moyens de maintenir le plus possible sa condition », explique sa mère Isabelle Tremblay, qui n’a jamais été inquiète que son fils pratique la boxe, son frère Hugo ayant déjà fréquenté le CBOJ.

« Au contraire, je trouvais ça bien. C’est un sport bien réglementé. Je savais que ce serait fait avec des limites et j’ai toujours un regard de mère », raconte-t-elle avec un sourire contagieux.

Le handi-boxe est une discipline bien réelle, particulièrement populaire en Europe, mais pas question d’un vrai combat pour Isaac, assure sa mère qui donne beaucoup de crédit aux responsables du club jonquiérois, dont Hubert Malaison.

« On a eu la chance de tomber sur Carolane. Ça prend des gens qui sont ouverts à l’accueillir », insiste Isabelle Tremblay qui ne manque pas d’éloges pour exprimer l’intégration de son fils au sein du club et l’encadrement dont il profite, lui qui se présente au gym environ une fois par semaine, selon sa forme, en plus de continuer un peu à la maison.

« Ça me touche que les gens soient aussi accueillants. Ce sont des relations d’aide à travers tout ça, ce qui me touche beaucoup. C’est vraiment super. Ça prend des gens généreux de le faire », rappelle-t-elle, précisant que son fils se trouve présentement dans une bonne période.

« On est vraiment un à un pour qu’on puisse travailler ensemble. On a vraiment développé une complicité à se voir chaque semaine », souligne également avec une énergie contagieuse Carolane Séguin, qui n’est pas peu fière de son jeune protégé avec lequel elle a développé une relation de confiance.

« Je suis contente, mais c’est lui qui a travaillé pour le faire », fait-elle valoir, notant son répertoire de plus en plus varié.

Isaac Girard s’adonne à son sport préféré, la boxe, depuis quelques années.

Aucune nervosité

Rencontré quelques minutes avant de monter dans le ring, Isaac Girard ne montrait pas le moindre signe de nervosité malgré la salle comble. « Il n’y a pas de stress. C’est vraiment l’fun », a-t-il confié, mentionnant qu’en plus de sa « coach » personnelle, il avait ses petits préférés, Esteban, Hubert, Charles, Alex, Florence et Jasmin.

« Je suis plus stressée que lui, avouait quant à elle sa mère. Pour lui, c’est l’excitation de monter dans le ring. Il est super heureux. Je pense que la fierté prend vraiment le dessus. »

« Je manque de places », a-t-elle annoncé en riant alors que plusieurs membres de la famille et amis se sont réunis pour être témoins de ce moment inoubliable.