Damian Blaum est un habitué de la Traversée internationale du lac Saint-Jean.

Damian Blaum, presque Jeannois

Damian Blaum est probablement l’Argentin le plus Jeannois de la planète. À sa 16e présence à Roberval, une première victoire se fait toujours attendre, mais il est strictement défendu de bouder l’hostilité des eaux du lac Saint-Jean pour autant.

«C’est toujours spécial de participer à la Traversée, a raconté l’athlète de 37 ans. C’est l’une des meilleures courses au monde, si ce n’est pas la meilleure. Je veux seulement faire de mon mieux et je sais qu’il y a de bons nageurs de partout dans le monde. Ça va être une course très intéressante parce que je sais que tous les nageurs sont très bien préparés.»

Le mode de vie de Damian Blaum a passablement changé au cours de la dernière année. Sa conjointe, l’Espagnole Esther Nunez Morera, dix fois partante au 32 km et gagnante en 2007, a donné naissance à une fille. La petite famille a fait le voyage à Roberval et le poupon est maintenant âgé de huit mois.

«Ma vie a changé un peu avec l’arrivée de mon enfant, a fait savoir Blaum. J’essaie de partager ma passion pour le sport avec ma famille. Je suis très heureux d’être ici et je veux que ma fille me voie terminer en force!»

Questionné à savoir si sa 16e traversée allait être sa dernière, Daniel Blaum a été catégorique. «No, no», a-t-il rétorqué en anglais.

«La première année que je suis venu à la Traversée, je me suis dit que je ne reviendrais jamais ici, parce que c’était beaucoup trop froid et que c’était de la folie. Finalement, je me dis que ce n’est pas si froid et je reviens toujours!»

Daniel Blaum a été plus qu’élogieux envers l’organisation de la Traversée internationale du lac Saint-Jean, mais également envers toute la culture québécoise.

«C’est la meilleure organisation au monde, a-t-il d’abord confié. C’est la course la plus professionnelle. J’adore le Québec, les gens, la vie et la nourriture ici. Si je n’avais pas à voyager régulièrement entre l’Argentine et l’Espagne, je déciderais probablement de venir habiter au Québec. C’est toujours un plaisir de venir ici.»

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SABRYNA LAVOIE: UN DERNIER TOUR DE PISTE

La sixième traversée du lac Saint-Jean à la nage de Sabryna Lavoie pourrait bien être sa dernière.

L’athlète de 25 ans laisse entrevoir la possibilité de délaisser le monde de la nage en eau libre à la fin de la saison. L’an dernier, la native de Saint-Bruno avait terminé septième chez les femmes au marathon de 32 kilomètres, 20e au total.

«J’aimerais suivre le peloton de tête et pouvoir égaler ma meilleure performance, une quatrième place réussie il y a deux ans, a rappelé Sabryna Lavoie, interrogé mercredi lors de l’enregistrement des nageurs. Un top-5 me satisferait aussi, mais je veux surtout être dans la être dans la course.»

La jeune femme a participé à différentes épreuves depuis le début de l’année, en plus de tester sa forme il y a deux semaines au Lac-à-Jim. À l’instar de plusieurs nageurs qui préfèrent patauger dans des eaux plus froides, la Brunoise était contente de voir que la température de l’eau du lac Saint-Jean était suffisamment chaude pour interdire le port de la combinaison thermique.

«Si l’eau est chaude, ça pourrait être à mon avantage», a convenu Sabryna Lavoie.

Sabryna Lavoie en sera à sa sixième traversée du lac Saint-Jean. Il pourrait bien s'agir de sa dernière tentative.

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PLACE AUX CHOSES SÉRIEUSES!

C’est maintenant l’heure des choses sérieuses dans le lac Saint-Jean. Dès 8h30 samedi, les 26 nageurs (15 hommes et 11 femmes) prendront le départ pour la 64e Traversée internationale du lac Saint-Jean. Ils sont attendus à Roberval en milieu d’après-midi, 32 kilomètres plus tard.

À moins qu’un iceberg ne tombe dans le lac Saint-Jean dans la nuit de vendredi à samedi, la température de l’eau devrait être assez chaude pour que le port de la combinaison thermique soit interdit.

Rappelons qu’au-delà des 20 degrés Celsius, la Fédération internationale de natation (FINA) n’autorise pas la combinaison pour les nageurs. Gagnant de la 63e édition, Guillermo Bertola avait eu un certain avantage l’an dernier en enfilant le fameux wetsuit. 

Le défi devrait donc être différent samedi pour l’Argentin, qui avait dit craindre l’eau froide.

Vendredi matin, le lac Saint-Jean était à plus de 21 degrés Celsius. Une dernière mesure sera prise dans le milieu du lac, deux heures avant le départ samedi.

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UN FRANÇAIS À SURVEILLER

Le Français Édouard Lehoux n’est peut-être pas le plus expérimenté des nageurs inscrits au marathon de 32 kilomètres de la Traversée, mais il fait sans contredit partie des prétendants au titre.

Le nageur de 24 ans a terminé huitième l’an dernier, après une quatrième place il y a deux ans. Le membre du Rouge et or natation de l’Université Laval depuis quatre ans croit fermement en la victoire, même s’il sait très bien que bien des choses peuvent se passer dans le Piékouagami.

«J’aborde vraiment la compétition sereinement, j’attends de voir ce que ça va donner, a soutenu le Français. J’ai fini deuxième au Lac-à-Jim (derrière Xavier Desharnais) et c’est de bon augure pour la suite.»

Édouard Lehoux a aussi terminé deuxième au 25 km du Championnat de France de nage en eau libre, au début du mois de juin. Bref, la confiance règne.

«Les courses sont de plus en plus serrées, donc la stratégie est de s’économiser au maximum afin d’aller le plus vite à la fin et de toucher la plaque en premier», a annoncé Lehoux. 

Édouard Lehoux a la ferme intention de s'imposer, samedi, au marathon de 32 km.