Le commissaire de la LHJMQ Gilles Courteau.

Crise diplomatique à l’horizon

Ça sent la crise diplomatique à plein nez. La prochaine édition d’Équipe Canada junior pourrait ne miser sur aucun joueur de la LHJMQ!

Parent pauvre des trois circuits canadiens quand vient le temps de confectionner cette équipe nationale, la LHJMQ a quand même toujours eu au moins un représentant. Cette fois par contre, il n’y a eu que deux de ses représentants invités au camp estival. Deux sur 41 laissez-passer! Et ces deux surdoués, Samuel Girard et Pierre-Luc Dubois, ont réussi jusqu’à maintenant à s’accrocher à un poste dans la LNH à 19 ans. 

«Il peut encore se passer bien des choses d’ici à la sélection finale de l’équipe», mentionne le commissaire Gilles Courteau, conscient que c’est un sujet sensible au Québec. «Girard et Dubois pourraient revenir junior, par exemple. L’absence des joueurs qui seront encore dans la LNH ouvrira la porte à d’autres joueurs. Je suis convaincu qu’il y aura au moins un joueur de la LHJMQ au sein de l’équipe. Impossible qu’on soit blanchi», tranche-t-il.

Même s’il y a un ou deux joueurs qui se faufilent dans l’équipe qui sera assemblée pour une deuxième année d’affilée par Dominique Ducharme et Joël Bouchard, ça reste bien mince comme contribution si on compare aux effectifs de l’Ontario et de l’Ouest. 

Il fut un temps où on expliquait cet écart par les résultats au tournoi de la Coupe Memorial. Si les champions de la LHJMQ n’arrivaient pas à s’imposer au championnat de fin de saison, c’était un signe évident que notre hockey était inférieur aux deux autres ligues, non? Depuis que les Prédateurs de Granby ont mis fin à une longue disette en 1996, il faut chercher ailleurs. Au cours des 22 dernières campagnes, ce tournoi a été gagné sept fois par les champions de la LHJMQ.

Il n’y a pourtant pas de tendance à la hausse dans les effectifs d’Équipe Canada junior durant cette période. Pour plusieurs, c’est la preuve qu’il y a discrimination. Courteau, qui veille aux intérêts de la LHJMQ depuis plus de trois décennies, jure que c’est un mythe. «À mon arrivée en poste, j’ai monté au front, j’ai posé bien des questions. Je n’ai rien trouvé de problématique. Quand tu es impliqué de près, tu vois que tout est fait de la bonne façon. Les entraîneurs choisissent les meilleurs éléments à leurs yeux, en fonction de gagner le championnat. C’est la seule chose qui motive les décisions», affirme Courteau.

Bien sûr, ce dernier sait compter. Il ne peut nier que son circuit est celui – et de loin – qui produit le moins de joueurs pour Équipe Canada junior. Une partie des raisons vient peut-être de quelques rendez-vous manqués, confie-t-il. «Pour une raison ou pour une autre, chaque fois que nous avons eu un groupe important au sein de l’équipe, le Canada n’a pas été en mesure de ramener la médaille d’or», rappelle Courteau. «Disons que ça aurait pu aider nos joueurs si le scénario avait été différent. Espérons que cette tendance va virer de côté la prochaine fois que ça va se produire. Au dernier championnat du monde des moins de 18 ans, nos gars ont très bien performé et le capitaine était Joe Veleno. C’est prometteur pour le futur.»

Peut-être à moyen terme. Vrai que la cuvée des joueurs de 16 et 17 ans dans le circuit semble solide. On verra bien. En attendant, Courteau aura bien des micros sous le nez en décembre prochain si jamais son circuit est, pour la première fois de l’histoire, tristement blanchi.

EN HAUSSE: les Wildcats

Le cap des 10 matchs dans la LHJMQ est passé et surprise, ce ne sont ni les Tigres, ni l’Armada, ni le Titan qui coiffent le classement général. L’honneur revient plutôt aux Wildcats de Moncton, qui ont opéré tout un virage durant la saison estivale. Cette équipe a eu assez des doigts d’une main pour compter son nombre de victoires après Noël l’an dernier, alors que le directeur-gérant Roger Shannon avait transigé tous ses vétérans. Voilà que deux semaines avant l’Halloween, les Wildcats en revendiquent huit en 11 sorties!

Au cœur de cette reconstruction, il y a la recrue de 16 ans Jakob Pelletier, héros des dernières séries dans le midget AAA. Alexis Lafrenière, premier choix au total, reçoit beaucoup de publicité mais ne perdez pas de vue Pelletier, un vrai dynamo qui totalise déjà 12 points. Son coéquipier Mika Cyr impressionne lui aussi avec une récolte de 19 points, ce qui le place au sommet des marqueurs dans la ligue. 

Il faut aussi noter le brio de l’ex-Cataractes Nicholas Welsh, meilleur marqueur chez les défenseurs de la LHJMQ. Welsh a quitté Shawinigan comme compensation future pour obtenir Cameron Askew la saison dernière. L’une des rares transactions dans la carrière de Martin Mondou qui le fait mal paraître. À sa défense, Welsh avait demandé une transaction depuis deux ans afin de terminer sa carrière junior dans les Maritimes. Reste que le joueur obtenu pour ses services ne livre pas du tout la marchandise depuis son arrivée en Mauricie. 

Chiffre de la semaine: 75 000 $

C’est le montant que la LNH va offrir aux Cataractes, si Samuel Girard passe la saison dans la LNH. Une somme qui paraît peu élevée en comparaison aux revenus potentiels dont seront privés les Cataractes si leur grande vedette reste à Nashville. 

«La somme versée aux équipes juniors dans ce cas précis a été majorée il y a quelques années. C’est une bonne entente, même si aucun montant ne peut réellement compenser une perte aussi importante pour les Cataractes. C’est souvent un double sentiment qui nous habite quand ce genre de chose arrive. Bien sûr, nous sommes contents pour le jeune, et fiers de son développement. En même temps, nous sommes déçus pour les partisans, qui perdent plus rapidement que prévu une attraction», souligne Gilles Courteau.