En 2016, Jeff Gagnon a complété le marathon de la Grande muraille de Chine.

Conquérir le Machu Picchu à la course

En plus de courir pour amasser des fonds pour deux causes locales, Jeff Gagnon vivra une expérience privilégiée le 7 juin alors qu’il participera à un marathon très sélect sur le célèbre Machu Picchu, au Pérou.

Avantageusement connu au sein de la communauté de Roberval, Jeff Gagnon n’en sera pas à une première expérience internationale. En 2016, il était devenu le huitième Québécois à franchir le fil d’arrivée d’un marathon sur la Grande muraille de Chine, lors de la 17e édition de l’événement. Cette fois, ils ne seront qu’une vingtaine à prendre le départ, dont trois Canadiens pour le marathon considéré comme le plus difficile au monde. Deux épreuves ont lieu annuellement (un autre en août) et regroupent un total de 44 personnes ! 

« C’est une condition des responsables du service de tourisme au Pérou pour ne pas détériorer le site. Au fil des ans, ils se sont aperçus qu’il commençait à avoir de la pollution et des déchets. Ils veulent essayer de corriger la situation », explique Jeff Gagnon qui a été aidé par une agence américaine dans ses démarches. Il a également dû passer par un processus de sélection et son expérience l’a favorisé pour obtenir l’une des rares places. Il s’est également levé en plein milieu de la nuit afin de s’assurer de s’inscrire le plus tôt possible. Les inscriptions étaient complètes huit mois avant la tenue de l’épreuve. 

Préparation

Le marathon du Machu Picchu n’a rien d’un marathon conventionnel. Le site, davantage reconnu pour la randonnée pédestre (trekking), affiche un parcours très accidenté et beaucoup de pentes ascendantes. Le record des 21 ans d’histoire de l’épreuve est de 6 h 30, soit pratiquement quatre heures de plus qu’un marathon ordinaire sur la route.

« Ce n’est pas un chemin de béton. C’est vraiment de la pierre », annonce Jeff Gagnon en parlant du plus important défi de sa carrière, lui qui en sera à son quatrième marathon en une dizaine d’années, mais qui est un adepte de la course à pied depuis 1988. « Si ça prend autant de temps, c’est que tu ne peux pas courir au complet les 42 kilomètres. Il y a certainement beaucoup d’endroits et de longues distances où tu dois marcher parce que c’est trop dangereux ou trop à pic. J’en suis convaincu », mentionne-t-il.

Pour se préparer à de telles conditions, l’enseignant de français au secondaire à Obedjiwan s’est donné un entraînement très intense, avec quatre sorties par semaine avec au moins une longue distance par mois. Il planifie également une randonnée d’entre 85 et 100 kilomètres en mai. 

Bonnes causes

Jeff Gagnon fera une pierre deux coups alors qu’il profitera de son périple pour amasser des fonds pour de bonnes causes. Celui qui a fondé le Pied-thon Jeff Express s’est associé avec le propriétaire du P’tit bar, Sylvain Leclerc, afin d’appuyer deux organismes, la Maison des jeunes de Roberval, pour venir en aide à des familles avec des difficultés financières, ainsi que la maison de fin de vie le Havre du Lac-Saint-Jean.

Pour chaque mention « J’aime » sur son statut sur le réseau social Facebook, Jeff Gagnon remettra personnellement 5 $ pour la cause et invite les personnes concernées à faire de même. Il espère atteindre le chiffre magique des 200 « J’aime », ce qui donnerait environ 1000 $ comme montant de départ.

Deux activités de financement seront également organisées à son retour, soit un souper spaghetti, et la semaine suivante, un événement Barman d’un jour, où le montant final sera dévoilé.

Il espère dépasser le cap des 5000 $, ce qui serait un record pour lui. Ces causes lui procurent également une motivation supplémentaire dans son aventure. « Je me concentre vraiment là-dessus. En Chine, c’était vraiment les jeunes qui allaient en bénéficier qui étaient importants. Ça m’a vraiment donné une bonne poussée dans le dos pour compléter la course. Après, je passe tout un bel été comme récompense », exprime Jeff Gagnon. 

Composer avec la montagne et l'altitude

Non seulement Jeff Gagnon devra composer avec la montagne et un parcours accidenté au Pérou, mais il devra également combattre les effets de l’altitude. 

Le Robervalois arrivera sur place une dizaine de jours avant l’épreuve et mettra en place un plan précis afin de s’acclimater. Le point le plus haut, à mi-parcours, se trouve à 13 000 pieds (4200 mètres), ce qui correspond à la moitié du mont Everest. À cette altitude, on retrouve seulement 58 % d’oxygène dans l’air. « J’ai demandé à des gens qui y sont déjà allés et pour ceux qui font de l’effort physique, ça peut se traduire par de la fatigue accélérée ou des étourdissements. Ça dépend vraiment de la physionomie et du système immunitaire de chaque personne pour pouvoir endurer ces symptômes d’altitude », signale Jeff Gagnon. 

« J’ai l’impression que ce sera le défi. Ce ne sera pas la distance en tant que telle, parce que 42 kilomètres, je suis habitué. J’ai vraiment hâte de voir les conditions et l’environnement. Est-ce que je vais être capable de bien m’habituer à l’altitude ou vais-je avoir des étourdissements ? », se demande-t-il, précisant qu’il devra se convaincre de ne pas trop pousser la machine lors du jour J, surtout dans les premiers kilomètres. « Mon défaut, c’est que souvent je pars comme une bombe et après 30 kilomètres. C’est ce qui m’est arrivé en Chine. J’ai dû me parler sérieusement et m’autoflageller. Pourtant, je n’ai pas à m’énerver et partir en peur parce que normalement, je termine toujours dans le milieu du peloton, rappelle Jeff Gagnon. Je suis très confiant. Quand je me prépare sérieusement pour une course, ça se passe bien. Je ne vais pas là en touriste. Je penserai à m’amuser après. Je vais avoir en arrière-pensée et comme source de motivation que je le fais pour des gens et des jeunes surtout. »

Voici le parcours en format cartographique, ce qui démontre bien l’altitude pour les participants au marathon du Machu Picchu.