Le receveur Malcolm Carter (à gauche) avait bien raison de féliciter le quart Vernon Adams fils à Ottawa samedi.

J’aime ce qu’on devient

CHRONIQUE / Petit train va loin, comme on dit. Nous venons de remporter nos deux derniers matchs et nous sommes présentement à égalité avec le Rouge et Noir d’Ottawa au deuxième rang de la section Est de la Ligue canadienne de football.

À Ottawa, nous avons joué un sapré bon match de football. Nous avons été dominants dans les trois grandes phases du jeu : en attaque, en défensive et sur les unités spéciales.

J’ai toujours eu un bon feeling par rapport à notre équipe et je pense que, tranquillement, les gens commencent à croire en nous. Et nous, nous croyons de plus en plus en nos chances de succès.

Les gens parlent beaucoup de Khari Jones, qui a remplacé Mike Sherman au pied levé tout juste avant le début de la saison. Ils en parlent… avec raison.

Jones est véritablement en train d’imposer son style et son image à cette équipe. Il est positif, il est enthousiaste, il travaille fort et les gars ont envie de le suivre. Ça paraît qu’il a joué dans cette ligue. Il connaît la game de la LCF.

On commence à avoir une identité. Celle d’une équipe qui a une attaque équilibrée, qui joue du football très physique et qui ne lâche pas. J’aime ce qu’on devient.

Samedi, nous avons rendez-vous avec les Eskimos au stade Percival-Molson. Ce ne sera pas facile, mais on est capables de sortir de là avec les deux points. Malgré la défaite, nous n’avions pas joué un mauvais match à Edmonton en ouverture de saison. Et notre identité n’était pas aussi claire qu’elle l’est aujourd’hui.

En passant, je me permets de souligner que les Alouettes invitent les gens à apporter des denrées non périssables au stade samedi. En collaboration avec Purolator, l’équipe veut aider à combattre la faim dans le grand Montréal. Ça n’a pas de lien direct avec notre région, allez-vous me dire, mais nous sommes tous sensibles aux gens dans le besoin, qu’importe où ils vivent.

Kavis Reed

Je sais, je sais, vous attendez juste que je vous parle du congédiement du directeur général Kavis Reed. Je vais vous en parler !

Je vais vous en parler, mais ne vous attendez pas à ce que je parle de lui en mal. Car voyez-vous, si je porte aujourd’hui les couleurs des Alouettes, l’équipe de chez nous, c’est grâce à Reed, qui m’a offert un contrat lorsque j’étais joueur autonome l’hiver dernier.

Je sais que l’homme était contesté, qu’il n’avait pas un gros fan-club. La direction de l’équipe a parlé « d’erreurs administratives » pour expliquer son renvoi. Très honnêtement, je n’ai pas d’informations privilégiées à ce sujet, je n’ai pas de scoop pour vous.

Certains journalistes ont affirmé que Reed aurait tenté de « jouer » avec le plafond salarial. Peut-être. Pendant les quatre années que j’ai joué dans l’Ouest, j’ai entendu plein de choses au sujet des équipes riches de la ligue qui auraient tenté ou qui tenteraient de jouer avec le plafond. Évidemment, personne n’a jamais de preuves de rien.

Survenu quelques heures à peine après notre deuxième victoire de suite, le timing du congédiement de Reed avait de quoi surprendre, c’est vrai. Mais il se passe plein de choses dans l’organisation présentement, tout le monde le sait. Des choses qui sont bien en haut de nous, je vous le dis à nouveau. Car je le répète, nous, les joueurs, ne sentons rien dans le quotidien de l’équipe.

Ça brasse dans l’organisation, mais notre travail à nous, sur le terrain, c’est de gagner des matchs. Et nous venons d’en gagner deux de suite. Nous faisons notre travail. Et c’est en gagnant que l’organisation va retrouver le lustre qui l’a caractérisée pendant des années et des années.

Propos recueillis par Michel Tassé