Les modifications proposées sur la Loi des pêches par le ministère Pêches et Océans Canada protégera mieux les poissons et leur habitat. Sur la photo, le jeune Derian Houde pose avec son premier sébaste capturé dans les eaux de la baie des Ha! Ha!

Une loi pour protéger les poissons

Le 6 février dernier, le ministère Pêches et Océans (MPO) Canada a proposé des modifications pour moderniser la Loi sur les pêches. Ces modifications visent une meilleure protection des espèces halieutiques et leur habitat. En 2012, le gouvernement conservateur avait retiré la protection des habitats de la Loi pour la seule protection des espèces ayant une valeur commerciale et/ou récréative. Le fédéral propose donc de protéger les écosystèmes dans leur ensemble.

Parmi l’ensemble des modifications proposées, il y a la possibilité de rapidement mettre en place des mesures à court terme pour réagir aux menaces subies par les poissons qui peuvent survenir soudainement. Cette mesure pourrait notamment favoriser les interventions à l’égard du bar rayé dans le Saguenay.

Cet été, les gestionnaires de rivières à saumon tributaires du fjord avaient manifesté des inquiétudes alors que des bars rayés avaient remonté les rivières, un phénomène jamais observé auparavant. Les gestionnaires et les biologistes de la région auraient bien aimé capturer des bars pour analyser le contenu de leur estomac et voir s’ils se nourrissaient de saumoneaux.

Le Comité sur les espèces en péril au Canada (COSEPAC) considère le bar comme une espèce en voie de disparition et chaque spécimen capturé accidentellement. Il est interdit de le pêcher et il doit obligatoirement être remis à l’eau. Avec la mise en place de mesures à court terme pour intervenir, les gestionnaires pourraient probablement obtenir des permis scientifiques de la part du MPO pour capturer des spécimens à des fins scientifiques. Les bars rayés avaient quitté les rivières à saumon avant même qu’ils aient la permission d’intervenir.

Des codes de pratique permettront de fournir des avis aux promoteurs sur la manière d’éviter les impacts sur les poissons et leur habitat. À cet égard, il serait grandement le temps d’obliger les pêcheurs aux poissons de fond sur le fjord du Saguemay à déclarer leur prise, comme cela se fait dans les zecs du Québec. L’organisme Contact nature devrait même établir cette politique de déclaration obligatoire avant que le fédéral impose une telle mesure. Ces données pourraient être très utiles aux biologistes et aux gestionnaires. Ainsi, on pourrait savoir de manière plus précise combien il se capture de sébastes, de morue et de flétans.

Au bout de la ligne

Gros gibier dans les réserves fauniques

Depuis le 15 février, les réservations pour les séjours de chasse au gros gibier dans les réserves fauniques sont disponibles pour le grand public. Les chasseurs qui n’ont pas participé aux tirages au sort afin de se prévaloir d’un séjour de chasse à l’orignal ou au chevreuil dans un très bon secteur peuvent mettre la main sur des disponibilités de grande valeur dans certaines réserves fauniques. Les réservations se font à compter de 9 h, par téléphone au 1 800 665-6527. L’exclusivité des secteurs de chasse, dont la superficie moyenne atteint 66,52 km2 pour la chasse à l’orignal et 23,52 km2 pour la chasse au cerf de Virginie, assure aux chasseurs une expérience de chasse en toute sécurité. 

PROGRAMME AGIR POUR LA FAUNE

Les gestionnaires d’activité faunique peuvent profiter du nouveau programme d’aide financière de la Fondation de la faune du Québec qui vise à soutenir des actions de conservation des habitats fauniques et et de les mettre en valeur. Il vise également à susciter leur engagement et leur soutien dans la conservation, la restauration et l’aménagement des habitats fauniques dans divers milieux naturels. Les promoteurs intéressés à soumettre leurs projets doivent le faire d’ici le 29 mars 2018 .

Tarification des rampes de mise à l’eau

L’accès aux plans d’eau publics est un grave problème au Québec. Même si le phénomène n’a pas encore affecté de manière significative le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les membres de l’Association des pêcheurs sportifs du Québec (APSQ) sont déterminés à mettre un frein à cette tendance de privatisation des plans d’eau. Ils ont en effet voté une résolution visant à mandater un cabinet d’avocats afin de mettre en demeure les municipalités de Barkmere (Lac-des-Écorces) et Ivry-sur-le-Lac (Lac Manitou) d’abroger plusieurs règlements servant à restreindre l’accès aux non-résidents de leur municipalité sous des prétextes environnementaux.

L’Association des pêcheurs sportifs du Québec invite la population à soutenir ses démarches légales en contribuant à la campagne de financement sur le site de l’association au www.apsq.ca. Plus l’association aura d’argent, plus elle sera en mesure de poursuivre d’autres municipalités qui contreviennent à la loi. « Plusieurs municipalités poussent même l’audace à demander un paiement unique variant de 300 $ à 600 $ pour la saison. C’est le cas pour les villes de Repentigny, Varennes, Verchères et Contrecœur. Plusieurs municipalités des Basses-Laurentides vont jusqu’à interdire l’accès en chargeant des tarifs quotidiens allant de 300 $ à plus de 500 $. Il va sans dire qu’àces prix, il n’y a pas grand monde qui va y mettre leur embarcation à l’eau. Ce fléau se répand tranquillement aux régions de l’Outaouais, Lanaudière, Centre-du-Québec et Québec », indique l’organisme dans un communiqué. Roger Blackburn

Moins de permis de pêche

Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de faune, Sylvain Roy, s’est adressé au ministre des Forêts de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, au sujet de la baisse des permis de pêche au Québec. Il a fait remarquer au ministre qu’en 2017, il s’est vendu 83 000 permis de moins qu’en 2013.

À mon avis il ne faut pas s’énerver avec ça, car depuis 20 ans le nombre de permis de pêche vendus au Québec oscille entre 659 000 et 729 000. De nombreux jeunes ont leur permis de pêche gratuit jusqu’à l’âge de 18 ans. Cet hiver, la pêche hivernale se pratique sans permis au Québec, des mesures qui expliquent en partie la baisse du nombre de permis vendus.

Ce qui m’étonne le plus dans l’histoire des permis de pêche, c’est que le ministère n’est pas capable de nous dire qui sont les pêcheurs : combien d’hommes, combien de femmes, combien de moins de 18 ans, le nombre de permis par région, etc. La vente de permis de pêche contient des informations précieuses, mais qu’on ne se donne pas la peine de documenter, c’est le temps que ce ministère se modernise un peu. Roger Blackburn

Année Nombre de permis

2017 647 945

2016 680 691

2015 693 317

2014 719 554

2013 728 719

2005 659 000

1999 712 000