Sylvain Roy, porte-parole de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale des Forêts, de la Faune et des Parcs.

Une industrie sous-exploitée

CHRONIQUE / Le porte-parole de l’opposition officielle responsable des Forêts, la Faune et les Parcs à l’Assemblée nationale, Sylvain Roy, député du Parti québécois dans Bonaventure en Gaspésie, était de passage dans la région cette semaine dans le cadre d’une tournée provinciale pour prendre le pouls de la population et des amateurs de chasse et pêche en matière de gestion de la faune, en vue des prochaines élections provinciales.

Quand je l’ai rencontré dans les bureaux du Progrès jeudi, il avait déjà fait le tour de sept régions du Québec.

«Ce que je constate, sur le terrain, c’est que les activités de chasse et de pêche ne sont pas considérées comme des activités économiques par le gouvernement. Les secteurs de la faune sont laissés de côté comparativement aux activités forestières et minières par exemple», a lancé le député qui est lui-même un chasseur et un pêcheur.

Pour Sylvain Roy, l’augmentation des baux de villégiatures en forêt est démesurée. «Dans mon coin, ça va coûter 3000 $ par année pour avoir un camp de pêche, pas d’eau, pas d’électricité, c’est trop coûteux, les gens vont délaisser ces activités», présume le politicien.

Le député de Bonaventure trace un portrait assez sombre de l’industrie de la chasse et de la pêche au Québec. «Les zecs sont abandonnées par le ministère en terme de développement et leurs réseaux routiers sont en mauvais états. L’augmentation du prix des permis de chasse et pêche n’a pas été réinvestie dans le domaine de la faune, on aurait dû réinvestir au moins cinq millions $ et cela c’est sans compter que les agents de protection de la faune sont confinés dans leur bureau à faire des tâches administratives. Ils ont la consigne de ne pas dépenser d’argent et d’utiliser le moins possible les équipements», dénonce Sylvain Roy.

Chasse au caribou dans les pourvoiries

Le député de Bonaventure a fait une sortie en conférence de presse le mois dernier en compagnie de la fédération des pourvoiries du Québec et de Jean Tremblay, propriétaire d’Air Saguenay dans le dossier de la chasse au Caribou dans le nord du Québec. «Nous avons lancé un cri d’alarme au ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, comme quoi la survie de ces entreprises était en danger, mais rien n’a été fait depuis ce temps», déplore le député d’opposition.

Il  fait le tour de plusieurs dossiers, dont la présence du bar rayé dans le Saguenay. «Nous avons permis la pêche du bar rayé en Gaspésie, les pêcheurs peuvent en conserver deux. Des pressions devraient être faites pour financer les recherches afin de permettre de pêcher le bar rayé le plus rapidement possible dans le Saguenay si la ressource le permet», dit-il.

Sylvain Roy se dit également favorable à la mise en place d‘une aire faunique communautaire pour gérer les activités de pêche sur le Saguenay. «Ce qu’on entend sur le terrain c’est que les organismes de la faune disent ne pas avoir d’écoute auprès du ministère pour les dossiers qui les concernent».

Le député péquiste n’est pas d’accord avec l’interdiction de l’utilisation des poissons-appâts. «Il aurait fallu certifier des entreprises avec des normes de traçabilité, au lieu d’interdire l’utilisation. La gestion par précaution témoigne du manque de connaissance de la part des gestionnaires», dit-il.

Sylvain Roy considère également que le ministère vit à l’âge de pierre sur le plan de l’informatisation. «En 2017, nous ne sommes pas capables d’acheter des permis de pêche en ligne. Les données statistiques sur l’achat des permis et des certificats du chasseur ne sont pas à jour», déplore-t-il.

Le porte-parole en matière de faune dit avoir 17 propositions à mettre sur la table pour redonner à l’industrie de la chasse et de la pêche ses lettres de noblesse, dont un Centre de recherche en économie faunique pour maximiser les retombées économiques de ce secteur d’activité.

Sylvain Roy avoue, au coeur de sa tournée provinciale, que les dossiers de chasse et pêche ont beaucoup plus d’écoute et d’impact dans les régions du Québec qu’à Montréal et il le constate régulièrement en parcourant les médias régionaux et les réseaux sociaux.

Au bout de la ligne

Relève de la pêche blanche

Plus de 2300 jeunes de 9 à 12 ans seront initiés à la pêche blanche lors d’activités organisées dans le cadre du programme Pêche en herbe, nous informe la Fondation de la faune du Québec, qui met en place ces activités avec le soutien financier des magasins Canadian Tire. Depuis sa création en 1997, le programme Pêche en herbe a permis d’initier à la pêche plus de 287 000 jeunes, dont 29 000 à la pêche blanche. Chaque jeune pêcheur recevra un certificat qui lui servira de permis de pêche jusqu’à l’âge de 18 ans. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, deux activités sont prévues, la première sera organisée par Contact Nature Rivière-à-Mars sur les glaces de La Baie le 3 février 2018 et la seconde est organisée par le Club récréatif de Vauvert de Dolbeau-Mistassini le 10 mars.

Prêt-à-camper à la SÉPAQ

La Sépaq nous informe qu’elle lancera, l’été prochain, un tout nouveau modèle de prêt-à-camper dans certains endroits du réseau des parcs et des réserves fauniques. Après dix années de partenariat avec l’entreprise Huttopia, la Sépaq a développé sa propre vision du camping clés en main. Ce nouveau modèle propose un hybride entre la tente et le chalet. Plus de hauteur, plus de capacité d’accueil et de rangement, mais occupant une même superficie au sol. Six personnes pourront utiliser les trois lits doubles.

Entreposage sécuritaire des armes à feu

La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs vient de lancer une campagne de sensibilisation avec l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) pour s’assurer que les propriétaires de fusils et de carabine remisent leur arme sous clé. Il s’agit d’une initiative qui a pris naissance au Saguenay-Lac-Saint-Jean il y a une quinzaine d’années. Le CPS 02 offrait gratuitement des verrous de pontet pour arme à feu dans le cadre de cette campagne de prévention. Les chiffres en région révélaient qu’un suicide sur trois par arme à feu est commis avec une arme qui n’appartenait à la victime. C’est donc cette personne sur trois que le remisage sécuritaire d’une arme permet de sauver la vie. Une arme à feu est sécuritaire entre les mains d’un chasseur, mais il faut éviter que les autres personnes, à la maison ou au chalet aient accès aux armes, d’où l’importance de les remiser sous clés et de laisser les clés dans un autre endroit. www.securitearmeafeu.info.