Gilles Brassard effectuera son dernier mandat à la tête de la Fédération des chasseurs et des pêcheurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Un dernier mandat pour Gilles Brassard

CHRONIQUE / Le président régional de la Fédération des chasseurs et pêcheurs (FDCP), Gilles Brassard, terminera un dernier mandat au sein de l’organisme après 40 ans d’implication bénévole. Il en fera l’annonce samedi, lors du congrès annuel du rassemblement de chasseurs et pêcheurs, qui se déroule aujourd’hui au Motel Cascades d’Alma.

«Le monde de la chasse et de la pêche a considérablement évolué en 40 ans. Nous avons vécu la fin des clubs privés et l’évolution des mentalités. On se souviendra des parades de panaches sur les capots des véhicules à Dolbeau, on ne pourrait plus faire ça aujourd’hui. On m’a raconté que les chasseurs du Club Carcajou à Alma prenaient des paris à l’ouverture de la chasse et que les chasseurs qui revenaient bredouilles devaient se promener en pyjama dans les rues d’Alma avec leur carabine autour de la taille», se rappelle celui qui s’est impliqué dans tous les dossiers de la faune régionale.

«Nous avons participé au plan de gestion de l’orignal qui est un succès aujourd’hui, comme en témoignent les résultats de chasse chaque année. Nous avons participé à l’élaboration de la première aire faunique communautaire avec la Corporation LACtivité pêche au lac Saint-Jean, nous avons été présents dans les débats sur les registres d’armes à feu, nous avons favorisé les activités pour la relève et pris en charge la formation des chasseurs avec les cours pour l’obtention du certificat du chasseur», résume le président lors d’une entrevue téléphonique en prévision du congrès annuel.

Emblème animalier

Gilles Brassard et son complice de la première heure, Marcel Simard, ont milité au sein de la fédération provinciale pour faire avancer les dossiers fauniques en plus de mobiliser les forces régionales durant ces 40 dernières années. J’ai personnellement siégé avec Gilles Brassard au comité pour faire de la ouananiche l’emblème animalier régional. En avril, on célébrera d’ailleurs le 30e anniversaire de la reconnaissance de ce saumon d’eau douce comme emblème. Je vais revenir sur le sujet dans quelques semaines.

Le congrès de samedi comporte d’ailleurs de nombreux sujets de discussion pour les représentants des 20 associations de chasseurs et pêcheurs de la région qui participent à l’événement. La Coalition de la gestion du bar rayé qui regroupe 11 organismes, la création d’une aire faunique communautaire sur la rivière Saguenay, la fermeture de la chasse au caribou migrateur et la mise en ligne d’une version du cours d’initiation à la chasse avec arc et arbalète (ICAA) à partir de 2021, suivi en 2023 par le cours ICAF (initiation à la chasse avec arme à feu), feront entre autres partie des discussions. 

«La fermeture de la chasse sportive au caribou migrateur le 1er février démontre un éminent manque de leadership dans la mise en valeur de cette ressource. Selon nous, d’importantes influences politiques ont orienté cette décision; le gouvernement réserve-t-il le Nord aux autochtones ?» s’interroge l’organisme dans le document de présentation.

Au début des années 1980, le Club panache de Dolbeau organisait une grande parade de panaches dans les rues, une activité qui ne pourrait plus se faire aujourd’hui.

Cours en ligne

«Nous avons reçu l’obligation de la part du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs de mettre en ligne des versions électroniques des cours pour l’obtention du certificat du chasseur. Ces nouvelles options ne remplaceront pas les cours en salle, qui continueront d’être offerts, mais des examens se feront en présence d’examinateurs. Il n’est pas prévu que les candidats soient évalués par Internet, c’est-à-dire sans la présence d’un moniteur ou d’un examinateur», explique Gilles Brassared qui présentera le dossier aux membres.

La possibilité de suivre ces cours en ligne représente des enjeux monétaires importants pour la fédération et les associations régionales. Les organismes devront négocier avec le gouvernement pour s’assurer que les fonds soient répartis adéquatement entre les associations régionales et organismes montréalais.

La fédération annoncera également que la Fête de la chasse sera de retour du 3 au 5 août 2018 à la Pulperie de Chicoutimi. Cet événement qui a pris naissance au Lac-Saint-Jean, il y a quelques années, vise à faire la promotion de cette activité pratiquée par plus de 30 000 personnes dans la région alors qu’il s’est vendu plus de 177 000 permis de chasse au Québec en 2017.