Sépaq Anticosti a installé 80 caches de chasse de ce modèle. Une fabrication de cachedechasse.com.

Séjour allongé à Anticosti

CHRONIQUE / Sépaq Anticosti a recruté 400 nouveaux chasseurs de chevreuil cet automne avec l'implantation d'un nouveau forfait comprenant six jours de chasse au lieu de quatre. En septembre et octobre, la chasse peu parfois être difficile et deux jours de plus pour chasser risquent d'augmenter les chances de succès. Les chasseurs ont répondu présents.
Un mâle de sept pointes récolté à la chasse fine sur le territoire de McDonald à Sépaq Anticosti.
Pour le directeur de Sépaq Anticosti, Michel Trelfal, il s'agit d'une excellente initiative qui plaît aux chasseurs. « Lors d'un court séjour en septembre ou en octobre, les chevreuils de l'île n'ont pas le même comportement qu'en novembre alors qu'ils sont en rut et se déplacent beaucoup plus sur le territoire. Il arrive parfois des journées consécutives de vent et pluie qui rendent les conditions de chasse plus difficiles, les chasseurs ont ainsi plus de chance de voir un mâle et de prendre leur temps », a-t-il commenté lors d'une rencontre au Pavillon McDonald à l'occasion de notre expédition de chasse du 9 au 16 septembre.
Deux jours ont suffi
Pour le chroniqueur du Progrès, deux jours ont été suffisants pour compléter la récolte de deux chevreuils, des bucks de neuf et sept pointes. En début septembre, c'est un doublé inespéré, il y a de la chance, mais l'effort de chasse était aussi au rendez-vous. Mes quatre compagnons de chasse ont récolté deux bucks de quatre pointes et cinq femelles.
Nous avons monté à bord d'un avion d'Air Inuit le samedi matin à partir de l'aéroport de Québec en direction de Port-Menier. À notre arrivée, les guides de la Sépaq nous accueillent et nous dirigent vers les camionnettes près du tarmac de l'aéroport pour charger nos bagages et nos armes à feu. Les guides nous conduisent ensuite au poste d'accueil pour acheter nos permis de chasse, signer la formule de chasse de groupe et, pourquoi pas, acheter un souvenir à la boutique.
Le groupe de chasseurs se dirige ensuite à l'épicerie du village pour faire quelques emplettes pour le séjour avant d'arrêter à l'auberge complètement reconstruite en 2015 après un incendie survenu en 2011. La salle à manger d'une cinquantaine de places propose toujours au menu, entre autres, le traditionnel club sandwich au crabe, le burger de cerf et la chaudrée aux fruits de mer. On en profite après le repas du midi pour nourrir les gros bucks, presque domestiqués, qui vivent au village où la chasse est interdite.
Pavillon McDonald
Il faut environ une heure de camionnette sur la route transanticostienne, qui traverse l'île d'un bout à l'autre sur plus de 200 km, pour se rendre au Pavillon McDonald et sur le territoire de chasse du même nom situé au centre de l'île sur la rive nord. Après avoir placé nos bagages dans nos chambres respectives, les guides nous conduisent au champ de tir pour vérifier l'ajustement de nos carabines. Le transport aérien peut parfois mener la vie dure aux appareils de visée. Le guide vous fera tirer deux balles dans une cible pour vérifier la précision de votre tir et ajustera votre télescope si le tir est imprécis.
Une fois les armes vérifiées, le chef guide de McDonald, Guy Élément, qui possède 40 ans d'expérience sur le territoire, nous fait part du plan de match pour la chasse des prochains jours en nous rappelant les règles de sécurité alors que nous sommes réunis dans un grand salon avec foyer avec quelques trophées de chasse accrochés aux murs. Après un souper très apprécié dans la salle à manger sous la férule du chef Serge Martin et les services de Louise Lapointe, originaire de Chicoutimi et qui a vécu à Bégin de nombreuses années, nous avions hâte que la nuit passe pour enfin partir à la chasse.
En fin de journée
La salle à manger ouvre ses portes à 6 h du matin pour le petit déjeuner. Les guides s'activent depuis 5 h et leur camionnette est stationnée près du camp pour le transport des chasseurs. Avant de partir sur le territoire, les chasseurs remplissent leur sac à lunch avec des sandwichs préparés par l'équipe de la cuisine comme tous les matins.
Dans notre sac à dos il ne faut pas oublier les lunettes d'approche, la lampe frontale, le couteau de chasse pour l'éviscération, un rouleau de ruban orange pour marquer vos déplacements en forêt, le GPS, la carte du territoire, du coton à fromage, des gants de chirurgie, le permis de chasse, évidemment le dossard, la carabine avec les munitions et les vêtements nécessaires en fonction des prévisions météorologiques.
Le guide détermine avec vous le genre de chasse que vous souhaitez pratiquer, chasse fine, à l'affût, dans une cache ou avec lui en VTT ou dans des sentiers. Les chasseurs sont éparpillés sur des territoires exclusifs où il n'y a aucun autre chasseur que vous. Ce sentiment de sécurité et d'être seul sur votre territoire fait partie de l'aspect mythique de Sépaq Anticosti.
Je préfère de loin la chasse fine et le territoire de McDonald compte de nombreuses « trails » aménagées mécaniquement en plein coeur de la forêt qui mènent à des marais, des prés ou des lacs. Ces sentiers aménagés souvent en demi-lune variant de deux à six kilomètres de long vous permettent de pourchasser les cerfs avec le vent de face ce qui vous donne un avantage. Ce fut le cas pour le deuxième chevreuil que j'ai récolté en milieu d'après-midi alors que je marchais le long d'un bûcher. Je l'ai aperçu en premier, j'étais caché derrière un petit épinette, il ne m'a jamais vu et ne m'a jamais senti, il était à environ 150 pieds (45m).
Le premier cerf que j'ai récolté, la première journée de chasse a été à l'image de ce que la plupart des chasseurs de McDonald ont vécu tout au long de la semaine. On voyait peu de bêtes le matin et l'après-midi, les chevreuils se mettaient à bouger en fin de journée après 18 h. Je profitais de la dernière heure de chasse pour pratiquer l'affût, ce qui a été très payant alors qu'il restait 15 minutes à la période de chasse.
Sépaq Anticosti a d'ailleurs installé 80 caches, genre mirador, sur l'ensemble des territoires de chasse pour faciliter la chasse à l'affût en toute sécurité, une stratégie de chasse qui s'avère fructueuse en fin de journée.
Retour des mâles
Si l'on se fie aux observations sur le terrain, les mâles se font un peu plus nombreux cet automne en espérant des chiffres à la hausse pour les saisons à venir. Une baisse de la récolte a été observée depuis 2014, une statistique qui devrait se rétablir avec l'ajout de 400 chasseurs pour un total de 2300 disciples de Nemrod en 2017.
Anticosti conserve encore son titre d'université de la chasse au Chevreuil. Il n'y a que sur l'île où l'on peut observer les cerfs dans le comportement pendant des heures sans faire feu, un privilège encore disponible sur l'île qui se développera maintenant sans exploitation pétrolière. Le succès de Chasse à Anticosti est de 85 %.
Le chroniqueur était invité par la Sépaq dans le cadre de ce reportage.