Le bar rayé a commencé son entrée dans le Fjord.

Retour du bar rayé dans le Saguenay

CHRONIQUE / Le bar rayé a commencé son entrée dans le fjord du Saguenay et fait rêver de nombreux pêcheurs au jour où il sera permis de le pêcher de manière sportive. Déjà des captures accidentelles ont été signifiées à La Baie par des pêcheurs sur les réseaux sociaux. Sa présence continuera à se faire sentir tout l'été, car ce poisson migre du Saint-Laurent jusque dans le fjord.
« Environ 10 % des bars rayés de la population du fleuve Saint-Laurent migrent dans le Saguenay chaque été. En 2016 nous avons constaté que 50 % des poissons que nous avions marqué avec des émetteurs sont revenus. On dirait que ce sont des habitués, car ce sont ceux qui arrivent en premier et qui quittent en dernier », note la biologiste du bureau régional du ministère de la Forêt de la Faune et des Parcs (MFFP) Amélie Bérubé, qui suit l'évolution des populations de bar rayé dans le Saguenay.
« Ça leur prend quelques jours à parcourir le Saguenay pour passer les deux mois de l'été dans la rivière entre Chicoutimi et Sainte-Rose-du-Nord avant de retourner au fleuve en septembre. On ignore les quantités, mais cette année on va s'attaquer au calcul d'abondance sur les frayères pour avoir certains indices sur l'abondance des populations », indique la biologiste.
Les activités de marquage des bars rayés confirment les comportements de ces poissons et leur habitude de migration. « Cet été, ce sera la dernière année d'étude sur les déplacements. À la direction régionale du ministère, on va développer un projet pour déterminer l'alimentation. On va les capturer au filet pour ensuite faire un lavage gastrique des spécimens que nous allons remettre à l'eau. Les pêcheurs n'ont pas le droit de les garder, et nous non plus. C'est pour ça qu'on procède de cette façon », informe-t-elle.
« Nous constatons aussi qu'il y a des variations dans les populations, on ne peut pas savoir si elles sont en progression ou si elles stagnent. Ce qu'on a constaté au cours des années, c'est que le recrutement peut chuter. Il y a une centaine de stations dans le fleuve pour scruter l'état des populations dans l'aire de dispersion des jeunes et après des années d'observations à la hausse on a constaté une baisse, en 2013 je crois. La fraye de cette année-là n'a pas été aussi abondante que les autres. Nous devons continuer les acquisitions de connaissances pour évaluer l'abondance relative de ce poisson », indique la biologiste.
Rappelons que le bar rayé a été réintroduit en 2002 (premiers tests en 1999) par le ministère dans le cadre du programme d'ensemencement du Saint-Laurent à partir de géniteurs capturés au Nouveau-Brunswick (rivière Miramichi). Dans le Saguenay il est toujours interdit de capturer un bar rayé et toute prise accidentelle doit être remise à l'eau.
Les pêcheurs qui font semblant de pêcher la truite de mer dans le Saguenay pour capturer « accidentellement » des bars rayés pour les remettre à l'eau risquent de recevoir une infraction s'il est démontré qu'ils tentaient de capturer des bars rayés en prétextant pêcher la truite de mer. 
Bars en Gaspésie
Le MFFP nous rappelle d'ailleurs que la pêche au bar rayé sera de nouveau permise cette année dans le secteur de la baie des Chaleurs en Gaspésie. La saison de pêche débutera le 15 juin et s'étendra jusqu'au 31 octobre 2017. La limite de prises quotidienne et de possessions a été augmentée et passe à deux bars rayés. Seuls les bars rayés d'une longueur comprise entre 50 et 65 cm (du bout du museau jusqu'au bout de la queue) pourront être conservés ; un maximum de trois hameçons simples sur une même ligne peut être utilisé et seuls des leurres artificiels peuvent être utilisés (les appâts naturels sont interdits) pour cette pêche.
Au bout de la ligne
Piégeage
La Fédération des Trappeurs gestionnaires du Québec (FTGQ), en collaboration avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), a procédé à la mise à jour de la formation sur le piégeage et la gestion des animaux à fourrure (PGAF) qui permet d'obtenir le certificat du piégeur qui est obligatoire pour piéger au Québec. À la suite de l'entrée en vigueur de l'Accord sur les Normes internationales de Piégeage sans Cruauté (ANIPSC), en 2007, certains pièges jadis utilisés légalement sont désormais interdits pour certaines espèces ou techniques. Cette mise à jour permettra également d'atténuer l'impact non désiré sur les écosystèmes que provoque la capture accidentelle d'espèces non ciblées, comme les cervidés, les oiseaux de proie ou d'autres espèces, dont les populations sont plus vulnérables à la surexploitation. Les nouvelles techniques de capture favorisent le développement économique en améliorant la qualité des fourrures disponibles sur le marché et en augmentant le nombre d'adeptes pratiquant cette activité.