Population de bernaches en baisse

CHRONIQUE / Le directeur général de l’Association des sauvaginiers du Saguenay–Lac-Saint-Jean (ASSLSJ), Michel Bouchard, est à Kitty Hawk en Caroline du Nord, aux États-Unis, pour assister à l’Atlantic Flyway Council (AFC), le Conseil de la voie migratoire atlantique en français.

L’AFC est un organisme de concertation Canada–États-Unis pour établir la réglementation entre les deux pays et transmettre de l’information concernant les populations de canards, bernaches et d’oies des neiges. L’AFC regroupe 19 États de l’est des États-Unis, le Québec, l’Ontario et les provinces maritimes. Les représentants de ces États et de ces provinces discutent et partagent de l’information sur les populations d’oiseaux migrateurs, ce qui sert à réglementer la chasse à la sauvagine.

« La situation de la bernache au Canada est très préoccupante. C’est un oiseau qui niche le 28 mai, peu importe les conditions météorologiques. C’est dans ses habitudes de migration et de nidification. Lors des deux dernières années, il y avait près d’un mètre de neige sur les sites de nidification », rapporte Michel Bouchard, que j’ai rencontré quelques jours avant son départ pour Kitty Hawk.

« L’an dernier, des biologistes se sont rendus sur les aires de nidification pour baguer des oiseaux et sur les 5000 oiseaux qu’ils ont bagués, il y avait 4900 bernaches adultes et 100 jeunes. Normalement, lors de ce genre d’opération, ils sont censés installer des bagues sur 2000 jeunes et 3000 adultes. Ça fait la deuxième année que les jeunes sont absents de l’aire de nidification », commente Michel Bouchard, qui anticipe des restrictions pour les activités de chasse aux outardes.

« Présentement, on récolte le capital au lieu de prélever seulement les intérêts, et ce sera comme ça pour les deux prochaines années avant qu’on puisse changer la réglementation. En 1995, on a fermé la chasse alors qu’il restait seulement 40 000 couples dans les aires de nidification. En 2018, les inventaires estimaient le nombre de couples à 100 000. Les chasseurs américains seront en mode restrictif l’automne prochain, et de nouvelles règles seront sûrement imposées au Canada en 2021 », analyse Michel Bouchard.

« Il faut se préparer à faire des sacrifices », commente le sauvaginier, rappelant qu’il se vend environ 30 000 permis de chasse aux oiseaux migrateurs au Québec, alors qu’aux États-Unis, ça se compte en dizaine de millions.

Des champs à chasser

Pendant que les spécialistes discutent de l’avenir de la chasse à la bernache, l’ASSLSJ a poursuivi ses discussions avec les agriculteurs de la région qui subissent les impacts négatifs des oies blanches dans leurs prairies et a développé une application cellulaire pour avoir la permission de chasser dans un champ grainé.

Chaque automne, je circule au Lac-Saint-Jean et j’aperçois sur les terres agricoles des milliers d’oies blanches. Chaque fois, je me dis que j’aimerais bien ça stationner ma voiture, prendre mon fusil dans le coffre et ramper dans le champ pour récolter quelques oies pour les mettre sur la table.

Cette année, grâce à une application cellulaire de l’Association des sauvaginiers, les chasseurs pourront surveiller leur cellulaire pour identifier les prairies disponibles pour chasser ou effaroucher les oies.

« Quand les oies se retrouvent dans une prairie où il pousse du trèfle ou de la luzerne, les oiseaux arrachent toute la plante avec la racine. Ils peuvent causer pour 5000 $ de dommages en une seule journée », explique Michel Bouchard.

« Les champs identifiés fourniront également des informations avec le numéro de téléphone de l’agriculteur, s’il veut se faire appeler ou non, avant de laisser les chasseurs entrer sur ses terres », fait savoir le sauvaginier. Voilà une belle opportunité pour les chasseurs d’occasion, et pour réduire les pertes des cultivateurs.

Film de sauvagine

Pour une première fois dans la région, les soirées de films Chassomaniak présenteront une programmation strictement réservée aux oiseaux migrateurs. La soirée de films sera présentée à Jonquière le mercredi 3 avril, à 19 h. Le lieu de diffusion reste à déterminer, et les billets sont en vente chez Chasse et pêche Chicoutimi et chez Arc en flèche sports de Saint-Bruno. Comme c’est la première édition, le promoteur exige que 150 billets soient vendus en prévente pour présenter la soirée.

En terminant, Michel Bouchard rappelle aux sauvaginiers qu’il est important de devenir membre de l’Association des sauvaginiers, laquelle est active 12 mois par année et représente les intérêts des chasseurs.