Marc Archer, directeur général de Corporation LACtivité pêche, a expliqué l’augmentation des tarifs pour la saison 2019 en montrant une boîte de document contenant une partie des travaux de recherche financés par l’organisation.

Plus cher pour pêcher sur le lac Saint-Jean

CHRONIQUE / La Corporation LACtivité pêche (CLAP) qui gère les activités de pêche sportive dans l’Aire faunique communautaire du lac Saint-Jean haussera les tarifs des autorisations de pêche pour la saison 2019. L’autorisation de pêche annuelle familiale passera de 90 $ à 100 $ alors que la passe annuelle individuelle passera de 65 $ à 75 $. L’autorisation de pêche journalière individuelle passera de 8 $ à 9 $ et la familiale passera de 15 $ à 17 $, taxes incluses.

C’est le directeur général de la CLAP, Marc Archer qui m’a informé de cette décision du conseil d’administration lors d’une rencontre cette semaine. «Ça fait 13 ans, depuis 2006, que les tarifs n’ont pas changé, mais durant cette période le coût de de la vie a augmenté de 18 %. Nous devons faire face à ces augmentations tout en continuant nos efforts de conservation et de recherche», a fait valoir Marc Archer.

Les dépenses augmentent

Le directeur de la CLAP s’est présenté à notre rencontre avec une boîte de documents pour témoigner de tous les travaux de recherches et d’acquisitions de connaissances qui ont été financés en partie par l’argent des pêcheurs du lac Saint-Jean.

«Les gens nous demandent parfois où va notre argent. J’ai amené cette boîte de documents lors de la rencontre annuelle du chapitre régional de la Fédération des chasseurs et pêcheurs pour leur montrer où va leur argent. Les recherches sur l’éperlan, l’aménagement de frayères, la collaboration avec le ministère et la Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées de l’UQAC font partie des sommes engagées par le passé. Nous nous sommes d’ailleurs engagés à investir 112 500 $ d’ici 2020 avec les trois MRC du Lac pour le développement de la connaissance des ressources halieutiques du lac Saint-Jean», fait valoir Marc Archer.

«Nos agents méritent aussi d’avoir des salaires décents face à un recrutement de plus en plus difficile avec la pénurie de main-d’oeuvre qu’on connaît. La population de pêcheurs est vieillissante et on remarque une diminution de la clientèle des baby-boomers dans notre bassin de pêcheurs. Il y a plus de vieux pêcheurs qui délaissent l’activité qu’il y a de nouveaux pêcheurs de la relève», estime le directeur général qui vient de renouveler son contrat d’embauche pour cinq ans.

Baisse du nombre de pêcheurs

«On anticipe un manque à gagner de l’ordre de 50 000 $ en revenus de pêche pour les prochaines années et le conseil d’administration a donc décidé de majorer les tarifs de 13 % en moyenne», indique le gestionnaire. Pour le directeur de la CLAP cette tarification demeure très abordable et représente un bon rapport qualité-prix. Par exemple, sur la Zec Martin-Valin au nord du Saguenay, il en coûte 205 $ pour le droit de pêche et les droits d’accès, sans compter la carte de membre à 27 $. Dans la réserve faunique des Laurentides, le droit d’accès quotidien pour la pêche est de 18,58 $ par personne.

L’augmentation des droits de pêche au Lac coïncide avec la baisse du coût des permis de pêche annoncée récemment par le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour. Pour la saison 2019-2020, le prix des permis de pêche passera de 30,89 $ à 22,79 $ et de 24,82 $ à 21,01 $ pour le droit de chasse au petit gibier. Cette baisse du prix des permis permettra aux pêcheurs du Lac d’absorber une partie de leurs augmentations.

Depuis 2015, la vente de permis annuel de pêche pour les résidents de 65 ans et moins est passée de 575 432 en 2014, à 457 414 en 2018. La hausse des coûts des permis de pêche a été ciblée comme une des causes de la diminution des ventes. Il ne faudrait pas non plus oublier les permis donnés gratuitement dans le cadre du programme de pêche en herbes qui s’adresse à la relève.

L’argent retourne aux pêcheurs

Avec la présence d’une aire faunique communautaire et d’une corporation de gestion il y a au moins un aspect qu’on doit considérer, c’est que l’argent des pêcheurs lac est retourné dans la gestion du lac et dans les poches des 13 employés de la CLAP. «Les sommes sont réinvesties à 100 % dans la gestion, la promotion de la pêche, la protection de la ressource et des habitats ainsi que dans la recherche», insiste Marc Archer. Nous verrons dans les semaines à venir quelle sera la réaction des pêcheurs face à ces augmentations. Ils pourront faire part de leurs commentaires lors de l’assemblée générale annuelle de la CLAP aura lieu le mercredi 24 avril à 19 h à l’Hôtel Universel d’Alma.