Un des bénévoles de l’activité Pêche en herbe, Rémi Aubin, a capturé une morue dès les premières minutes, au grand plaisir des jeunes de la relève de l’école Saint-Joseph de La Baie.

Pêcheurs en herbe sur les glaces

Vendredi après-midi, l’activité de pêche sur la glace avait ce qu’elle a de plus beau à offrir comme loisir hivernal sur la baie des Ha! Ha! Sous un soleil radieux, une cinquantaine de jeunes du primaire de l’école Saint-Joseph de La Baie étaient accroupis à côté d’un trou de pêche dans la glace et surveillant leur ligne plongée dans 200 pieds d’eau.

«C’est lourd, je pense que c’est plus lourd», criait un jeune qui sortait une ligne du trou de pêche. «Tire fort et ne laisse pas de "lousse"», conseillait le bénévole de l’après-midi, Rémi Aubin, qui courrait comme un enfant de trou en trou pour «coacher» les jeunes qui participaient à une journée d’initiation à la pêche blanche dans le cadre du programme Pêche en herbe de la Fondation de la faune du Québec.

Le bénévole Rémi Aubin, bien connu dans le milieu de la pêche blanche à La Baie, était heureux comme un poisson dans l’eau, sans jeu de mots. Il avait percé une vingtaine de trous dans un de ses «spots» préférés, derrière le Musée du fjord, au bout du quai Laurier-Simard.

Comme dans le bon vieux temps

«On pêche comme dans le bon vieux temps, pas de cabane, avec des aulnes en guise de canne à pêche et du fil tressé attaché après le bout de bois planté dans la neige. Ç’a toujours été un bon "spot" ici, le village était là au début et c’est ici que j’ai commencé à pêcher avec mon père quand j’étais jeune», raconte le pêcheur d’expérience, après avoir remonté une morue franche, au grand plaisir des jeunes.

«Nous avons obtenu une bourse de 3000 $ de la Fondation héritage faune dans le cadre du programme de bourses Pêche d’hiver, ce qui nous a permis d’acheter de l’équipement comme des tentes, des cannes et des réchauds pour développer des activités d’initiation à la pêche d’hiver», explique Marc-André Galbrand, de Contact nature Rivière-à-Mars, qui organise cette activité.

Les jeunes pêcheurs étaient en action sur la glace à l’intérieur des tentes installées pour l’occasion et sur les glaces à l’extérieur. J’ai vu sortir deux-trois sébastes et deux morues en moins de trente minutes. Les jeunes étaient ravis.

Antoine Landreville venait de sortir son premier sébaste à vie et je lui ai demandé s’il avait hâte de le manger en arrivant à la maison. «Est-ce que je suis obligé de le manger?», m’a-t-il dit. «Non, tu peux le garder comme souvenir dans le congélateur», que je lui ai répondu. «Je pense que je vais le garder comme souvenir», m’a lancé le jeune homme qui montrait sa prise à qui voulait la voir.

Patience légendaire

Les jeunes pêcheurs en herbe ont démontré une patience légendaire, non seulement face à leur trou de pêche, mais aussi face aux conférenciers qui les ont entretenus pendant deux heures au Musée du fjord sur les poissons, le fjord, le parc marin, les bassins versants, les limites de prise des poissons de fond du fédéral et les limites de pêche des poissons sous juridiction provinciale.

Les agents de la faune et des pêcheries s’en sont bien sortis pour expliquer le labyrinthe législatif qui entoure la pêche sportive avec les espèces en péril, les espèces menacées, les poissons qu’on peut garder, ceux qu’on doit remettre à l’eau, pourquoi on peut pêcher 120 éperlans par jour et qu’on doit les manger ou les donner si on veut pêcher le lendemain, c’est quoi une rivière, un fjord, un estuaire, un fleuve, un golfe, de l’eau salée, de l’eau douce et des habitats fauniques.

Je riais un peu quand ils expliquaient aux jeunes qu’après leur journée de pêche, ils recevraient un permis de pêche valide jusqu’à l’âge de 18 ans, mais que dans la zone 21, on n’a pas besoin de permis, mais que dans la zone 18, l’été, il faut un permis de pêche, mais qu’on n’a pas besoin de permis l’hiver. Ouf! Les jeunes commençaient à se brasser le popotin sur leur chaise, mais l’arrivée des agents de la faune avec des cadeaux à faire tirer leur a écarquillé les yeux.

Ce serait tellement plus simple si la pêche pour les moins de 18 ans pouvait se pratiquer sans permis partout au Québec et au Canada, mais pourquoi faire simple quand on peut faire plus compliqué ?