Les agents de Pêches et Océans Canada ont fait une visite aux pêcheurs sur les glaces de Saguenay, le samedi 3 mars, pour sensibiliser les adeptes sur le respect de la réglementation.

Pêche à l'entrée du fjord

CHRONIQUE / Nous avons profité de la dernière fin de semaine de pêche aux poissons de fond sur le Saguenay pour nous laisser bercer par la beauté du fjord à la pourvoirie Poséidon, située à l’extérieur du village de cabanes à pêche, à l’entrée de la baie des Ha! Ha!. Un site extraordinaire qui offre une vue imprenable sur le Cap à l’ouest, le Cap au Lest et le bras du Saguenay jusqu’à Sainte-Rose-du-Nord.

Le temps était doux, nous avons passé la journée à l’extérieur à profiter du paysage et à taquiner le poisson. Le mot taquiner est un peu fort, car à 300 ou 400 pieds (91 à 122 mètres) de profondeur, c’est plus que de la taquinerie, c’est profond pour chatouiller le poisson.

Le site de la Pourvoirie Poséidon offre un dépaysement total. Ça n’a rien de comparable avec le village de pêche municipal situé à proximité des installations industrielles. Nous sommes au coeur du fjord. Le bureau d’accueil de la pourvoirie est situé dans la maison des parents de Charles Fortin qui est copropriétaire de l’entreprise avec sa conjointe Claudia Descoteaux. Il s’agit d’une des rares résidences construites en bordure du fjord qui donne accès à l’eau facilement avec une plage en été.

À notre arrivée, le jeune couple nous reçoit et charge nos bagages dans un traîneau derrière une motoneige. Le site de pêche est situé à environ 1000 pieds (300m) sur les glaces, devant la maison paternelle et les pêcheurs s’y font reconduire en motoneige.

Les pourvoyeurs ont fait construire quatre nouvelles cabanes à pêche de forme arrondie pour recevoir les pêcheurs et les mettre à l’abri du vent. Les installations sont rudimentaires, ce ne sont pas des cabanes pour jouer aux cartes et prendre une bière. Le véritable plaisir est de pêcher à l’extérieur des cabanes pour profiter du décor.

Les hôtes de la pourvoirie Poséidon, Claudia Descoteaux et Charles Fortin, ont connu un bon achalandage cet hiver.

Une cabane en feu

Notre groupe de six pêcheurs avait réservé deux cabanes pour le dernier samedi de pêche. Malheureusement, le jeudi précédent, le pourvoyeur Charles Fortin me téléphone pour me dire qu’une des cabanes que nous avions louées avait passé au feu dans la journée et qu’il lui restait seulement une cabane à deux trous de pêche.

Nous nous sommes finalement dépannés avec les équipements de Contact Nature qui gère les villages de pêche sur la baie des Ha! Ha!. L’organisme a reçu une aide financière de la Fondation de la faune du Québec pour l’achat de quatre tentes de pêche d’hiver qui peuvent être louées avec les équipements de pêche, une perceuse à glace manuelle et une chaufferette au propane portative pour la somme de 50 $.

La tente pour quatre personnes a fait le travail et le pourvoyeur, qui demande 80 $ par personne par jour, nous a chargé moitié prix pour nous recevoir et il a même monté la tente de pêche. Une fois rendus sur le site de pêche, Charles Fortin nous parle de la profondeur du Saguenay, des différentes espèces de poissons, des techniques de pêche pour chaque espèce, en plus de fournir les cannes à pêche avec des lignes multicolores qui permettent de mesurer la profondeur des leurres.

«Sloche» et sébaste

Il a fait environ trois degrés toute la journée et la glace était «slocheuse». Les pattes des chaises calaient dans la neige et l’eau passait par-dessus les bottes, mais une fois installés devant les trous percés par le pourvoyeur, c’était le paradis de la pêche blanche au coeur du fjord du Saguenay.

La copropriétaire, Claudia Descoteaux, faisait le tour des cabanes à pêche pendant la journée pour offrir du café à ceux qui en désiraient, en plus de servir une soupe chaude et un repas aux pêcheurs qui en avaient fait la demande. Nous avons capturé cinq sébastes et un petit turbot et c’est la copropriétaire qui a fait les filets de poisson en fin de journée.

La pourvoirie Poséidon n’est pas située dans les limites du village de pêche blanche de La Baie et ne paye donc pas de permis pour embarquer ses cabanes sur les glaces. Cette situation fait des mécontents de la part des concurrents pourvoyeurs dans les villages de pêche et une plainte a été déposée.

Le groupe de pêcheurs a profité de la beauté du fjord pour ce dernier samedi de pêche aux poissons de fond.

Les gestionnaires en réflexion

«Dans notre protocole d’entente avec la Garde côtière canadienne, le site de la pourvoirie Poséidon fait partie des limites de l’arrondissement de La Baie. Nous allons avoir une discussion à ce sujet, mais il faudra analyser clairement la situation. Il y avait beaucoup de pêcheurs en dehors des sites de pêche municipalisés cet hiver et la Ville devra probablement restreindre ses activités aux villages sans trop s’étendre. Ça va faire partie du bilan que nous allons réaliser d’ici le mois de mai, nous n’avons pas encore pris de décision», a indiqué le conseiller municipal de La Baie, Martin Harvey, lors d’une conversation téléphonique vendredi.

Il y avait effectivement de nombreux pêcheurs en quatre roues et en motoneige à proximité des cabanes du pourvoyeur. Certains avaient de petites cabanes alors que d’autres pêchaient sous la tente sans avoir loué d’emplacement auprès de la Ville. Ça représente toujours un risque pour les gens peu habitués de s’aventurer dans ces secteurs où le mouvement des marées peut causer des ennuis avec les glaces sur les battures, c’est pourquoi les services d’un pourvoyeur peuvent être très utiles. Nous avons réservé pour l’an prochain, c’est aussi beau qu’à Rivière-Éternité.