Ouverture de la pêche: sur la glace, sous le soleil

CHRONIQUE / La pire des journées de pêche sera toujours plus agréable que la plus belle journée de travail, dit l’adage. C’est probablement ce que s’est dit François Girard, de La Baie, qui avait pris congé pour profiter de la journée d’ouverture de la pêche à l’omble de fontaine, vendredi, sur la rivière Chicoutimi, au pied du barrage du Portage-des-Roches à Laterrière. Il connaît bien la rivière et assure y capturer une vingtaine de ouananiches par été.

Traditionnellement, la saison de pêche débute le dernier vendredi d’avril dans la zone 28, qui regroupe l’ensemble des territoires de pêche du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il y avait moins de pêcheurs que par les années passées sur la rivière Chicoutimi, où j’ai compté six embarcations seulement qui naviguaient sur l’eau au pied du barrage. Avec les six pêcheurs à gué que j’ai rencontré, ça fait moins de 20 pêcheurs qui ont célébré l’ouverture vendredi matin.

Pourtant, le soleil était au rendez-vous avec un beau 12 degrés Celsius. La pêche n’était pas excellente, selon les pêcheurs à qui j’ai parlé. « Je suis arrivé à 5 h 30 ce matin et je n’ai rien pris. Les deux autres pêcheurs au pied des chutes n’ont rien fait non plus et je n’ai pas vu grand-chose bouger à bord des embarcations », a résumé Tommy Hudon, 19 ans. Originaire de Sainte-Jeanne-d’Arc au Lac-Saint-Jean, notre jeune pêcheur habitué au doré sur le lac Saint-Jean en était à sa première visite sur la rivière Chicoutimi. Il demeure depuis peu à Chicoutimi pour ses études et il a choisi cet endroit non loin de son lieu de résidence pour la journée d’ouverture.

À Falardeau

Les pêcheurs sur glace dans le secteur de Falardeau ont eu plus de chance. Le printemps tardif a facilité l’accès aux plans d’eau périurbain avec leur épais couvert de glace. Les adeptes ont pu facilement accéder à pied au centre des lacs pour y percer des trous et laisser dormir leur ligne tout au fond.

La qualité de pêche est toujours bonne en début de saison sur ces plans d’eau pour l’omble de fontaine. Les pêcheurs ont capturé de belles truites mouchetées de plus de 30 cm (12 pouces). « La pêche a été bonne tôt ce matin, depuis 10 h, c’est tombé plus tranquille » ont commenté les frères Lucien et Claude Desbiens, deux Baieriverains qui se sont installés en compagnie d’une douzaine d’autres pêcheurs, sur les glaces d’un petit lac, le long de la route principale. « Ça fait au moins 15 ans qu’on vient faire l’ouverture de la saison de pêche ici quand les glaces nous permettent l’accès », font savoir les deux frères qui taquinent la truite de mer tout l’été dans le Saguenay, plus précisément dans le secteur du rang Saint-Martin.

Le couvert de neige commençait à défoncer sous les chauds rayons du soleil en fin d’avant-midi. J’ai rencontré Manon et Alain Claveau de Saint-Léonard dans le secteur de Shipshaw à leur sortie du lac. Le retour était difficile alors qu’à chaque pas, les pieds s’enfonçaient dans la neige jusqu’aux genoux.

Ils ont quand même pris le temps de poser pour une photo dans le sentier de neige qui sépare la route principale de la rive du lac. « La glace commence à fondre sur les bords, mais on peut encore embarquer facilement sur les glaces », a commenté la pêcheuse qui avait l’intention de cuisiner les truites pour le souper.

Du lac à la table

L’ouverture de la saison de pêche permet en effet aux amateurs, à qui la chance a souri, de manger leur premier repas de truites fraîches de la saison. Avoir la chance de cuisiner un omble de fontaine qui passe directement du lac à l’assiette en l’espace de quelques heures est un privilège que peu de gens peuvent revendiquer.

Avoir la possibilité, à moins d’une heure de sa maison, de pêcher l’omble fait partie de la qualité de vie pour les amateurs qui vivent au paradis de la pêche. Les amateurs de pêche à la ouananiche au lac Saint-Jean devront attendre au vendredi 11 mai pour taquiner la ouananiche, l’emblème animalier régional, alors que la pêche au doré débutera le 25 mai. Pour les territoires comme les zecs et les réserves fauniques, il faut consulter les sites Internet pour connaître les détails de chaque territoire.

On estime à environ 70 000 le nombre de pêcheurs dans la région qui compte deux réserves fauniques, dix zecs de chasse et pêche, quatre rivières à saumon, un fjord, plus de 20 pourvoiries à droits exclusifs, quatre parcs nationaux et fédéraux, une aire faunique communautaire et plus de 150 terrains de piégeage enregistrés à bail exclusif. Selon des chiffres fournis par la CRÉ en 2011, environ 75 000 km2 seraient disponibles pour la pratique libre des activités de prélèvement faunique alors que seulement 28 000 km2 seraient réellement accessibles.

Au niveau des retombées économiques des activités fauniques, on dit que la pêche accapare plus de 66 % des revenus générés par ce type d’activité dans la région.