La saison de pêche au doré ouvrira le vendredi 24 mai et la limite quotidienne de prise sera encore de dix.

Moins de pêcheurs de doré

CHRONIQUE / L’effort de pêche au doré a diminué de 65 % depuis 2015 sur le lac Saint-Jean. Ce sont les chiffres dévoilés dans le rapport annuel que vient de publier la Corporation LACtivité pêche (CLAP) qui gère les activités de pêche sportive dans l’aire faunique du lac Saint-Jean.

« C’est un chiffre qu’on ne peut pas expliquer », indique Marc Archer, directeur de la CLAP. « L’effort de pêche au doré a commencé à se manifester après la saison record de 2012, ce qui est compréhensible en raison de la diminution des stocks dans les années suivantes, mais la chute de fréquentation s’est maintenue jusqu’à l’an passé, même si le succès de pêche a été stable et même un peu en haut de la moyenne », analyse-t-il.

Les pêcheurs ont capturé 16 600 dorés en soirée au lac en 2018 pour un succès de pêche de 0,90 capture par heure en moyenne pour un effort de 5900 jours-pêcheurs.

Un peu plus du quart des captures (27 %) ont été remises à l’eau volontairement et plus de 12 000 dorés ont été récoltés, soit 35 % de moins qu’en 2017 et deux fois moins que la moyenne annuelle. La récolte totale en journée et en soirée aurait atteint 52 500 dorés, sans compter la pêche traditionnelle des Ilnuatsh de Mashteuiatsh au printemps, qui représente environ 4200 prises, indique la CLAP.

La pêche au doré ouvrira le vendredi 24 mai et la limite quotidienne de prise de 10 dorés restera la même pour les prochaines années. La campagne d’échantillonnage 2016-2017 par les biologistes du ministère des Forêts de la Faune et des Parcs indique que la population de doré au lac va bien.

Environ 5700 ouananiches ont été capturées dans le lac Saint-Jean en 2018, soit presque autant qu’en 2017, indique le rapport de la CLAP. La saison de pêche à la ouananiche commencera le vendredi 10 mai dans l’Aire faunique communautaire du lac Saint-Jean.

« En termes d’abondance, le lac Saint-Jean se classe toujours dans le tiers supérieur des plans d’eau suivis au Québec. Le nombre élevé de jeunes dorés observés en 2005-2006 est lié à l’arrivée d’une forte cohorte, laquelle a soutenu la population et la pêche durant quelques années, dont une année record en 2012. Le recrutement de jeunes dorés a été meilleur en 2016-2017 qu’en 2010-2011, ce qui laisse présager une certaine stabilisation de la population d’ici la prochaine campagne d’échantillonnage », fait valoir le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, dans le rapport annuel de la CLAP.

Ouananiche

Pour ce qui est de la ouananiche, les adeptes ont capturé 5700 saumons d’eau douce en journée l’été dernier pour un succès de pêche de 0,08 capture par heure de pêche en moyenne, soit presque autant qu’en 2017, et la saison s’est inscrite dans l’ordre de la moyenne annuelle selon le rapport de la CLAP. Les pêcheurs à la mouche en rivière ont ajouté leur effort avec une récolte de près de 350 ouananiches, ce qui représente 35 % de moins qu’en 2017, mais presque deux fois plus que la moyenne, indique la CLAP. Le poids moyen des captures était de 1,30 kg (2,9 livres).

« On pense qu’on a atteint l’équilibre en matière de pêche à la ouananiche et que les dix prochaines années devraient être semblables aux dix dernières années. L’année 2006 a été la dernière année de pêche influencée par les ensemencements dans le lac. Grâce aux connaissances que nous avons acquises avec les années, ça nous permet de gérer autrement et d’éviter de trop grands écarts entre les années d’abondance et les années de bas de cycle. Nous avons réagi en ouvrant la saison plus tôt et en haussant les limites de prises à trois au lieu de deux », fait valoir Marc Archer.

Les remontées migratoires de la ouananiche ont chuté en 2018 avec seulement 500 reproducteurs enregistrés dans la rivière Mistassini comparativement à plus de 1600 en 2017. Le chiffre de 500 reproducteurs représente la cible maximale visée par la CLAP dans les montaisons et ne représente aucune inquiétude.

L’ouverture de la pêche à la ouananiche sera encore devancée de deux semaines en 2019, soit au vendredi 10 mai au lieu du vendredi 24. La limite quotidienne de prises demeurera à trois ouananiches au lieu de deux, sauf dans la section de la rivière Métabetchouane pêchée à la mouche, où la limite sera d’une seule ouananiche pour préserver le caractère génétique des saumons d’eau douce, dont la taille moyenne est plus grande dans cette rivière.

Autorisations de pêcher

Les ventes d’autorisations de pêcher de la CLAP au lac Saint-Jean ont totalisé environ 15 300 unités pour en 2018, comparativement à 14 800 unités en 2017. La moyenne de vente depuis 2006 est de 15 500 unités par saison. « Nous avons un magnifique plan d’eau facilement accessible avec deux poissons-vedettes et les nouvelles sont bonnes pour l’avenir », a conclu Marc Archer, lors d’une entrevue téléphonique.

Il serait intéressant pour l’avenir que la CLAP détaille les autorisations de pêcher, familiales et individuelles, pour avoir un portrait fidèle du nombre de pêcheurs de ouananiche sur le lac. On aimerait savoir ça représente combien de pêcheurs, le chiffre de 15 300 droits d’accès. Est-ce qu’il y a 20 000 ou 25 000 pêcheurs de ouananiche au lac ? Voilà un beau travail de recherche pour un jeune employé de la CLAP.