La pêche à la ouananiche en rivière jouit d’une grande notoriété auprès des amateurs.

Moins de ouananiches en rivière

CHRONIQUE / La semaine dernière je publiais une chronique sur la pêche au doré sous la glace du lac Saint-Jean. Un lecteur en furie m’a laissé un message dans ma boîte vocale me disant de ne pas encourager la pêche au doré l’hiver, de laisser le poisson tranquille, car il se prépare pour la fraye au printemps. Il ajoute que le lac Saint-Jean n’est pas le lac Ontario et qu’on ne devrait pas autoriser la présence de pourvoyeur.

Le commentaire pique ma curiosité et je lâche un coup de fil à Marc Archer, directeur de la Corporation LACtivité pêche (CLAP) l’organisme qui gère la pêche sportive dans les eaux du lac Saint-Jean pour savoir comment ça se passe avec le doré dans le Piékouagami.

5 % des dorés capturés l’hiver

« Je suis en train de rédiger le rapport annuel pour la saison 2018 et j’ai devant moi les statistiques des six dernières années concernant la pêche au doré dans le lac le jour et le soir. Entre 2012 et 2018, la récolte moyenne annuelle de dorés l’hiver est de 5750 captures alors que l’été la récolte est estimée à 100 500 dorés annuellement. La pêche au doré l’hiver représente donc seulement 5 % de la récolte annuelle », tranche le directeur général de la CLAP.

Les résultats des pêches expérimentales des biologistes du ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs seront bientôt rendus publics, mais aucun indice ne laisse présager qu’il devrait y avoir de modification réglementaire en ce qui concerne la pêche du doré au lac Saint-Jean.

Dans le rapport annuel 2017 de la CLAP, on précise qu’« environ 160 cabanes de pêche ont été dénombrées sur le lac Saint-Jean au plus fort de l’hiver 2017 et 90 % des pêcheurs interviewés (858) pêchaient à partir d’une cabane.

Le rapport annuel indique que « les pêcheurs sportifs ont capturé environ 3800 dorés du 10 janvier au 31 mars 2017. Seuls 2 % des captures ont été remises à l’eau volontairement et 3700 dorés ont été récoltés, comparativement à 18 000 en été (en soirée) et 54 000 en été au total sans compter la récolte traditionnelle des Montagnais de Mashteuiatsh au printemps (3800 en 2017) ».

« En moyenne, la récolte annuelle en hiver (6250 dorés en 2013-2016) représente à peine 6 % de la récolte annuelle totale estimée à 99 000 dorés », indique le rapport de la saison 2017.

Pêche à la ouananiche en rivière

Les amateurs de pêche à la mouche de la ouananiche en rivière ont jusqu’au lundi 18 février pour s’inscrire au tirage au sort. L’an dernier, 318 personnes ont participé au tirage au sort pour 1911 inscriptions. Rappelons que chaque participant au tirage au sort peut remplir jusqu’à 10 inscriptions. L’an dernier, 996 perches ont été vendues sur les 1100 perches disponibles dans les cinq rivières.

« La pêche à la ouananiche en rivière profite de sa notoriété. C’est une expérience extraordinaire qui attire maintenant de nombreux pêcheurs de saumon qui souhaitent vivre cette expérience. Il faut préciser que 40 pour cent des pêcheurs en rivière proviennent de l’extérieur de la région », souligne le directeur de la CLAP Marc Archer.

« L’été dernier, les rivières étaient à terre en raison de la chaude saison que nous avons connue et malgré un faible succès de pêche de 27 % (0,40 capture/jour-pêcheur) nous devrions être en mesure d’attribuer encore 1000 perches », estime Marc Archer.

Évidemment, le partage de photos sur les réseaux sociaux contribue à augmenter la notoriété de l’activité et à générer un intérêt chez la jeune clientèle des 30-35 ans. La saison 2019 permettra de voir les impacts de l’aménagement des frayères dans le lac avec un suivi qui devrait être fait au printemps.

Baisse des migrateurs

Les remontées migratoires ont chuté de 1000 géniteurs dans la rivière Mistassini, passant de 1642 à 577. « En 2017 il s’agissait de la deuxième plus forte montaison après celle de 1997, où 1721 géniteurs avaient monté dans la passe migratoire, c’est trois fois plus que nos cibles », fait remarquer Marc Archer précisant que depuis 2006 le cycle d’abondance est pas mal stable.

« Depuis qu’on a documenté le rapport proie-prédateur entre l’abondance de ouananiche et l’abondance d’éperlan dans le lac, on s’intéresse beaucoup plus à la quantité d’éperlan. J’aime bien quand les pêcheurs nous disent qu’ils ont vu des bancs d’éperlans marsouiner en surface. Quand nous aurons terminé les trois ans de suivis sur l’aménagement de frayères, si tous se passe bien, nous serons en mesure de passer à la phase deux et d’aménager d’autres sites de fraye », conclut le directeur général de la CLAP.