Roger Blackburn
Le Quotidien
Roger Blackburn
Cette semaine, les employés des zecs ont commencé à préparer les postes d’accueil en vue de l’ouverture et les dates varient selon les territoires.
Cette semaine, les employés des zecs ont commencé à préparer les postes d’accueil en vue de l’ouverture et les dates varient selon les territoires.

Les zecs se préparent

CHRONIQUE / Le gouvernement a annoncé dernièrement que les activités de plein air, de pêche à la journée dans les parcs et réserves fauniques ainsi que les zecs pouvaient commencer à partir du 20 mai, sauf pour les activités de camping.

Cette semaine, les employés des zecs ont commencé à préparer les postes d’accueil en vue de l’ouverture et les dates varient selon les territoires. Les usagers doivent s’informer auprès de leur gestionnaire des territoires.

« Nous devons respecter les consignes de la santé publique. Les employés sont en train d’aménager les postes d’accueil pour faciliter la distanciation et pour installer des panneaux de Plexiglass », fait savoir la présidente de la Zec Martin-Valin, Hélène Masson.

« Jusqu’à maintenant, la crise de la COVID-19 n’a pas changé beaucoup de choses dans la pratique de nos activités. On aménage les postes de travail, mais la plupart des territoires sont présentement inaccessibles. Là-haut c’est encore l’hiver, le chemin principal L-200 est praticable, mais les chemins secondaires sont encore pleins de neige », détaille la présidente.

« Comme bien des gens, nous écoutons les points de presse de 13 h dans l’attente de nouvelles pour l’ouverture des terrains de camping. On planifie comme si le camping était permis. On appelle nos campeurs, on leur demande s’ils seront présents sur le territoire, on va aménager les terrains et quand le gouvernement donnera la permission, nous serons prêts », indique Hélène Masson.

Enregistrement en ligne

Les utilisateurs de zec ont dû se tourner vers l’enregistrement en ligne pour faire l’acquisition de leur droit d’accès et de leur droit de chasse et pêche sur le poste d’accueil virtuel (PAV). « C’était dans nos projets de mettre de l’avant l’enregistrement en ligne, mais la COVID-19 nous a poussés à aller plus vite. On me dit que ça va très bien et que les utilisateurs sont satisfaits », évoque la passionnée de pêche, qui est elle-même une utilisatrice des terrains de camping de la zec.

« Nous avons bon espoir d’ouvrir les terrains de camping. Nous comptons environ 140 terrains de camping aménagés sur huit sites différents en plus d’une soixantaine d’emplacements rustiques. Pour la zec, c’est une source de revenus importante. Les campeurs sont pour la plupart autonomes en ce qui a trait à leur équipement et les terrains sont à bonne distance l’un de l’autre. Nous sommes dans l’attente d’une bonne nouvelle », ajoute la présidente d’une des plus importantes zecs du Québec. L’ouverture du poste d’accueil est prévue le 26 mai.

Sur le site Internet de la Zec Onatchiway, un territoire accessible par Saint-David-de-Falardeau, on indique à la clientèle qu’« avec les mesures à mettre en place pour contrer la COVID-19, nous devons réduire le personnel dans les postes d’accueil et les heures d’ouverture. Merci de faire votre enregistrement par Internet ! Contactez-nous au 418 548-0812 si vous avez besoin d’informations ou de soutien technique. L’ouverture du poste d’accueil est prévue pour le 24 mai ».

Les usagers qui s’inscrivent en ligne recevront leur facture par courriel. « Les cartes de membres vous seront envoyées également par courriel sur réception de votre inscription au bureau administratif. Vous pourrez les imprimer ou les conserver sur votre téléphone et les présenter au besoin. Si vous accédez au territoire, vous devez obligatoirement vous enregistrer », précise en lettre majuscule le gestionnaire avant d’indiquer les procédures à suivre.

Les pourvoyeurs attendent toujours

Les pourvoiries attendent toujours la permission de la santé publique pour recevoir leur clientèle pour les activités de pêche estivale. Avec l’ouverture des parcs et réserves fauniques, les pourvoyeurs s’impatientent.

Depuis le 20 mai, il est possible de pratiquer la pêche quotidienne dans les pourvoiries du Québec. « En temps normal, plus d’une centaine de pourvoiries offrent la pêche quotidienne. Cependant, en raison de la COVID-19, plusieurs autres dizaines de pourvoiries pourraient également offrir cette activité aux communautés locales en attendant le retour des vacanciers. C’est pourquoi nous vous invitons à communiquer directement avec les établissements de pourvoiries pour en savoir plus sur leur offre de services en situation de COVID-19 », précise la fédération des pourvoyeurs sur son site Internet.

Récemment, la Chaire de tourisme Transat, le ministère du Tourisme ainsi que l’Alliance de l’industrie touristique du Québec ont réalisé un sondage Web auprès des organisations touristiques pour connaître l’impact de la COVID-19 sur l’industrie au Québec.

« Du 9 au 27 avril 2020, 2977 gestionnaires et responsables ont rempli le questionnaire. Quelque 202 répondants gèrent des campings, 287 œuvrent dans le domaine du plein air et 147 travaillent dans un établissement de pourvoirie. Parmi ces trois secteurs, un peu plus d’une entreprise en plein air sur deux affirme ressentir des contrecoups ‘‘très négatifs’’ à ‘‘catastrophiques’’ sur leurs affaires. C’est le cas pour 67 % qui clament les mêmes propos. Mais ce sont véritablement les pourvoiries qui demeurent significativement les plus affectées, avec près de 75 % des répondants qui déclarent un état similaire », indique le réseau dans une récente publication.

Complètement perdus

« Du côté des campings et des pourvoiries, près de 9 répondants sur 10 craignent de ressentir des impacts financiers majeurs sur leurs activités. Environ 8 entreprises sur 10 de nature et d’aventure déclarent le même état d’esprit », peut-on lire dans ce sondage.

« Globalement, les trois groupes mentionnent se sentir moyennement, même peu outillés face à la crise. Sur une échelle de ‘‘ 1 — Nous sommes complètement perdus ’’ à ‘‘ 10 — Nous avons un plan solide ’’, les pourvoiries se sentent plus perdues que les autres, alors que les entreprises de plein air ont significativement plus confiance en leur plan », indique le sondeur.

Les discussions se poursuivent entre la Fédération des pourvoyeurs et la santé publique du Québec. Mercredi en point de presse, la vice-première ministre Geneviève Guilbeault a donné le feu vert à de petits rassemblements extérieurs à partir de vendredi pouvant comprendre trois familles différentes et un maximum de 10 personnes. Ça ouvre des opportunités pour la pêche à la journée, mais pour l’hébergement les pourvoyeurs risquent de se contenter de clients vivants sous le même toit. À suivre.