Les saumons échappent aux filets

CHRONIQUE / Les pêcheurs sportifs de saumon de l’Atlantique seront heureux d’apprendre que l’autorité des pêcheries du Groenland a respecté ses engagements de diminuer sa récolte de saumons sauvages de plus de la moitié cet automne.

La Greenland Fishery License Control Authority (GFLK) a rapporté cette semaine que la quantité de saumons capturés au large du Groenland s’est établie à 18 000 tonnes, soit l’équivalent de 5270 saumons, alors qu’historiquement, la pêche automnale du Groenland se situait entre 40 000 et 45 000 tonnes de poisson, soit plus de 12 000 saumons.

En 2017, la récolte déclarée au Groenland s’est établie à 28 tonnes, soit environ 8300 saumons et comprend les prises des pêcheurs sportifs et professionnels. L’entente de conservation fixe le niveau de récolte total à 20 tonnes pour l’ensemble des pêcheurs. Au cours des cinq années précédant la signature de l’entente en 2018, la récolte déclarée au Groenland a oscillé entre un creux de 27 tonnes et un sommet de 58 tonnes, indique la Fédération du saumon atlantique.

Positif pour 2000 rivières

Les experts estiment que des saumons provenant de plus de 2000 rivières d’Amérique du Nord et d’Europe se rassemblent au large de la côte ouest du Groenland pour s’alimenter et engraisser. Certains de ces saumons vivent jusqu’à trois ans dans les eaux de cette région du nord avant de retourner à leur rivière natale pour frayer. Selon les spécialistes une analyse démographique révèle qu’en moyenne, 75 % des saumons pris au large du Groenland sont d’origine nord-américaine.

Dans la synthèse de rapports du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) et de Pêches et Océans Canada, on indique que la recherche génétique effectuée en 2017 a révélé que la récolte de saumons sauvages de l’Atlantique d’origine nord-américaine au Groenland se composait principalement de saumons provenant de la péninsule gaspésienne, du Labrador et du golfe du Saint-Laurent. La majorité des saumons d’origine européenne provenaient du Royaume-Uni et d’Irlande.

Plus de saumons

Grosso modo, ça veut dire qu’on vient de sauver environ 2700 saumons de plus que l’an passé et qui retourneront dans nos rivières à l’été. Ce n’est pas énorme si on calcule que ces saumons proviennent de 2000 rivières différentes, même si 75 % sont issus de rivières nord-américaines. Mais c’est déjà ça de plus et l’entente a été signée pour les 12 prochaines années.

En principe les quantités de poissons qui reviendront dans nos rivières ne peuvent seulement qu’augmenter dans les prochaines années. Si les réchauffements climatiques n’entraînent pas trop de perturbations des habitats et de modification des migrations, ça devrait être très profitable pour les pêcheurs à la ligne dans nos rivières.

Négociations intenses

On ne pourra pas dire que les gestionnaires de pêche sportive du Saumon de l’Atlantique ne s’occupent pas de leurs affaires. L’entente pour diminuer les quotas de pêche au Groenland, pour les 12 prochaines années, est le fruit de discussions et de négociations et a été signée par le Kalaallit Nunaanni Aalisartut Piniartullu Kattuffiat (KNAPK), syndicat représentant les pêcheurs commerciaux du Groenland, la Fédération du saumon atlantique et le North Atlantic Salmon Fund (NASF) sous la surveillance de la Greenland Fishery License Control Authority (GFLK).

L’entente encourage les pêcheurs à limiter leur récolte de saumons sauvages de l’Atlantique en échange d’une aide pour le développement. Il y a aussi d’autres sources de revenus et des programmes de soutien pour réaliser des projets de recherche axés sur le milieu marin et la conservation.

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SAINT-HONORÉ S'OPPOSE AU REGISTRE

Les chasseurs propriétaire d’arme à feu doivent prendre en considération qu’ils ont jusqu’au mardi 29 janvier pour enregistrer leurs armes au Registre québécois des armes d’épaules. Jusqu’en milieu de semaine environ 350 000 armes avaient été inscrites au registre sur un total estimé entre 1,6 et 1,7 million d’armes en circulation au Québec.

Un important mouvement d’opposition s’est mis en place depuis l’adoption de la loi sur le registre et plusieurs chasseurs ont manifesté l’intention de ne pas inscrire leurs armes en guise de protestation. La ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault, a annoncé en conférence de presse mercredi des assouplissements au registre des armes à feu à l’égard de quelques irritants. À cette occasion, le patron de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme, a indiqué qu’après le 29 janvier, les policiers ne feront pas du porte-à-porte pour vérifier les gens, mais qu’ils devront appliquer la loi. Leur intention est d’encourager les gens à inscrire leurs armes et non pas de la poursuivre.

En plus des chasseurs récalcitrants, une vingtaine de municipalités du Québec ont adopté une résolution pour s’opposer au registre. Dans la région, seul le conseil municipal de Saint-Honoré a adopté lundi dernier une résolution demandant l’abolition du registre des armes à feu. « La motion a été adoptée à l’unanimité et je rappelle que notre conseil municipal est composé uniquement de femme », fait valoir le maire de la ville rurale Bruno Tremblay.

« On sait tous que ce registre est inutile et qu’il n’empêchera pas les gestes de violence. Nous avons l’impression que ce sont encore les gens du Plateau à Montréal qui font passer leur idée au détriment des régions. Je suis même étonné que nous soyons la seule municipalité de la région à faire valoir notre désaccord face au registre. J’aurais cru qu’un plus grand nombre de municipalités se mobilisent dans la région », fait valoir Bruno Tremblay qui a l’intention de discuter du sujet lors de la rencontre de la MRC en début de semaine.