Mathieu Morin, guide de pêche blanche à Sainte-Rose-du-Nord proprose une aventure extrême.

Les monstres de Sainte-Rose

CHRONIQUE / Les succès de pêche au poisson de fond dans les abysses du fjord du Saguenay commencent à résonner un peu partout en province et attirent les maniaques qui souhaitent vivre des expériences extrêmes de pêche sous la glace. La pêche miraculeuse du guide de pêche Mathieu Morin avec ses clients dans le secteur de Sainte-Rose-du-Nord, mardi dernier, commence à faire jaser. Un flétan de l'Atlantique autour d'une centaine de livres, ça commence à ressembler à de la pêche extrême.
Le guide de pêche Mathieu Morin a capturé un flétan atlantique de grande taille avec ses clients mardi dernier. Une prise capturée avec canne et moulinet à 700 pieds de profond. Comme il s'agit d'une espèce interdite, le guide a retourné la prise à l'eau.
« C'est tout un exploit que nous avons réalisé. Pour moi c'est l'expérience d'une vie. Ça nous a pris deux heures pour le remonter à la surface et 45 minutes pour agrandir le trou avec une tranche », témoigne Mathieu Morin, qui guide les amateurs de pêche extrême sur les glaces du fjord à Sainte-Rose-du-Nord. Je l'ai rencontré sur le quai du village alors qu'il se préparait à défier les monstres de Sainte-Rose avec des clients de Montréal, dont Bruno Tessier (Slugbaits), le populaire pêcheur urbain et blogueur, en compagnie de ses comparses Robin Dufour et Maxime Fortier.
Mathieu Morin n'est pas un pourvoyeur comme les autres, il vous offre de vivre sa passion comme lui la vit, avec une tente au large en face du cap ou l'eau plonge à 700 pieds de profondeur. « On se rend à mon site de pêche à pied. Je n'ai pas de motoneige, pas de cabane, on pêche à l'intérieur d'une tente. J'utilise des cannes avec des moulinets munis de lignes de 100 livres de résistance, c'est plus sportif que des rouleaux à morue. C'est pour ça qu'il nous a fallu deux heures pour sortir le flétan atlantique », fait valoir le mordu de pêche natif de Sainte-Rose-du-Nord.
Pour ceux qui se posent la question, oui le guide a remis le poisson à l'eau. « Je suis avec des clients, je respecte la réglementation, le reste je ne m'en occupe pas », dit-il en faisant référence aux médias sociaux.
Le village de pêche blanche de Sainte-Rose-du-Nord dans le secteur de la descente des femmes fait partie des beautés du fjord en hiver.
Sainte-Rose-du-Nord est un véritable désert arctique en hiver.
À la recherche du monstre
Les clients que recevait Mathieu Morin vendredi sont des mordus de la pêche. « On ne saute pas beaucoup de fins de semaine. On pêche le plus d'espèces possible dans toutes sortes d'endroits. C'est ma première expérience dans le fjord, ça me semble très particulier de pêcher avec le mouvement des marées. J'ai hâte de voir quelle sensibilité on ressent avec les lignes à 700 pieds de profondeur », commente Bruno Tessier pendant que ses compagnons de pêche sortaient l'équipement du véhicule.
Le trio de pêcheurs de Montréal était très bien équipé, ils avaient des vêtements appropriés, leur tente, le propane, les systèmes de chauffage, l'éclairage, la nourriture, leur guide et... pas de boisson. « On ne consomme pas d'alcool à la pêche, on reste concentré sur nos cannes », disent-ils.
«  Notre objectif est de capturer le plus d'espèces différentes, on veut vivre de nouvelles expériences et s'il y a un requin dans les parages, ça ne me surprendrait pas qu'on le capture, nous sommes capables de bien des prouesses à la pêche. Je pourrais profiter de la chance du débutant, comme j'en suis à ma première visite sur le fjord », badine Brunio Tessier, appuyé par ses compagnons de pêche.
« Nous avons fait un arrêt chez Rémi Aubin à La Baie pour acheter quelques gréements de pêche. L'été je traîne une remorque derrière le camion, c'est mon coffre de pêche. J'ai pour au moins 30 000 $ d'articles de pêche », raconte le blogueur connu sous l'appellation du pêcheur urbain.
Sainte-Rose-du-Nord demeure un endroit mythique pour la pêche blanche sur le fjord du Saguenay avec son paysage de glace unique, c'est un des endroits magiques pour les adeptes de pêche sous la glace.
Les pêcheurs Maxime Fortin, Robin Dufour, leur guide Mathieu Morin et le pêcheur urbain de Montréal Bruno Tessier ont utilisé un « Snowdog » pour accéder aux glaces de Sainte-Rose-du-Nord.
Utilité du « Snowdog »
Parmi les équipements que les pêcheurs de Montréal ont apportés sur le fjord, le « Snowdog », une espèce de petit engin à moteur à chenillette qui se déplace sur la neige avec un pouvoir de traction très solide, risque de devenir une vedette sur les glaces du fjord d'ici quelques années. L'engin permet de se déplacer facilement en se laissant tirer par l'engin et permet de parcourir de grande distance en remplacement d'une motoneige.