Les gestionnaires de la pêche blanche sur le Saguenay et les scientifiques du ministère de Pêches et Océans Canada ont échangé leurs connaissances lors d’une rencontre tenue à l’Institut Maurice Lamontagne sur le suivi de la pêche récréative hivernale au poisson de fond dans le fjord du Saguenay. Nous reconnaissons à gauche le dévoué bénévole et spécialiste de pêche blanche Rémi Aubin qui faisait partie de la délégation régionale.

Les gestionnaires de la pêche blanche se rencontrent

CHRONIQUE / Les représentants de Contact nature et des partenaires de la pêche blanche sur le Saguenay étaient à l’Institut Maurice Lamontagne à Sainte-Flavie dans le secteur de Mont-Joli, dans le Bas-Saint-Laurent, en début de semaine, pour participer à une rencontre sur le suivi de la pêche récréative hivernale au poisson de fond dans le fjord du Saguenay.

À cette occasion, les scientifiques du ministère de Pêches et Océans Canada (MPO) partagent leurs informations avec les associations et comités de pêcheurs du fjord du Saguenay, Promotion Saguenay, la Sépaq et le Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent.

Un suivi depuis 1995

Il faut se rappeler que la pêche récréative hivernale au poisson de fond dans le fjord fait l’objet d’un suivi par le MPO depuis 1995, soit une quinzaine d’années après une pratique active de la pêche sous les glaces du Saguenay. Une mise à jour des connaissances scientifiques est publiée aux deux ans et c’est à partir de ce suivi que sont prises les décisions en ce qui concerne la gestion de la pêche sportive hivernale.

Ce sont ces scientifiques qui font des recommandations pour encadrer la pression de pêche. Leur première intervention a été de diminuer la saison de pêche à 59 jours en 2005 pour ensuite la réduire à 43-45 jours en 2011. Ce sont aussi eux qui ont réduit la limite de prises quotidiennes de 25 à 15 poissons de fond en 2003, puis à cinq en 2004. Ils ont également fait adopter des règles pour la remise à l’eau de certaines espèces.

Ce sont fort probablement ces mesures restrictives qui ont permis à la pratique de la pêche au poisson de fond de se poursuivre, car au début des années 2000, il y avait une épée de Damoclès au-dessus de l’activité de pêche blanche et, chaque hiver, les amateurs craignaient qu’on l’interdise en raison des baisses de populations de poissons.

Des données essentielles

Lors du dernier suivi scientifique publié en 2017, nous avons appris, entre autres, que le succès de pêche était très faible sur les glaces et dans plus de 90 % des activités, les pêcheurs ne capturent pas la limite quotidienne de cinq poissons de fond. Le rapport indiquait également que la moyenne de fréquentation pour la période 1996-2014 est d’environ 39 000 pêcheurs-jours.

En 2008 et 2009, des conditions de glace favorables ont permis une fréquentation au-dessus de la moyenne. À l’opposé, en 2010, les sites ont été installés une à deux semaines après l’ouverture de la saison et la pêche s’est terminée trois à quatre semaines plus tôt que prévu, suite à la fragilisation du couvert de glace entraînant une diminution de la fréquentation à environ 22 000 pêcheurs-jours.

Les scientifiques indiquaient également que depuis 2011, une nouvelle mesure de gestion a réduit la saison de pêche à 43-45 jours, ce qui s’est traduit par une diminution du nombre de pêcheurs-jours.

En 2012, 2014 et 2016, les valeurs plus faibles du nombre de pêcheurs-jours sont également liées à de mauvaises conditions de glace qui ont retardé et même empêché la mise en place de villages de pêche.

Les nouvelles réglementations pour l’installation des cabanes sur la banquise et l’augmentation des coûts cet hiver auront sûrement l’effet de réduire la participation à cette activité.

Implication locale

Le directeur général de Contact nature, Marc-André Galbrand en était à sa première participation à cette rencontre et assure que les nouvelles sont encourageantes non seulement pour la saison 2019, mais pour les années à venir. «Les efforts de gestion des dernières années ont donné de bons résultats et les cohortes de 2011, 2012 et 2013 de sébastes auront des impacts positifs pour la pêche dans les années à venir», a-t-il expliqué.

Il y aura un comité consultatif au début du mois de décembre pour valider les informations partagées cette semaine et nous pourrons en savoir davantage sur le suivi des deux dernières années avant la fin de l’année.

Les amateurs sont ravis de voir la glace s’installer aussi tôt cet automne dans la Baie des Ha! Ha! Ça fait des années que les pêcheurs rêvent d’embarquer sur la glace pour fêter Noël. Si la tendance se maintient, les 12 pouces de glaces effectives devraient s’épaissir d’ici la fin du mois de décembre.