La pratique des activités de chasse et de pêche est de moins en moins accessible.

Les activités de chasse et de pêche moins accessibles

CHRONIQUE / La pratique des activités de chasse et de pêche est de moins en moins accessible. Les détenteurs de baux de villégiatures sur le domaine des terres publiques ont reçu cette semaine les informations relatives à la nouvelle tarification en vigueur et la plupart d'entre eux devront verser plus d'argent pour leur camp de chasse et pêche en forêt.
Depuis le 1er janvier 2016, une nouvelle tarification s'applique aux baux de villégiature sur les terres publiques. La valeur des terrains en location augmente d'année en année ainsi que le prix du bail de sorte que les villégiateurs trouveront la facture salée en 2020. Des baux de villégiature qui coûte autour de 400$ en 2016 frôleront les 1500$ en 2020, ça fait tout un bail, comme dirait l'autre.
Les amateurs de chasse et pêche qui ont choisi cette activité de loisir pour son accessibilité risquent de convertir à la marche à pied ou à la pratique du vélo dans les prochaines années parce que la facture va commencer à être dure à avaler. Si on paye 1500$ de bail de villégiature et qu'on ajoute à cela les droits d'accès, de chasse et de pêche sur une zec autour de 500$ plus 300$ de permis de chasse et pêche, les amateurs devront débourser près de 2500$ par année avant de dépenser pour l'achat d'essence, de propane et de divers équipements. D'ici cinq ans les amateurs de chasse et pêche qui détiennent un bail de villégiature en forêt sur une zec devront allonger 3000$ au minimum pour pratiquer leurs activités.
Ajoutez à cela les dépenses reliées aux véhicules automobiles, aux équipements comme les VTT, moteurs hors-bord, les embarcations nautiques, les armes à feu, les caméras de surveillance, les vêtements spécialisés et tout ce qui entoure les retombées économiques de ces activités. Dans le contexte d'une population vieillissante et des nombreux départs à la retraite, on peut se demander si les activités de chasse, de pêche et de villégiature feront encore partie de l'ADN naturel des gens de la région.
Avec la hausse des tarifs qui entoure ces activités depuis quelques années, il faut se demander si la clientèle pourra suivre. Les salaires ne suivent pas ces différentes augmentations, l'accès aux activités cynégétiques et halieutiques commence à être hors de prix, tout augmente sauf les revenus, ça ne pourra plus durer comme ça.
Territoires de chasse à louer...
Ma chronique publiée dans le journal Le Quotidien cette semaine en rapport avec la location des territoires de chasse a suscité quelques réactions. Un chasseur m'a fait part de sa grande surprise cet automne, alors qu'un chasseur à la recherche d'un spot de chasse se pointe sur son territoire. En bon chasseur sportif, il accepte de partager son territoire de chasse avec le nouveau propriétaire de chalet dans le secteur. À l'ouverture de la chasse à l'orignal, le chasseur en question rencontre un groupe de quatre chasseurs sur la portion de territoire qu'ils avaient partagée. Les gars en question lui disent qu'ils ont loué le territoire de chasse pour 400 $ par semaine, 16 chasseurs au total se sont retrouvés sur le territoire.
« J'imagine maintenant qu'il va louer des lacs en y installant des chaloupes et qu'il va déboiser des accès juste à côté de nos chalets. À moins qu'il me demande d'utiliser mes chaloupes pour ses clients. Alors, par leur indifférence envers le bois, sa gestion et par ses nombreuses diminutions de budget, les différents gouvernements ont laissé dans de biens mauvaises mains. Pour notre part, mon voisin et moi, nous continuerons d'agir en gentlemen envers cette nature généreuse, mais ne venez pas nous voir pour savoir s'il y a du territoire libre pour chasser ou pêcher ? Peut-on nous blâmer ? » m'écrit le chasseur qui a voulu se montrer bon joueur et qui s'est retrouvé face à des activités de pourvoirie déguisée.
Il faut vraiment que le ministère de la Forêt et de la Faune déploie des effectifs sur le territoire pour reprendre un peu le contrôle des terres publiques, il n'y a pas seulement les roulottes qui doivent sortir du bois, les pourvoyeurs illégaux aussi...