Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs veut abattre des loups gris dans la forêt de Charlevoix pour protéger une population de caribous forestiers, une situation dénoncée par des amants de la faune.

Le MFFP veut abattre des loups dans la forêt de Charlevoix

L’intention du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) d’abattre des loups gris dans la forêt de Charlevoix pour protéger une population de caribous forestiers soulève l’indignation et la consternation d’une partie de la population.

Cette semaine, un groupe d’amants de la nature a lancé une pétition en ligne pour dénoncer cet abattage. « Nous sommes totalement en désaccord avec cette mesure que nous jugeons strictement politique et qui, de toute évidence, ne représente pas une solution appropriée à la problématique du déclin de cette harde de caribous. C’est pourquoi nous souhaitons faire entendre une voix scientifique plus objective dans les médias. Contrairement à d’autres ministères, les erreurs et les décisions très discutables du MFFP font rarement l’objet de reportages, ce qui, à nos yeux, contribue à maintenir le public dans l’ignorance quant aux vrais enjeux » indiquent Julie Lebel et Gisèle Benoit, les initiatrices de cette pétition.

Au moment d’écrire ces lignes, vendredi après-midi, le site de la pétition mise en ligne le 24 novembre comptait 3662 signataires.

Dans le texte de présentation de la pétition, les auteures mettent en relief le fait que « le déclin des caribous forestiers de Charlevoix est une conséquence des nombreuses perturbations causées à leur habitat par des activités récréotouristiques et forestières et que l’abattage des loups est un choix principalement politique, peu efficace et très controversé sur le plan éthique et scientifique ».

Mesures inacceptables

Elles indiquent également qu’« attendu qu’en l’absence d’une réelle volonté politique du gouvernement du Québec d’arrêter la destruction des habitats du caribou forestier, le contrôle du loup ne freinera pas le processus d’extinction en cours chez une espèce peu adaptable comme le caribou forestier. Pour toutes ces raisons et d’autres encore, NOUS, amoureux de la nature, biologistes, photographes, naturalistes, chasseurs, trappeurs et autres citoyens soucieux de la préservation du monde sauvage, unissons nos voix pour reconnaître le rôle écologique du loup gris et demander au MFFP de renoncer aux campagnes d’abattage prévues dans les prochains mois dans Charlevoix. Nous nous opposons au fait que le loup gris paie pour les modifications de l’écosystème causées par les négligences du ministère », font valoir les signataires.

Radio-Canada révélait cette semaine les mesures proposées par le MFFP dans un récent rapport d’inventaire qui évalue à 26 le nombre de caribous dans la harde de Charlevoix. Ce troupeau avait disparu en 1920 et a été réintroduit au début des années 1970. Le cheptel comptait 126 bêtes en 1992 et vit un déclin depuis ce temps.

« Le rapport d’inventaire fait état de seulement 26 caribous forestiers observés lors de survols en hélicoptère effectués du 5 au 27 mars. Des 26 spécimens, seuls deux étaient des faons, confirmant du même coup un taux de renouvellement très faible de la population », indique-t-on dans le reportage.