Roger Blackburn
L’ouverture de la saison de pêche à la ouananiche au lac Saint-Jean s’est déroulé dans des conditions hivernales à l’embouchure de la rivière Ouiatchouan à Val-Jalbert.
L’ouverture de la saison de pêche à la ouananiche au lac Saint-Jean s’est déroulé dans des conditions hivernales à l’embouchure de la rivière Ouiatchouan à Val-Jalbert.

Le lac Saint-Jean confiné par les glaces

CHRONIQUE / L’ouverture de la saison de pêche à la ouananiche s’est faite sous la neige, sur un lac gelé avec un bas niveau d’eau. On aurait dit que le lac Saint-Jean était confiné par les glaces dans ce contexte de pandémie de coronavirus. Quelques petites embarcations seulement se sont aventurées dans l’embouchure des rivières où des dizaines de pêcheurs exerçaient leurs lancers dans une eau glaciale.

Il y avait quelques valeureux pêcheurs, habillés comme en hiver, à gué sur les rives du lac, à l’embouchure de la rivière Métabetchouane à Desbiens, mais il n’y avait pas de ouananiche de capturée lors de mon passage dans le secteur.

On pouvait aussi observer le même scénario à Val-Jalbert à la sortie de la rivière Ouiatchouan alors que des pêcheurs lançaient leur ligne sans trop de succès au pied des rapides.

Bas niveau du lac

« On a commencé la journée à Val-Jalbert, mais il n’y avait pas assez d’eau dans la rivière et on était toujours crocheté au fond. On a donc décidé de venir ici à Desbiens, mais c’est très tranquille, c’est comme en hiver et l’eau est très froide », a commenté Simon Bouchard de Roberval qui participait pour la première fois à l’ouverture de la pêche au lac.

Benoît Darveau de Jonquière a fait le trajet avec sa fille Krystel pour tâter la ouananiche.

« Je n’étais pas d’accord avec l’idée, je trouvais qu’il faisait trop froid, mais je me suis laissée convaincre par mon père », confie celle qui était au bord de l’eau dès 7 h le matin. Pour eux aussi, il s’agissait d’une première participation à l’ouverture de la saison de pêche au lac.

Il faudra attendre quelques jours encore pour que les conditions de pêche s’améliorent. Il faut que le niveau du lac monte d’au moins de deux pieds pour faciliter la mise à l’eau des embarcations et pour permettre à la température de l’eau de monter de deux ou trois degrés pour que le poisson soit un peu plus actif.

Les jeunes affamés arrivent dans le lac

L’an dernier, le lac a été libéré de ses glaces neuf jours après l’ouverture de la saison de pêche à la ouananiche. « Après un début de saison difficile, la pêche sportive s’est rétablie. La récolte sportive de la saison 2019 a été plus productive que celle des six dernières années, ce qui a permis de restreindre le pic d’abondance des reproducteurs en rivière », indique le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) dans son bilan rendu public récemment.

Le ministère indique également qu’en 2019 on observe une hausse marquée des éperlans juvéniles deux fois plus élevée que la moyenne. Par contre, l’abondance de l’éperlan âgé d’un an et plus a diminué de moitié par rapport à 2018.

Le nombre de jeunes ouananiches qui feront leur arrivée dans le lac ce printemps sera très élevé, car ce sont les rejetons de remontées migratoires record de 2017. Il reste à espérer qu’il y ait assez d’éperlan pour nourrir tous ces saumoneaux qui vont se gaver dans le lac comme des ados vident le frigo après une longue veillée. Il ne faut pas oublier que durant sa vie en lac, une ouananiche croît de façon plus marquée durant son premier été.

Benoît Darveau de Jonquière s'est installé confortablement à l'embouchure de la rivière Métabetchouan à Desbiens pour l’ouverture de la saison de pêche à la ouananiche

Il faudra attendre les prochaines semaines pour avoir une idée de la qualité de pêche qui va s’offrir aux adeptes.

Simon Bouchard e Roberval a tenté sa chance à l'embouchure de la rivière Métabertchouane à Desbiens pour l'ouverture de la saison de pêche à la ouananiche.