Si la ouananiche est considérée comme la reine du lac Saint-Jean, le doré en est incontestablement le roi. L’espèce est plus populaire que le saumon d’eau douce auprès des pêcheurs, selon une étude menée par la Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées de l’UQAC.

Le doré, le roi du lac Saint-Jean

CHRONIQUE / Le doré jaune est le poisson le plus populaire auprès des pêcheurs sportifs du lac Saint-Jean. La scientifique Sonya Lévesque, de la Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), a réalisé un sondage en 2017 sur la pêche au doré du lac. Des informations intéressantes s’en dégagent.

Au moment d’écrire ces lignes, des centaines de pêcheurs se préparaient à prendre d’assaut le Piékouagami pour l’ouverture de la saison de ce poisson recherché pour les plaisirs de la chère, mais aussi comme une activité de plein air. Rappelons que la limite de prise quotidienne de dix dorés dans l’Aire faunique communautaire du lac Saint-Jean fait figure d’exception au Québec. La limite de prise est généralement de cinq dorés.

Plus populaire que la ouananiche

L’auteure de l’étude nous apprend que le doré jaune est la principale espèce sportive capturée au Canada et qu’au Québec, il prend la seconde place derrière l’omble de fontaine. Selon les chiffres de Pêches et Océans Canada, on capture annuellement près de huit millions de dorés au Québec, dont un peu moins de la moitié est conservée. Cette activité représente le tiers des jours de pêche enregistrés dans la province.

Le lac Saint-Jean n’échappe pas à cette tendance. Si la ouananiche est considérée comme la reine du lac, le doré en est incontestablement le roi. L’espèce est plus populaire que le saumon d’eau douce auprès des pêcheurs. « La pêche au doré génère en moyenne 40 000 jours-pêcheurs par année pour 110 000 captures en saison estivale, alors que la pêche à la ouananiche en génère 13 000 jours-pêcheurs par année pour 7000 captures. Les retombées économiques de la pêche sportive au lac Saint-Jean étaient de l’ordre de 11,6 millions de dollars en 2016 », indique la chercheuse.

Le rapport annuel de la Corporation LACtivité pêche Lac-Saint-Jean (CLAP) indique qu’il se vend 15 500 autorisations de pêche par année dans l’aire faunique communautaire du lac Saint-Jean. On peut donc estimer que le nombre de pêcheurs de doré pourrait être de plus de 10 000 adeptes au lac.

Le sondage réalisé par l’UQAC indique que les deux tiers des pêcheurs interrogés sont âgés de 35 à 64 ans (64 %), moins du quart ont plus de 65 ans (23 %), et la proportion restante représente la relève (11 % pour les 18-34 ans et 2 % pour les moins de 18 ans). La majorité des répondants réside au Lac-Saint-Jean (59 %), alors que le quart provient du Saguenay (25 %) et qu’une faible proportion des pêcheurs réside hors de la région (16 %).

Pour la consommation

Toujours selon le sondage, globalement, le doré jaune du lac Saint-Jean est d’abord pêché pour des raisons spécifiques liées à l’activité de pêche, c’est-à-dire pour le sport et le plaisir de capturer un poisson (91 %), pour la consommation personnelle et celle de l’entourage (91 %) et parce que la chair du doré est particulièrement savoureuse (95 %). À ces raisons s’ajoutent des motifs généraux comme être en contact avec la nature (91 %) et passer un bon moment en famille ou entre amis (90 %).

L’étude indique également que les raisons liées à la performance sont beaucoup moins populaires auprès des pêcheurs de doré du lac Saint-Jean. Seulement 10 % des pêcheurs cherchent à surpasser leurs records de pêche ou ceux des autres pêcheurs, 27 % pêchent pour capturer un poisson-trophée, et 4 % pour conserver un poisson-trophée. Ce qui revient à dire que capturer un trophée motive certains répondants, mais seulement une poignée d’entre eux souhaite le conserver.

C’est sur cette base de données que la CLAP a appuyé sa recommandation de remettre à l’eau les dorés de plus de 47 cm annoncée cette semaine en conférence de presse. En ce qui concerne les attentes des pêcheurs en regard de leur récolte, un peu moins de la moitié des répondants (48 %) se dit satisfaite avec une récolte de six dorés et moins.

Le tiers de la clientèle espère atteindre sa limite (10 dorés, 14 %) ou s’en approcher grandement (sept à neuf dorés, 20 %). Enfin, un pêcheur sur six (16 %) ne se préoccupe pas du nombre de dorés conservés. La grande majorité des dorés récoltés est consommée par le pêcheur ou ses proches (93 %), et seulement 5 % des répondants donnent la plus grande partie de leur récolte. Cette statistique démontre à quel point la consommation de poissons frais et biologique est importante pour les pêcheurs.