Frédéric Blackburn et Mathieu Leblanc, de Chicoutimi, montrent fièrement leurs dorés capturés sur un des lacs du plan de pêche du secteur d'hébergement du lac Chigoubiche de la Réserve faunique Ashuapmushuan.

L'Ashuapmushuan toujours populaire

CHRONIQUE / La Réserve faunique Ashuapmushuan connaît une hausse de popularité du plan de pêche avec hébergement pour une troisième année consécutive. « Déjà nous avons une hausse de 30 % des réservations pour la saison 2018 comparativement à l'an passé. Les clients apprécient les services que nous offrons et la qualité de la pêche », fait savoir Aurélien Launière, le directeur de la réserve faunique qui est gérée en cogestion par la Sépaq et la communauté autochtone de Pekuakamiulnuatsh Takuhikan, Mashteuiatsh.
Avec un groupe de pêcheurs, nous avons profité d'une nuit d'hébergement disponible dans le secteur de Chigoubiche, que nous avons pu repérer sur le site internet de la réserve faunique. Le plan de pêche de ce secteur d'hébergement propose des lacs poissonneux avec des poids moyens très intéressants.
Quand nous sommes partis aux petites heures du matin, le mercure indiquait un degré Celcius et la vapeur montait des lacs et rivières tout le long de la route 167 pour se rendre au kilomètre 113 au poste d'accueil de Chigoubiche.
Nous avions opté pour une excursion avec guide pour éviter de chercher les endroits stratégiques sur le lac. Un groupe de pêcheurs avait son embarcation personnelle alors que l'autre groupe utilisait une chaloupe de la réserve avec un moteur loué sur place. Notre guide ne se montrait pas trop optimiste en raison de l'arrivée d'un front froid et une baisse de la température. « La pêche risque d'être difficile ce matin, mais on va travailler les meilleurs spots », dit-il avant de partir pour un lac situé à 24 kilomètres de chemin forestier.
Après avoir traversé des secteurs rocheux où il fallait lever les pieds de moteurs dans un passage connu par le guide Jérôme Bergeron qui nous accompagnait, les deux équipes de pêcheurs se sont séparées sur le lac et le hasard a voulu que les pêcheurs sans guide aient connu un meilleur résultat que notre embarcation avec le guide à bord. La pêche fut difficile, mais nous avons tout de même réalisé quelques bonnes prises de taille.
Plan de pêche
Le succès de pêche des dernières années a forcé la direction de la réserve à modifier son plan de pêche pour la saison en ouvrant des lacs plus tardivement en saison pour répartir la pression de pêche. « Il y a plus de 1200 lacs dans la réserve et nous en exploitons à peine une centaine. Les réservations pour l'hébergement sont excellentes et il nous reste à peine quelques disponibilités à la fin du mois d'août », signifie le directeur de la réserve précisant que c'est une excellente période pour le doré.
« Nous avons l'intention d'ouvrir la saison de pêche un peu plus tard le printemps prochain, car la pêche est difficile en début de saison. De plus, nous avons tout vendu nos voyages de chasse printanière de l'ours noir et notre personnel est très sollicité lors de cette période. On préfère des chasseurs heureux au lieu de pêcheurs qui trouvent le début de saison difficile à la fin du mois de mai. Ça fait trois ans que le printemps tardif rend des chemins impraticables et on préfère ouvrir la saison à la mi-juin, quand le réseau routier s'est débarrassé de son couvert de neige et que le sol est complètement dégelé », explique Aurélien Launière.
Popularité du brochet
Un des aspects étonnants de la clientèle de pêche de la Réserve faunique Ashuapmushuan est la hausse de popularité de la pêche au brochet. « On dirait que la clientèle s'est débarrassée du mythe que le brochet c'est difficile à arranger et que c'est plein d'arêtes. Notre personnel a réussi à sensibiliser les gens et à leur apprendre à faire des filets et les pêcheurs se sont réconciliés avec ce poisson qui dépasse les 15 et 20 livres (6,8 à 9 kg) dans les lacs de la réserve », informe Aurélien Launière qui voit là un autre avantage de la cogestion avec les membres de la communauté autochtone.
Les gestionnaires de la réserve faunique continuent d'aménager des frayères sur différents lacs en collaboration avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs et une aide financière de la Fondation de la faune du Québec. Le lac Desgly a fait l'objet de travaux l'été dernier. Les travaux consistaient à augmenter la superficie et la qualité de deux frayères à doré jaune. Un tapis de roches a été disposé de façon à créer des conditions physiques optimales pour la fraye.