Michel Morin a trouvé un orignal mort dans sa cabane à bois avec des morceaux de poils arrachés en raison de la présence de la tique d'hiver.

La tique de l'orignal inquiète

CHRONIQUE / La tique de l'orignal qui s'installe dans la région inquiète de plus en plus les chasseurs. Michel Morin, de Laterrière, a fait la macabre découverte cette semaine d'un orignal mort dans sa cabane à bois sur ses terres en milieu boisé. « On observe souvent des orignaux l'hiver sur nos terres à bois, mais cette année nous en avons vu au moins trois qui étaient très affectés par la tique de l'orignal. Celui que nous avons trouvé mort dans la cabane à bois avait beaucoup de poils d'arrachés. Il venait se gratter sur nos cordes de bois pour se soulager », raconte celui qui chasse aussi l'orignal en période automnale.
Le chasseur raconte qu'ils ont vu des endroits où les orignaux se grattent le poil sur la neige où il y avait beaucoup de sang. « On a vu des tiques gorgées de sang et des signes très évidents que les orignaux sont infectés », témoigne Michel Morin qui connaît bien ce secteur boisé de Laterrière. Il assure que c'est un phénomène nouveau dans son secteur de chasse.
Il n'était pas possible de parler à la spécialiste de la tique de l'orignal au ministère de la Faune, elle était absente pour la semaine selon le responsable des communications, mais le site internet du MFFP est assez bien documenté sur la tique de l'orignal.
Il est difficile d'avoir un portrait détaillé de cette problématique dans la région, car il n'y a pas à ma connaissance de campagne de suivi de la tique même s'il y a eu des échantillonnages de fait au cours des dernières années. On sait qu'il a des cas de tique chez la population d'orignal de la région, de nombreux chasseurs peuvent en témoigner, mais on ne sait pas si le phénomène est en hausse et généralisé comme c'est le cas dans le sud du Québec.
Sur le site internet du MFFP on nous informe « qu'en plus d'entraîner une dépense énergétique supplémentaire, le grattage excessif empiète sur le temps normalement alloué à l'alimentation et au repos. Le pelage endommagé, pour sa part, entraîne des pertes de chaleur et donc une demande accrue en termes de thermorégulation. Certains orignaux affaiblis craignent moins la présence humaine, semblent perdus ou confus ou s'aventurent hors de leur habitat naturel », ce qui pourrait expliquer la présence d'un orignal mort dans la cabane à bois de Michel Morin à Laterrière.
« Les fortes densités d'orignaux augmenteraient les probabilités pour les larves de tiques de trouver un hôte sur lequel passer l'hiver. Or, au cours de la dernière décennie, la population d'orignaux du Québec a doublé. Il est donc normal, dans les secteurs où les densités d'orignaux sont élevées, que plusieurs bêtes affectées soient observées », indique le MFFP. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le nombre d'orignaux est passé de 8700 à plus de 16 000 en 2014 selon les estimations.
« En Alberta, on suspecte que tous les orignaux sont parasités par la tique d'hiver, chaque année. Environ tous les 10 à 15 ans, des populations locales d'orignaux chutent dramatiquement, notamment à cause de la présence accrue de la tique d'hiver. Cette mortalité massive survient normalement lorsque les densités d'orignaux approchent 30 individus par 10 km2. Les populations d'orignaux prennent 2 à 3 ans à se rétablir. La nourriture est alors plus abondante et les tiques sont beaucoup moins nombreuses », peut-on lire sur le site du MFFP. Rappelons que la viande provenant d'orignaux infestés par la tique d'hiver peut être consommée sans danger. En effet, la tique se nourrit du sang de l'orignal, mais ne lui transmet aucune maladie.
Accès aux plans d'eau
La ville de Saguenay devrait profiter du nouveau programme du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs en confiant à l'Association chasse et pêche de Chicoutimi, qui est propriétaire de la marina du vieux port, le mandat de soumettre un projet pour améliorer la descente de bateau qui donne accès à la rivière Saguenay. L'objectif de ce nouveau programme est de soutenir financièrement les projets d'organismes municipaux souhaitant améliorer leurs infrastructures de mise à l'eau d'embarcations de plaisance, tout en maintenant des coûts abordables pour les pêcheurs sportifs. Le financement de ce programme est possible grâce aux revenus générés par la vente des permis de chasse et pêche et de piégeage au Québec. Le programme vise également à soutenir la lutte contre les espèces exotiques envahissantes en encourageant l'implantation de stations de nettoyage d'embarcations et d'autres mesures de prévention et d'atténuation. Les organismes municipaux ont jusqu'au 2 mai 2017 pour présenter un projet. Chaque projet sélectionné recevra une aide financière pouvant aller jusqu'à 40 % des dépenses admissibles générales, et ce, jusqu'à concurrence de 45 000 $. De plus, une bonification de 5000 $ sera également possible pour un projet comportant une station de nettoyage d'embarcations. Les travaux doivent être réalisés avant le 31 mars 2018.
VTT dans l'eau
Circuler en véhicule hors route au Québec peut parfois s'avérer néfaste pour la faune et ses habitats. Quatre individus de Lanaudière l'ont appris à leurs dépens lorsqu'ils ont été reconnus coupables d'avoir réalisé une activité susceptible de modifier un élément biologique, physique ou chimique propre à l'habitat du poisson en janvier dernier. Les hommes avaient circulé dans plusieurs cours d'eau avec leur véhicule de type 4 x 4 dans la zec Collin, au nord de Saint-Michel-des-Saints à l'automne 2012. Ils devront s'acquitter chacun d'une amende de 500 $ en plus de remettre un don variant de 250 $ à 500 $ à la Fondation de la faune du Québec. Le ministère de la Forêt de la Faune et des Parcs rappelle aux adeptes de randonnée en véhicule tout-terrain et de type 4 x 4 que les cours d'eau et les milieux humides sont des endroits à éviter puisqu'ils peuvent constituer un habitat pour le poisson ou d'autres espèces animales.
« Le lit des cours d'eau est constitué d'un substrat qui comprend divers matériaux tels que des cailloux, du gravier et de fines particules. En l'absence de perturbation, le substrat demeure stable. C'est là que vivent et se reproduisent les larves d'insectes qui composent la majeure partie du régime alimentaire du poisson. Ces matériaux offrent aussi des abris aux poissons qui leur permettent d'échapper aux prédateurs ou de trouver un refuge lors des crues », fait valoir le MDFFP.