C’est grâce à un détecteur de métal que la machinerie agricole a évité de s’enrayer ou laisser une cartouche dans le foin destiné aux animaux.

La relève a de plus en plus de place

Les chasseurs d’oiseaux migrateurs sont déjà à l’oeuvre dans les champs et dans les marais un peu partout dans la région. Le directeur général de l’Association des sauvaginiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Michel Bouchard, espère que les jeunes de la relève trouveront de plus en plus de place pour pratiquer leur activité.

« Depuis quatre ans, nous avons réussi à rendre accessibles 60 champs de cultivateurs pour les amateurs d’oiseaux migrateurs. Ces champs sont clairement identifiés sur notre site Internet et il suffit aux amateurs de communiquer avec l’association pour connaître les disponibilités », fait savoir le pilier de la chasse à la sauvagine dans la région.

Place à la relève
Michel Bouchard a fait le tour de la région au cours de l’été pour assister aux différentes assemblées de l’Union des producteurs agricoles (UPA) et rencontrer les agriculteurs, afin de les sensibiliser aux bienfaits d’ouvrir leurs champs aux nouveaux chasseurs. « Dans les années 70, on comptait 70 000 chasseurs de sauvagine dans la province. Nous sommes environ 30 000 aujourd’hui. Considérant que les baby-boomers se dirigent massivement vers l’âge de 70 ans, il faut s’attendre à les voir délaisser cette activité dans les années à venir ce qui pourrait nous amener à moins de 20 000 chasseurs d’oiseaux migrateurs dans dix ans », analyse Michel Bouchard.

L’Association des sauvaginiers poursuit avec acharnement ses activités de recrutement alors que l’organisme compte plus de 550 membres sur environ 1200 chasseurs d’oiseaux migrateurs dans la région. « Plus nous serons nombreux au sein de notre organisme, plus nous serons en mesure de défendre nos intérêts auprès des différents intervenants. Je remarque que les jeunes chasseurs sont très présents sur les réseaux sociaux à partager leur expérience avec d’autres chasseurs et c’est très enrichissant pour eux. Ils ne doivent pas oublier que c’est leur association qui les représente et que c’est important de renouveler leur carte de membre », fait valoir le bénévole qui ne compte pas d’implication à l’égard de la sauvagine.

Application mobile
Parmi les nouveautés mises de l’avant par les sauvaginiers, il faut compter désormais une application mobile pour téléphone intelligent. « Si nous voulons encourager la relève, il faut leur offrir des outils modernes, même si l’activité de chasse est ancestrale. Dès cet automne, les chasseurs pourront géoréférencer les champs disponibles sur leur téléphone et dès l’an prochain, ils pourront réserver le champ où ils voudront chasser. Près de la moitié des agriculteurs n’ont pas besoin de rencontrer les chasseurs qui vont sur leur terre, alors la chasse sera plus facile pour eux. Pour les autres, les chasseurs devront continuer à se présenter aux agriculteurs.»

La saison de chasse aux oiseaux migrateurs a débuté le 1er septembre dans les champs et le 15 septembre sur les plans d’eau comme les étangs et marais situés sur le territoire. « Nous avons une superbe ouverture au petit marais de Saint-Gédéon, la meilleure depuis les cinq dernières années. Il y avait plus de canards et nous avons comblé toutes les places disponibles, soit les six caches pour 12 chasseurs », informe Michel Bouchard.

L’association offre aussi la possibilité de chasser au marais de Shipshaw, un endroit que j’ai visité l’automne dernier, un site exceptionnel où il y a deux caches plantées dans un décor magnifique. « Le succès de chasse n’est pas aussi bon qu’à Saint-Gédéon, mais l’endroit est unique », fait valoir le chasseur. Des sites appâtés illégalement à proximité du marais attireraient les canards ailleurs pour se nourrir, soupçonne le sauvaginier.

Les oies et les bernaches seront aussi abondantes que par les années passées dans la région. « Mercredi matin, il y avait pas moins de 4000 à 5000 oies sauvages sur le Saguenay dans le secteur du rang Saint-Martin à Chicoutimi. L’inventaire du Service canadien de la faune estime à environ 877 000 oies des neiges pour 2018, ce qui est sensiblement comparable aux autres années », fait savoir Michel Bouchard.

Michel Bouchard, directeur général de l’Association des sauvaginiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean, invite les chasseurs d’oiseaux migrateurs à rejoindre les rangs de l’organisme et à respecter les champs prêtés par les agriculteurs pour la chasse à la bernache et à l’oie blanche.

« Pour la bernache, on ne verra pas de baisse cet automne (avec un inventaire de près de 739 000), mais le printemps 2018 a été difficile pour la reproduction et nous en verrons les effets dans trois ans. Les prédateurs en manque de nourriture se sont servis dans les nids d’oiseaux. La saison 2018 sera l’occasion de récolter surtout des oiseaux adultes », informe le sauvaginier pour compléter le tableau.

En terminant, le directeur de l’Association des sauvaginiers désire rappeler aux chasseurs qu’il est important de ramasser les cartouches de tir et les bourres dans les champs après leur activité de chasse pour éviter qu’elles se retrouvent dans les balles de foins où qu’elle endommage la machinerie agricole. « Un cultivateur a publié récemment une photo avec une cartouche dans son équipement agricole. Il faut toujours sensibiliser les chasseurs et leur rappeler que c’est un privilège d’aller au champ », dit-il.

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UNE RÉCOLTE EN HAUSSE CONSTANTE

La saison de chasse à l’orignal avec arme à feu a débuté aujourd’hui, en ce samedi 22 septembre (jusqu’au 12 octobre) dans la zone 28, qui regroupe l’ensemble des territoires de chasse du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Environ 26 000 adeptes (soit 15 % des chasseurs du Québec) se partageront les habitats forestiers pour récolter un mâle adulte ou un veau, car il est interdit de chasser la femelle en cette saison restrictive. 

Au cours des dix dernières années, la récolte d’orignaux est en hausse constante dans la région. Pour les saisons restrictives de 2008 (1814), 2010 (2114), 2012 (2269), 2014 (2551) et 2016 (2664), les statistiques indiquent des hausses constantes. Si la tendance se maintient, les chasseurs devraient récolter près de 2800 orignaux pour la saison 2018.

Dans ces mêmes années, les adeptes de la chasse à l’orignal ont considérablement modifié leurs techniques de chasse pour s’adapter aux réalités modernes. Les appareils photo avec détecteurs de mouvement permettent aux chasseurs de voir les clichés des bêtes qui fréquentent leur territoire. De plus en plus utilisés, ces appareils alimentent l’espoir des chasseurs qui se mettent à rêver quand un gros buck apparaît sur les clichés.

Les scies à batterie permettent aux chanceux qui récoltent une bête de la débiter en forêt sans trop d’effort, alors que les VTT facilitent le transport des quartiers de viande. Avec les automnes chauds que nous connaissons depuis les dix dernières années, les adeptes ne lésinent plus avec leur viande et la ramènent en ville le plus rapidement possible pour les entreposer dans les entrepôts réfrigérés des centres de coupe de viande, évitant ainsi que la venaison se détériore en forêt.

Les chasseurs sont prêts à rouler des centaines de kilomètres de route forestière pour conserver leur viande au frais. Plusieurs reprennent ensuite le chemin de la forêt pour poursuivre leurs vacances de chasse et pratiquer la récolte de petit gibier.

Le réseau des réserves fauniques de la Sépaq compte d’ailleurs sur des chambres froides dans la plupart des territoires pour débiter et entreposer les carcasses avant le retour à la maison. Le réchauffement des automnes oblige ainsi les chasseurs à agir de la sorte pour conserver leur venaison.