Ce vaste territoire faunique tire son nom de la plus vive de ses rivières, l'Ashuapmushuan.

La pêche à deux lignes, pourquoi pas?

CHRONIQUE / La pêche à deux lignes, pourquoi pas ? Ce fut le titre d'une de mes premières chroniques chasse et pêche, il y a plus de 30 ans, dans le Progrès-Dimanche. Évidemment tout ce qu'il y avait d'agents de protection de la faune, de biologistes et gestionnaires de la pêche m'étaient tombés sur la tête en disant qu'il s'agissait là d'une pratique antisportive.
Pourtant, je trouve que c'est bien plus sportif de pêcher à deux lignes. Il y a plus d'action et ça permet d'utiliser différentes techniques de pêche avec différents leurres à bord d'une embarcation ou même à gué.
De toute façon ça ne change absolument rien pour la ressource ; les limites de prises quotidiennes, les limites de possession et les quotas de lacs sont les mêmes. Et entre nous, quand ça mord, nous n'avons pas besoin de deux lignes, une seul suffit pour s'amuser, sinon à deux lignes nos cannes sont toujours mêlées. C'est quand ça ne mord pas qu'on voudrait essayer différentes techniques de pêche.
Avec deux lignes, on pourrait pêcher à la traîne et en même temps pratiquer des lancers à la mouche de chaque côté de l'embarcation ou pêcher à la traîne avec une ligne en surface et une ligne en profondeur avec des leurres différents. Ça dérange qui, si on pêche à deux lignes ? Les commerçants risqueraient juste de vendre plus de cannes à pêche, plus de lignes, plus d'équipements. Ça permettrait probablement aussi à des pêcheurs de se familiariser avec la pêche à la mouche pendant qu'une ligne dormante repose au fond du lac.
La pêche à deux lignes est intéressante quand un pêcheur est seul dans son embarcation. Dès que nous sommes deux ou trois pêcheurs dans la chaloupe, il y a déjà assez de lignes à l'eau pour se mêler lors des manoeuvres de changement de direction. Alors je repose la question, ça dérange qui, la pêche à deux lignes ?
Refus du MFFP
Je ramène cette question dans l'actualité parce que la Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec (FédéCP) en fait la proposition dans le cadre des consultations fédérales de Pêches et Océans Canada sur les permis de pêche récréative en mer pour l'est du Canada qui se déroulent présentement au pays.
« Nous avons demandé au ministère provincial des Forêts de la Faune et des Parcs de modifier la réglementation pour permettre la pêche à deux lignes au Québec et la demande a été refusée sans explication », fait savoir Marcel Simard de la FédéCP du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
« Comme la pêche est de juridiction fédérale, nous pensons que le ministère des Pêches et Océans Canada (MPO) pourrait permettre la pêche à deux lignes et que le gouvernement provincial n'aurait pas le choix d'appliquer cette règle », fait valoir le militant de la faune impliqué depuis plus de 40 ans dans la défense des droits des chasseurs et pêcheurs au Québec.
« Comme il s'agit d'un privilège dont aimeraient profiter les pêcheurs sportifs, la présente consultation est une bonne occasion pour faire valoir au MPO la demande des pêcheurs du Québec », estime l'organisme dans un document de consultation.
Permis de pêche récréative en mer
Le MPO envisage de mettre en oeuvre un nouveau régime de délivrance de permis de pêche récréative en mer dans l'est du Canada. « L'arrivée d'un permis, avec déclaration des prises, aidera le MPO à mieux suivre les populations, ainsi que la pression de pêche et le nombre de captures. D'ailleurs, le permis ne sera pas nécessaire pour toutes les espèces. Les poissons catadromes (anguille), et les poissons anadromes (bar rayé, éperlan, truite de mer, esturgeon et autres) ne sont pas inclus au projet. La pêche sera donc permise sans permis pour ces espèces et dans les mêmes lieux que présentement (ainsi que pour le doré, le baret et autres) », indique le MPO dans son document de consultation.